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L'UE envisage des objectifs pour toute l'industrie comme un "plan B" pour le climat

Publié 04 mars 2010 - Mis à jour 05 mars 2010
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Les accords internationaux dans des domaines tels que le ciment ou l'acier pourraient apporter une solution si le processus de négociation des Nations unies échoue à aboutir à un traité contraignant sur le climat, a dit Jo Leinen, président de l'influente commission de l'environnement du Parlement européen.

Prenant la parole hier à Bruxelles (3 mars), M. Leinen a admis que l'Europe pourrait avoir besoin d'un Plan B en ce qui concerne les discussions internationales sur le changement climatique au regard des difficultés à atteindre un accord dans le cadre du processus des Nations Unies, qui requiert l'unanimité.

Il a mis en avant la panoplie de positions différentes sur l'Accord de Copenhague adopté en décembre, qui a été présenté comme un pas en avant par les Etats-Unis, la Chine et l'Inde mais qui pour l'Europe est une déception.

M. Leinen a souligné l'existence d'une approche alternative : conclure des accords sectoriels où seuls les pays actifs dans un domaine donné, qui s'implique en termes de réchauffement global, conviendraient de mesures de réduction des émissions.

Pourquoi ne pas avoir un accord entre les pays constructeurs de véhicules sur les voitures à émissions nulles? a-t-il dit. Ou nous pourrions avoir un accord convenant de l'arrêt de la dégradation des forêts d'ici 2020.

On pourrait également chercher un accord sur une production électrique décarbonisée, a affirmé l'eurodéputé. Il a cependant admis que cela serait plus difficile au regard du nombre important de pays impliqués.

Il a déclaré que l'UE favorisait toujours un accord dans le cadre onusien, puisque c'est le seul type d'accord qui puisse déboucher sur une convention contraignante. Il a toutefois ajouté que si le processus de l'ONU ne fonctionnait pas, alors les accords plurilatéraux seraient une autre option.

Les accords plurilatéraux signifient en langage OMC que les Etats membres peuvent convenir de nouvelles règles sur une base volontaire sans que cela n'implique une adhésion pleine et entière.

M. Leinen a souligné que d'une certaine manière l'Accord de Copenhague représentait déjà un accord de ce type. Mais il serait plus intelligent d'adopter une approche sectorielle qui leur permettrait de parvenir à des résultats plus rapidement puisqu'ils pourraient être élaborés par un nombre plus restreint de pays, a-t-il ajouté.

Toutefois, les eurodéputés ne sont pas prêts de renoncer à un accord climatique mondial. Il a critiqué la nouvelle commissaire à l'Action climatique Connie Hedegaard pour ses déclarations publiques selon lesquelles la conférence climatique de Cancun qui doit se tenir à la fin de l'année ne déboucherait pas sur un accord contraignant.

M. Leinen a expliqué que la position européenne passait d'un extrême à l'autre après ses attentes bien trop ambitieuses à l'occasion des négociations climatiques de Copenhague en décembre dernier.

L'eurodéputé a mis en avant le fait que l'UE allait maintenant devoir travailler sur la mise en œuvre du paquet de financement pour l'adaptation climatique de 30 milliards de dollars dans les pays les moins développés et les petits Etats insulaires que l'Accord de Copenhague s'engage à apporter de 2010 à 2013.

D'autre part, la commission développement du Parlement a appelé à des taxes sur les transactions financières internationales pour générer des ressources pour le financement climatique.

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