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L’opposition de l’Europe au gaz de schiste pourrait profiter aux énergies renouvelables

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Publié 24 août 2012

L’Europe n’a pas suivi l’exemple américain de la révolution du gaz de schiste, ce qui pourrait bien profiter à l’UE et à ses efforts de longue haleine pour promouvoir les énergies renouvelables et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les États-Unis ont réussi à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à faire baisser les prix de l'énergie grâce au gaz de schiste bon marché qui a détrôné le charbon, une situation qui a éveillé l'intérêt, entre autres, de l'industrie européenne.

L'argument est le suivant : le gaz naturel, qui émet moins de dioxyde de carbone que le charbon, peut être l'ami et non l'ennemi des défenseurs de l'environnement. Les investisseurs affirment pourtant que la révolution du gaz de schiste ne peut être répétée en Europe.

« Je ne dis pas qu'il faut tirer un trait sur l'exploitation du gaz de schiste en Europe, mais que son développement, tant en matière d'échelle que de rapidité, ne sera pas aussi spectaculaire qu'aux États-Unis », a déclaré Chris Rowland, un associé d'Ecofin, un gestionnaire de placements britannique avec un portefeuille d'environ 1,5 milliard d'euros dans les domaines de l'énergie mondiale, des entreprises publiques, des infrastructures et des énergies non conventionnelles.

« C'est un bon moyen de réduire les émissions, mais pas de progresser vers la décarbonisation », a-t-il ajouté.

Une série de feuilles de route de la Commission européenne prévoient une production énergétique neutre en carbone d'ici 2050.

À moins que la technique du captage et stockage du dioxyde de carbone ne soit développée à l'échelle commerciale, cela signifie que le gaz en tant que carburant a un avenir limité et ne devrait pas bénéficier d'investissements importants, affirment les militants écologistes.

Ils sont particulièrement réticents au gaz de schiste, dont les retombées sur l'environnement sont remises en cause en Europe.

« Le gaz naturel devrait être un carburant de transition. Toutefois, nous n'avons pas besoin d'une grande quantité de gaz et certainement pas bon marché, dans la mesure où cela mettrait hors jeu non seulement le charbon, mais aussi les énergies renouvelables », a déclaré le directeur des énergies renouvelables de Greenpeace, Sven Teske.

À moyen terme, la valeur du gaz conventionnel réside dans sa capacité à fournir une quantité fiable d'électricité de base en complément des énergies renouvelables imprévisibles qui dépendent du soleil ou du vent.

L'entreprise publique danoise DONG Energy, qui reposait principalement sur le charbon pour son électricité, estime qu'il faudrait combiner le gaz et les énergies renouvelables.

« Nous pensons que le gaz et l'énergie éolienne forment la combinaison idéale, le juste équilibre entre énergie propre et stable. L'énergie éolienne est une source d'énergie propre, et le gaz est complémentaire », a expliqué Carsten Krogsgaard Thomsen, le PDG par intérim de DONG Energy.

Des sols et des politiques différentes

En Europe, le gaz conventionnel a de grandes de chance de rester sur le devant de la scène, dans la mesure où les obstacles au gaz de schiste demeurent importants.

La densité de population supérieure et les règles sur la propriété des terres et des ressources expliquent en partie pourquoi le développement de l'exploration du gaz de schiste est bien plus lent en Europe qu'aux États-Unis.

Des études sur l'impact environnemental sont en cours dans plusieurs pays pour analyser la fracturation, le processus d'extraction du gaz des formations rocheuses présentes à des milliers de mètres sous la surface de la Terre. Cette technique consiste à y injecter des produits chimiques et de l'eau à haute pression.

Le secteur doit radicalement modifier son approche vis-à-vis de la fracturation s'il veut avoir un avenir en Europe, a souligné Andrew Gould, le président de l'entreprise britannique de pétrole et de gaz BG Group.

Les pays membres de l'Union européenne n'en sont qu'à leurs balbutiements en matière de gaz de schiste, avec une vingtaine de forages expérimentaux contre environ 35 000 sites aux États-Unis.

La Pologne, le plus fervent partisan de ce nouveau gaz en Europe, a révélé en mars dernier que ses réserves de gaz de schiste ne représenteraient sans doute qu'un dixième de ce qui était prévu.

Bonne nouvelle pour les énergies renouvelables

Les chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) affirment qu'il s'agit d'une bonne nouvelle pour les énergies renouvelables. « Quand le schiste est retiré du marché, les énergies renouvelables gagnent du terrain », ont-ils écrit dans un rapport publié en début d'année.

Les investissements dans l'énergie renouvelable ont augmenté de 5 % pour atteindre un record de 208 milliards d'euros en 2011, mais cette croissance résulte surtout des subventions des gouvernements.

Si ces subventions sont supprimées, l'Europe risque de voir le charbon peu coûteux dominer le marché, et non le gaz. Cette situation ne peut qu'entraîner une augmentation des émissions de carbone.

La plupart des services publics en Europe ne peuvent pas tirer de bénéfices de leur électricité si elle est produite à partir du gaz au prix actuel, car contrairement au gaz américain bon marché, ce gaz coûte trop cher, alors que le charbon et les permis d'émission restent relativement abordables.

« Pour l'instant, il est moins intéressant d'investir dans le gaz et les énergies renouvelables que dans le charbon », a commenté M. Krogsgaard Thomsen de DONG Energy.

EurActiv avec Reuters – Article traduit de l'anglais

COMMENTS

  • Le bilan des gaz de schiste est déplorable et au pire son exploitation « ponctuelle à certains endroits où les risques sont moindres  et maîtrisables» pourrait à terme avoir un intérêt pour des applications à haute valeur ajoutée et « recyclabes » et non sous forme « combustible ». D’autant que cette dernière retarderait encore l’essor et les innovations des énergies renouvelables.

    Bilan des gaz des schiste : pollution de l’air (complexes BTEX etc), risques de pollutions des eaux à court comme à LT (produits utilisés + diffusion de contaminants types métaux lourds, mercure, arsenic etc), bilan énergétique faible : entre 1 et 2 unités d’énergie obtenue pour 1 unité d’énergie nécessaire, nécessités d’infrastructures dont stockage, multiples forages au km2, noria de camions (800 mouvements en moyenne par forage), nuisances d’exploitations et visuelles, brevets et technologie américaine donc retombées locales atténuées, multiples sociétés d’exploitation dont la responsabilité à long terme sera nulle en cas de dégâts à l’environnement etc.

    Selon la couche de schiste, un puits peut donner accès à des quantités de gaz très variables pour être sûr de rentabiliser un champ il faut donc une forte densité de forages, des milliers de déplacements de camions, auxquels s’ajoutent la pollution du raffinage.

    Suivant les endroits où les produits très toxiques utilisés pénètrent (quelle que soit la méthode utilisée, y compris celle de Gasfrac), par exemple une nappe phréatique, leur vitesse de propagation peut aller de 1 à 1000. Dans certains cas, ils peuvent ainsi parcourir des centaines de mètres par jour dans les sous-sols.

    Sur 278 produits utilisés étudiés, 93% affectent la santé et 43% sont également des perturbateurs endocriniens durables (impacts sur la différenciation sexuelle, la stérilité, régulation hormonale, facteurs de diabète, cancers etc).

    L’exploitation de gaz de schistes peut entraîner la remontée de contaminants des sols, à court, moyen ou long terme (large diffusion de métaux lourds, arsenic, mercure, matériaux radioactifs etc) (Pr Theo Colborn Université de Floride)

    http://www.tiogagaslease.org/images/BVW_02_20_09.pdf

    de même que la pollution de l’air (complexes BTEX « benzène, toluène, éthylbenzène, xylène » + oxydes nitreux, méthane, métaux lourds etc.).

    Une étude publiée par le professeur Robert W. Howarth de l’Université Cornell en 2010 et confirmée par l’Université de Stanford constate qu’une fois calculé l’impact des émissions fugitives de méthane dans le cycle de vie, les émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par les gaz de schiste sont plus élevées que celles du charbon et du mazout.

    http://www.enerzine.com/12/11812+le-gaz-de-schiste-contribue-au-rechauffement-climatique+.html

    By :
    Energie+
    - Posted on :
    24/08/2012
  • l'algerie dispose de grande reserves de gaz de shiste

    By :
    boukail2007@ahoo.fr
    - Posted on :
    29/09/2012
Forage expérimental pour le gaz de schiste.US Office of Fossil Energy image.
Contexte : 

Le gaz de schiste est un carburant fossile non conventionnel qui se retrouve dans des fissures naturelles et des fractures du sol. Jusqu'à il y a peu, aucune méthode sûre pour l'acheminer vers la surface n'existait.

Toutefois, en injectant de l'eau, du sable et des produits chimiques dans des formations rocheuses sous haute pression grâce à une technique connue sous le nom de fracturation hydraulique, les entreprises énergétiques pensent avoir trouvé une partie de la réponse aux problèmes de sécurité énergétique de l'Europe.

Cette méthode reste très controversée en raison de ses risques potentiels pour l'environnement, comme la pollution des nappes phréatiques et des émissions de gaz à effet de serre plus importantes que pour le gaz traditionnel.

Les partisans de cette technique affirment que le gaz de schiste représente une alternative aux carburants fossiles traditionnels. Pour le moment, le vieux continent dépend de la Russie pour le gaz et les conflits entre Moscou et Kiev ont entraîné plusieurs interruptions de l'approvisionnement au cours des dernières années.

Aux États-Unis, le gaz de schiste représente 16 % de la production de gaz naturel et selon certains experts cette part pourrait grimper à 50 % d'ici 20 ans.

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