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L'UE confrontée à un manque de politiques sur l'énergie renouvelable après 2030

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Publié 22 mai 2012, mis à jour 07 novembre 2012

L'UE sera confrontée à l'absence de politiques énergétiques lorsque les objectifs en matière d'énergie renouvelable, de réduction des émissions et d'économies d'énergie expireront en 2020.

Dans l'optique d'ouvrir un débat politique sur la suite du programme, la Commission prépare actuellement une communication sur l’énergie renouvelable qui devrait être publiée le mois prochain.

Une première version, sujette à modification, prévoit que si aucun objectif n'est fixé avant 2030, les scénarios actuels limiteront la croissance des énergies renouvelables à 25 % du bouquet énergétique européen d'ici 2030 et à 29 % à l'horizon 2050.

La croissance annuelle de ce secteur passerait alors de 6 % ces dix dernières années à tout juste 1 %  entre 2020 et 2050, ce qui freinerait la création d'emplois et augmenterait la dépendance des pays vis-à-vis des importations.

Entre 2007 et 2010, alors que le taux de chômage explosait, le secteur éolien a à lui seul créé plus de 50 emplois par jour.

Dans sa communication, l'exécutif européen envisage d'autres options allant jusqu'à la mise à jour complète des objectifs actuels soutenus par des programmes de financement.

La Commission estime à 100 milliards d'euros la somme nécessaire pour moderniser les lignes de transmission électriques.

Le budget pluriannuel de l'UE pour 2014-2020 devrait allouer environ 9 milliards d'euros à des projets d'infrastructures énergétiques qui concerneraient plusieurs États membres.

Les acteurs du secteur des énergies renouvelables souhaiteraient que ces fonds soient consacrés à des projets relatifs à l'électricité.

Un nouveau régime politique

Le commissaire à l'énergie, Günther Oettinger, a fait part de sa volonté d'établir un nouveau régime politique avant la fin du mandat de la Commission actuelle en 2014.

L'un des objectifs globaux consisterait à développer les énergies renouvelables « de manière durable, rentable et au sein d'un marché intégré ».

Le secteur des énergies renouvelables s'est rapidement développé, mais l'incertitude des investisseurs est exacerbée par l'absence d'objectifs après 2020, les prix faibles du carbone et le retrait soudain des subventions accordées à certains secteurs comme l'énergie solaire.

La directive relative aux énergies renouvelables adoptée en 2009 oblige la Commission à présenter en 2018 une feuille de route sur l'énergie renouvelable, rappelle la communication. La Commission note toutefois « l'idée répandue parmi les parties prenantes que la planification pour l'après 2020 doit être abordée dès aujourd'hui ».

Pour l'instant, la seule mesure solide pour cette période reste le plafond du système d'échange de quotas d'émission (ETS), qui devrait diminuer de 1,74 % par an.

La parité réseau

Alors que l'Europe a presque atteint la parité réseau, le moment où les énergies renouvelables deviendront concurrentielles, la pression pour la réduction des subventions ne devrait faire qu'augmenter.

« La Commission préconise une évolution aussi rapide que possible vers des programmes exposant les producteurs aux fluctuations du marché et encourageant la réduction des coûts pour éviter toute surcompensation », peut-on lire dans la communication.

Quant aux technologies les plus récentes, cependant, l'exécutif européen prévoit la nécessité de « programmes de soutien rentables et ciblés après 2020 ».

La Commission estime également que le retrait soudain des subventions dans certains pays a eu un effet « perturbant ».

Christian Kjaer, le directeur exécutif de l’Association européenne de l'énergie éolienne (EWEA), a déclaré : « Des fonds européens doivent être réunis, par exemple via la Banque européenne d'investissement ou les fonds structurels, pour investir dans des technologies qui peuvent avoir un impact immédiat et significatif sur l'emploi, tout en allégeant la facture de l'importation de carburant en Europe. »

« L'énergie éolienne terrestre offre la meilleure croissance à court terme, suivie de l'énergie éolienne en mer et des investissements dans les infrastructures électriques », a-t-il précisé.

Des programmes de soutien pour l'énergie renouvelable

Afin de s'assurer que des mesures exemplaires soient prises, la Commission projette de publier des lignes directrices sur la création, la conception, la structure et la réforme des programmes de soutien aux énergies renouvelables en 2013.

L'UE compte sur les énergies renouvelables pour garantir l'approvisionnement, limiter sa dépendance à l'importation et réduire les émissions de carbone.

Plus de la moitié de l'énergie consommée dans l'UE provient de pays tiers, tout comme 80 % de son pétrole et 60 % de son gaz. L'Union est donc le plus grand importateur d'énergie au monde.

L'année dernière, les importations de pétrole ont coûté 315 milliards d'euros, selon les chiffres de la Commission. L' EWEA estime quant à elle le coût total des importations d'énergies en Europe à 700 milliards d'euros.

Pour maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2 °C, le Conseil des ministres européens et le Parlement ont fixé l'objectif non contraignant de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95 % d'ici 2050 par rapport aux niveaux de 1990.

Prochaines étapes : 
  • Juin 2012 : la Commission européenne devrait publier sa communication sur les énergies renouvelables.
  • 2014 : la Commission européenne espère atteindre un consensus politique avant la fin de son mandat.
  • 2020 : date butoir des objectifs européens visant à réduire les émissions de CO2 à hauteur de 20 %, augmenter de 20 % la part des énergies renouvelables dans les bouquets énergétiques nationaux par rapport aux niveaux de 1990 et augmenter l'efficacité énergétique de 20 % par rapport aux niveaux de 2005. Ce dernier objectif n'est pas contraignant.
EurActiv avec Reuters – Article traduit de l'anglais
Contexte : 

L’UE s’est dotée de l’objectif contraignant pour 2020 de réduire ses émissions de 20 % et d’augmenter d’autant la part d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique, tous deux mesurés par rapport aux niveaux de 1990.

L’objectif d’une augmentation de 20 % en termes d’efficacité énergétique a également été défini, mais il n’est pas juridiquement contraignant. La feuille de route pour une économie à faible intensité de carbone, élaborée en mars 2011, affirmait que si ces objectifs étaient atteints, le taux de réduction d'émissions monterait automatiquement à 25 %, soit  5 % au-dessus de l'objectif fixé.

En octobre 2009, les dirigeants européens ont approuvé un objectif à long terme de réduction des émissions collectives émises par les pays développés de 80 à 95 % d'ici 2050, par rapport aux niveaux de 1990. Cette action est conforme aux recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, l’organe scientifique des Nations Unies, au sujet de la prévention des changements climatiques de la Terre.

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