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L'UE mise en garde contre des retards dans l'action climatique

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Publié 20 mars 2012, mis à jour 14 décembre 2012

L’UE ne peut pas utiliser le prétexte du ralentissement économique pour justifier son retard dans la lutte contre le changement climatique, a prévenu la conseillère scientifique principale de la Commission européenne.

Au début de cette année, la biologiste moléculaire Anne Glover s'est vu attribuer le nouveau rôle de rapporteur auprès du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, après avoir travaillé comme conseillère scientifique en chef du gouvernement écossais décentralisé.

Malgré les coupes budgétaires de l'UE et les avertissements de l'industrie quant aux coûts des politiques climatiques, Mme Glover a affirmé que l'Europe ne pouvait pas se permettre de repousser son action climatique.

« Il est très décevant de voir que de nombreux Etats membres ont réduit leurs efforts de réduction des émissions, car ils sont en récession », a-t-elle expliqué.

« Ne vous méprenez pas. Si le changement climatique provoqué par l’Homme se poursuit au même rythme, nous allons affronter une période absolument horrible de conflits et de migrations, jusqu'à ce que la population mondiale commence à diminuer très rapidement. »

Alors que les dirigeants européens commencent à orienter leur réflexion vers la croissance et non plus seulement sur la réduction des dépenses, les contraintes liées aux ressources naturelles empêcheront les gouvernements de mener les mêmes politiques de relance que par le passé.

Ressources en baisse

« La façon la plus simple d'envisager des créations d'emplois, c'est de produire plus et d'inciter les gens à acheter plus. Mais j'attire l'attention sur le fait qu'on ne peut pas agir ainsi, car les ressources commencent à manquer », a affirmé Mme Glover.

Elle a mentionné des estimations scientifiques et de militants pour l'environnement selon lesquelles, si les modes de consommation de l'UE étaient adoptés à l'échelle mondiale, il faudrait l'équivalent de trois planètes pour pallier l'épuisement actuel des ressources.

« Nous devons réfléchir à d'autres manières d'utiliser la science, les techniques et la technologie pour pouvoir vivre sur la planète », a-t-elle déclaré. « Je pense qu'il s'agit du plus grand défi de l'humanité. »

La nomination de Mme Glover, considérée comme un pas en avant, fait suite à la promesse de M. Barroso en 2009 d'améliorer la manière dont l'UE collecte et utilise les expertises scientifiques.

« Actuellement, la plupart des conseillers du président Barroso sont des économistes et ça se comprend. Il a un scientifique aussi à présent, il l'a décidé lui-même et je pense que c'est une décision très judicieuse. »

Pressions de l'industrie

Plusieurs secteurs de l'industrie en Europe exercent actuellement des pressions contre la politique européenne relative aux émissions et aux autres mesures visant à combattre le changement climatique, qu'il s'agisse des compagnies aériennes, des entreprises de transport, des sociétés énergétiques ou encore des producteurs d'aluminium.

« Les industriels cherchent généralement à gagner du temps, c'est pourquoi ils tergiversent et on peut le comprendre du point de vue commercial », a expliqué Mme Glover. « Mais ils se privent aussi de l'opportunité d'être les premiers à tirer profit de la situation en songeant uniquement à ce qu'ils cherchent à préserver. »

Elle a donné l'exemple de l'industrie automobile européenne avec laquelle des négociations difficiles sont attendues cette année sur la définition des objectifs pour 2020 en termes d'émissions des véhicules de particuliers.

« A propos de l'industrie automobile, si vous demandez aux gens : « Pensez-vous que vous aurez en 2020 ou 2030 une voiture roulant au diesel ou à l'essence? », l'écrasante majorité répondra « non ». Tous les citoyens européens pensent que leurs voitures rouleront avec une sorte de biocarburant qui ne polluera pas l'environnement. »

Cela devrait tirer la sonnette d'alarme pour l'industrie automobile, qui devrait se dire : « Nos consommateurs veulent quelque chose d'assez différent d'ici 10 ou 15 ans, comment allons-nous y répondre ? » La Commission devrait à présent réfléchir à la manière de stimuler une réflexion innovante dans ces domaines. »

EurActiv.com avec Reuters - traduit de l'anglais par Amandine Gillet

COMMENTS

  • Tant mieux si il n'y a que des financier qui conseillent Baroso....les khmers verts n'ont pas à entrer dans un débat laïque. Avoir transformé l'écologie en église de gaïa avec son mythe du réchauffement et ses fous de dieux, les eco warriors, nous ordonner de passer à la caisse rappelle étrangement les pratiques d'Alexandre VI "Borgia" sur le trafic des indulgences. Nous sommes dans un cadre religieux et non plus politique, de mémoire il me semble que nos républiques laïques ont réussi à se débarrasser de ce fardeau au XIX ème, ce n'est pas pour nous remmettre ça sur le dos pour le XXI ème. Chassont l'église ecolo du temple laïque de la démocracie et de force si nécessaire. , elle n'a rien à y faire.

    By :
    jopjobargeot
    - Posted on :
    21/03/2012
  • Il faut virer les escrolos, environnementeurs et bionimenteurs de tous les postes de responsabilité administrative et politique.

    By :
    Laurent Berthod
    - Posted on :
    27/03/2012
Contexte : 

De nombreux pays concentrent leurs efforts sur la réduction des émissions de dioxyde de carbone. Les scientifiques ont toutefois averti la population que le méthane, un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant, s'échappait déjà des fonds marins de l'Arctique et faisait fondre le permafrost en Sibérie et en Alaska, ce qui pourrait mener à une accélération du changement climatique.

Les chercheurs commencent également à se pencher sur le potentiel de réchauffement climatique du noir de carbone, un composant de la suie, qui absorbe les radiations et fait fondre les glaciers lorsque les cendres se déposent sur la neige et la glace.

L'Asie serait le continent qui émettrait le plus de noir de carbone en raison de la consommation de bois, de fumier et de charbon pour la cuisine et le chauffage, de la consommation de carburants fossiles dans l'industrie et de l'utilisation croissante de diesel pour les voitures. Les émissions de noir de carbone ont en revanche baissé dans les pays développés.

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