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Les eurodéputés souhaitent que l’UE joue un rôle clé dans le débat climatique

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Publié 17 novembre 2011, mis à jour 14 décembre 2012

Hier (16 novembre), le Parlement européen a exhorté l’UE à jouer un rôle de premier plan lors de la conférence de Durban sur le changement climatique et à plaider pour l’extension du protocole de Kyoto à moins qu'un nouvel accord contraignant ne soit trouvé.

Alors que les négociations internationales sur le changement climatique sont sur la corde raide, les eurodéputés ont envoyé un message clair aux négociateurs du sommet et réitéré l'engagement de l'UE de réduire ses émissions de 20 % d'ici 2020.

« Nous devons combler les lacunes et redéfinir les engagements pris à Copenhague et à Cancún », a déclaré Jo Leinen, le président de la commission parlementaire pour l'environnement. « Actuellement, les engagements officiels ne représentent que la moitié des mesures nécessaires pour limiter la hausse des température à 2 °C. Ce seuil est la ligne à ne pas franchir si nous voulons garder le changement climatique sous contrôle. »

La résolution a mentionné plus particulièrement la nécessité de réduire les émissions de carbone au-delà de 20 %, au motif que cette réduction apporterait des avantages économiques en créant des « emplois verts » et une « croissance verte ».

Cette résolution a obtenu le soutien des cinq grands groupes politiques au Parlement et elle a été approuvée par un vote positif de 532 voix contre 76, avec 43 abstentions.

Les eurodéputés souhaitent que l'UE s'exprime d'une seule voix lors du sommet sud-africain, et qu'elle présente des propositions claires de mesures que les autres pays pourraient également appliquer. 

Dans le même temps, ils ont invité l'UE à clarifier son engagement envers le protocole de Kyoto et à confirmer sa capacité à passer à la seconde phase de mise en oeuvre des mesures. 

Ils ont particulièrement insisté sur l'écart colossal qui existe entre les engagements internationaux actuels et l'objectif, fixé par l'ONU, d'une réduction moyenne du réchauffement climatique de 2 °C.

Réactions : 

« Le Parlement a envoyé un message clair aujourd'hui : l'EU doit arrêter de tergiverser et enfin s'engager pour prolonger le protocole de Kyoto après 2012. Les négociations de l'ONU sur le climat étant restées dans l'impasse, un engagement clair de l'UE quant à l'avenir du protocole donnerait un nouvel élan à ces négociations et mettrait en exergue la nécessité d'un accord contraignant global sur le climat international », a affirmé l'eurodéputé Bas Eickhout, le représentant des Verts de la délégation du Parlement européen qui participera au sommet de Durban.

L'eurodéputé danois Dan Jørgensen, porte-parole du parti S&D sur le changement climatique, a déclaré : « Nous proposons de nombreuses options pour le financement de ces projets. La crise financière n'est pas une excuse pour abandonner nos partenaires en développement. « Les pays industrialisés ont l'obligation morale de porter assistance aux pays moins développés en matière d'atténuation et d'adaptation aux effets négatifs du climat, dont nous sommes responsables. »

« Nous devons stimuler la diplomatie climatique pour atteindre le consensus nécessaire afin de combler le fossé entre la date d'expiration du protocole de Kyoto I fin 2012 et la signature du nouveau protocole. Nous devrions concentrer toute notre énergie à ce projet pour essayer d'obtenir le soutien des pays émergents et des États-Unis pour avancer sur la voie d'un accord global contraignant d'ici 2015 », a affirmé Jo Leinen, le président de la commission parlementaire pour l'environnement.

« Pendant que nous parlons, les glaciers sont en train de fondre. Nous devons immédiatement trouver des mesures pour combler l'écart colossal qui existe entre notre « budget » pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2020 et la réalité de la situation en matière d'émissions », a-t-il conclu.

Prochaines étapes : 
  • 28 nov. - 9 déc. 2011 : conférence de l'ONU sur le climat à Durban en Afrique du Sud.
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Contexte : 

Le protocole de Kyoto de 1997, entré en vigueur en 2005, engage ses 183 signataires à réduire leurs émissions collectives de gaz à effet de serre de 5,2 % d'ici 2012 par rapport aux niveaux de 1990.

Pour ce faire, il a entraîné la mise sur pied d'un marché du carbone, le mécanisme pour un développement propre (MDP), grâce auquel des crédits d'émissions peuvent être alloués et échangés. Dans le cadre du protocole de Kyoto, l'UE dans son ensemble devait réduire de 8 % ses émissions de gaz à effet de serre, et l'Union a été la première à mettre en place un système d'échange de quotas d'émission.

Les pays en développement soutiennent tous le protocole de Kyoto, car il impose des objectifs contraignants en termes de réduction d'émissions et ne s'applique qu'aux nations industrialisées. Ces pays, selon les économies émergentes, sont responsables de la plus grande partie des rejets de CO2 dans l'atmosphère.

Toutefois, des pays comme les États-Unis, qui se sont désengagés du protocole de Kyoto sous l'administration du président George W. Bush, ne sont pas du même avis. Ils citent des études qui laissent entendre que les pays en développement sont aujourd'hui responsables de la majorité des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et arguent que ce ratio ne devrait faire qu'augmenter.

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