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Pesticides : le Parlement strict sur les substances, moins sur l’utilisation [FR]

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Publié 24 octobre 2007, mis à jour 28 mai 2012
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Le Parlement a voté l'extension du nombre de substances interdites dans la fabrication des pesticides dans l'UE. Cependant, les restrictions strictes sur l’utilisation des pesticides, proposées par les eurodéputés Verts, n’ont été que partiellement approuvées.

  • Désintoxification

Lors d’un vote en première lecture le 23 octobre, la Parlement a ajouté des substances potentiellement immunotoxiques et neurotoxiques à la liste proposée par la Commission regroupant les substances interdites dans la production de pesticides. La liste actuelle de la Commission comprend des substances carcinogéniques, génotoxiques ainsi que des perturbateurs d’endoctrine et toutes les substances nuisibles à la santé génésique.

Dans le cadre des projets de la Commission, l’UE établira une liste de « substances actives » pouvant être utilisées dans la production de pesticides. Les Etats membres devraient alors approuver les pesticides produits au niveau national en utilisant les substances autorisées.

Selon la Commission, environ 5 à 6 % des pesticides actuellement utilisés dans l’UE seraient interdits si le vote en première lecture du Parlement est approuvé par les Etats membres et devient une loi.

Mais une proposition encore plus ambitieuse de la commission ENVI, visant à réduire l’utilisation des pesticides de 50 % sur dix ans, a été rejetée par le Parlement qui souhaite laisser la décision aux Etats membres, préférant imposer des objectifs de réduction uniquement dans certains cas impliquant l’utilisation de substances hautement dangereuses. Le Parlement souhaite que l’utilisation de ces substances, connues comme des substances actives très dangereuses, soit abandonnée d’ici 2013.

  • Régime d’approbation

L’approche de la Commission basée sur les zones géographiques (EurActiv22/10/07) a été rejetée par le Parlement, qui préfère que les Etats membres maintiennent un contrôle national sur l’approbation des produits.

Le Parlement a également voté pour des périodes d’approbation plus courtes que la Commission, qui propose une période d’approbation de dix ans pour la plupart des nouvelles substances, les substances à faibles risques étant autorisées pour 15 ans. Les substances pouvant être « facilement remplacées » par des substances moins toxiques ne seraient autorisées que pour sept ans, selon la proposition de la Commission.

Mais, précédemment, le Parlement a approuvé les appels des eurodéputés de la commission ENVI qui privilégient des périodes d’approbation de cinq ans plutôt que sept pour les produits remplaçables. Le Parlement est également opposé aux projets de la Commission concernant un renouvellement pour une période indéterminée une fois qu’une substance a fait l’objet d’une période d’approbation initiale de dix ans. Il souhaite pour sa part que les autorisations de substances ne soient renouvelées qu’une fois et pour une période n’excédant pas dix ans.

  • Pulvérisation et utilisation

Les restrictions concernant la pulvérisation à l’intérieur et à proximité des espaces publics comme les écoles et les hôpitaux, ont été soutenues par la plupart des eurodéputés, tout comme l’interdiction de pulvérisation aérienne – mais en autorisant certaines dérogations, notamment dans les zones difficiles à atteindre comme les vignobles.

Néanmoins, le Parlement n’a pas soutenu une interdiction totale de l’utilisation des pesticides dans les espaces publics et a rejeté plusieurs des mesures les plus restrictives proposées par la commission ENVI, comme celle consistant à demander aux agriculteurs d’informer leur voisinage de leur intention de pulvériser des pesticides ou à imposer une zone tampon de non utilisation de dix mètres autours des zones aquatiques. Les Etats membres devraient pouvoir déterminer la portée de ces zones tampon eux-mêmes, en fonction d’une majorité d’eurodéputés.

Réactions : 

L'Association européenne pour la protection des cultures (ECPA) a fortement réagi à l’extension proposée par le Parlement concernant l’interdiction de certaines substances, déclarant que si le vote du Parlement devenait une loi européenne, cela infligerait de sérieux dégâts à l’alimentation et à l’agriculture en Europe.

L’ECPA explique que des règles plus sévères mettraient également en danger l’industrie agro-alimentaire. D’après un communiqué de presse de l’association, dans de nombreux cas, les agriculteurs n’auront quasiment plus de solutions pour empêcher la destruction des cultures importantes.

L’ECPA promet de continuer à travailler avec les agriculteurs et les maraîchers dans l’industrie agro-alimentaire, les co-législateurs et la Commission européenne afin de parvenir à un résultat qui convienne mieux aux électeurs européens. 

L’ESA, l’Association européenne des semences, considère que le Parlement a manqué une opportunité pour résoudre un dilemme évident : l’industrie des semences est coincée entre la législation européenne sur la commercialisation des semences, qui établit théoriquement un marché commun pour les semences, et l’ancienne directive sur les produits phytosanitaires qui ne prévoit pas en pratique de reconnaissance mutuelle applicable des autorisations.

L’eurodéputée Christa Klass, rapporteur pour le groupe PPE-DE, était satisfaite que le vote ait adapté la solution radicale proposée par la commission parlementaire Environnement. Mme Klass a également constaté favorablement qu’une réduction drastique de l’utilisation des produits phytosanitaires ne remportait pas le soutien de la majorité des députés.

Le groupe socialiste a réagi moins favorablement au résultat du vote, déclarant que les chrétiens démocrates avaient cédé à la pression de l’industrie en ne cherchant pas à obtenir davantage de restrictions dans l’utilisation des pesticides.

Les Verts ont applaudi le vote comme un jalon dans la protection des consommateurs et de l’environnement. Le groupe de la GUE/NGL (Gauche unitaire européenne / gauche verte nordique) tire un bilan mitigé du vote, déclarant dans un communiqué de presse que l’aile droite du Parlement avait capitulé devant le lobbying de l’industrie, mais ajoutant que le Parlement avait néanmoins approuvé des clauses très utiles dans la lutte pour réduire l’utilisation des pesticides et protéger les consommateurs et l’environnement. 

Un groupement d'ONG - le European Environmental Bureau (EEB), Pesticide Action Network (PAN) Europe, le International Chemicals Secretariat, et le Health & Environment Alliance (HEAL) - a exprimé son soulagement concernant l'extension dela liste de substances, mais a déclaré que le vote montrait que les eurodéputés sont confrontés à d'importantes pressions provenant de l'industrie.

Elliott Carnell de PAN Europe  a dénoncé le fait qu'une grande partie du Parlement européen soit totalement hors de portée des citoyens, dont la première préoccupation liée à l'alimentation est la présence importante de résidus de pesticides dans les fruits et les légumes. Les parlementaires européens n'ont pas fourni d'objectifs concrets pour réduire l'utilisation des pesticides et n'ont donné aucune garantie concernant la diminution des niveaux de contamination des aliments. L'organisation estime qu'il manque une date butoir pour appliquer la gestion intégrée des nuisibles.

Georgina Downs, de UK Pesticides Campaign en Europe, a précisé qu’avec la formulation actuelle de l’amendement sur la pulvérisation des pesticides dans les zones sensibles, les eurodéputés ont en fait voté en faveur de l’interdiction de l’utilisation des pesticides dans des champs à proximité des zones résidentielles, des écoles, des terrains de jeux et d’autres espaces publics. Elle a déclaré à la presse qu’il s’agit d’une étape très positive, puisqu’il n’existe actuellement rien pour protéger la population de l’exposition passive aux pesticides.

Prochaines étapes : 
  • 26 nov. 2007 : accord politique possible au Conseil Agriculture.
Contexte : 

Le paquet  sur les pesticides présenté par la Commission en juillet 2006 propose une réglementation pour réviser la directive de 1991 sur l’autorisation des produits phytosanitaires (pesticides) sur le marché ainsi qu’une directive couvrant l’utilisation quotidienne des pesticides.

Les eurodéputés de la commission Environnement (ENVI) ont voté en juin le renforcement des mesures proposées assorties d’une interdiction d’utiliser des pesticides aux alentours des espaces publics (EurActiv 27/06/07). 

En septembre, la commission a également appelé à des critères plus stricts pour déterminer quels types de substances peuvent être utilisées dans la production de pesticides (EurActiv 12/09/07). 

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