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L'UE ne devrait pas reculer sur Kyoto, selon le négociateur climatique de la Chine

Publié 23 mars 2010
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Encourageant l'Europe à maintenir son leadership dans les discussions climatiques en cours, le négociateur climatique en chef de Chine a dit que l'UE ne devrait pas reculer mais plutôt mettre la pression sur les autres pays développés qui n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto pour qu'ils réduisent leurs émissions de façon comparable.

S'adressant à des journalistes hier (22 mars) à Bruxelles, Su Wei, directeur général du département du changement climatique de la Commission chinoise de développement et de réforme, a indiqué que les pays devraient continuer les négociations avec une approche à deux voies incarné par le protocole de Kyoto et la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

M. Wei était à Bruxelles pour une rencontre avec Connie Hedegaard, la commissaire de l'UE à l'Action climatique. Durant leur échange d'opinion candide et très franc, il a clairement expliqué l'intention de la Chine de former un partenariat constructif avec l'UE en amont de la conférence climatique conduite par l'ONU qui aura lieu à Cancun en décembre.

La Chine a souligné la nécessité de mettre en œuvre l'Accord de Copenhague avec un consensus politique entre toutes les parties pour maintenir l'élan politique sur la lutte contre le changement climatique qui a attiré l'attention de millions de personnes.

L'UE souhaite conserver un rôle dominant et elle devrait le faire, a dit M. Wei. Toutefois, elle devrait agir ainsi dans le respect de la feuille de route de Bali, a-t-il ajouté, mettant en avant que la Chine a toujours favorisé un processus de négociation à deux voies où les pays riches maintiennent leurs engagements juridiquement contraignants de réduction d'émissions en vertu du protocole de Kyoto, et les autres pays effectuent des efforts comparables en empruntant la voie de la CCNUCC.

M. Wei a confié qu'il espérait que l'UE se tiendrait à ses engagements et augmenterait même ses objectifs à 30 % de réduction d'émissions d'ici 2020. Elle devrait aller jusqu'à 30 %, mais pas avant que les Etats-Unis fassent part de leur objectif, a-t-il expliqué.

Le négociateur climatique chinois a indiqué qu'à moins que les Etats-Unis en viennent à un objectif de réduction d'émission juridiquement contraignant, le résultat de la conférence climatique de Cancun sera difficile à prédire. Nous ne sommes pas pessimistes, maintenant que les Etats-Unis ont passé leur réforme sur la santé.

En juin dernier, la chambre des représentants américaine a passé de justesse une loi sur l'échange des droits d'émissions qui exigerait des réductions d'émissions de gaz à effet de serre pour les industries et autoriserait le commerce des permis de polluer, modelé sur le système d'échange d'émissions de l'UE. Toutefois, la loi sur le réchauffement climatique est bloquée au Sénat, où certains parlementaires ont essayé de trouver un compromis.

M. Wei est convaincu que si l'UE essaie de combler le fossé entre pays développés et pays en développement, qui a déclenché l'échec des discussions à plusieurs reprises l'an dernier, la confiance et la solidarité en résultant pourraient conduire à un accord international.

L'UE, unie avec les pays en développement, pourrait conjointement inciter les Etats-Unis à réaliser des efforts plus vigoureux, a-t-il souligné, décrivant une telle approche comme une tactique diplomatique pour gagner la lutte contre le changement climatique.

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