D'ici 2020, les émissions moyennes des véhicules neufs ne devront pas dépasser les 95 g de dioxyde de carbone par kilomètre parcouru, soit 40 g de moins que le niveau d'aujourd'hui et 35 g de moins qu'en 2015 si les nouvelles réglementations sont adoptées.
Connie Hedegaard, la commissaire européenne à l'action pour le climat, a déclaré que ces objectifs étaient « ambitieux, mais réalisables » et profiteraient aux consommateurs en entraînant des économies sur les carburants. Ils permettront également aux constructeurs automobiles européens de concurrencer les constructeurs étrangers.
« Nous proposons une réglementation juste et équilibrée », a-t-elle affirmé.
Ces propositions doivent encore être adoptées par les États membres et le Parlement européen avant d'entrer en vigueur. Ce processus pourrait s'avérer complexe, car les constructeurs automobiles continuent de faire pression sur les acteurs politiques quant à ces objectifs.
Selon les estimations de l'UE, le conducteur moyen au volant d'une voiture neuve en 2020 pourrait économiser environ 340 euros sur le prix du carburant la première année et entre 2 900 et 3 800 euros sur la durée de vie totale du véhicule (13 ans en moyenne), par rapport aux objectifs de 2015. Cela reviendrait à des économies totales d'environ 30 milliards d'euros par ans en carburant, ce qui pourrait augmenter le PIB de l'UE de 12 milliards d'euros par an, créer de nouveaux emplois et permettre à l'Union d'importer 160 millions de tonnes de pétrole en moins.
Dans les couloirs à Bruxelles, les constructeurs automobiles n'ont eu de cesse d'exercer des pressions contre ces propositions, estimant que des objectifs stricts entraîneraient des coûts élevés pour la recherche et le développement, ainsi qu'en termes d'adaptation des lignes de production.
Mme Hedegaard a rejeté ces propos et rappelé que les constructeurs avaient également haussé le ton contre les objectifs de 2015. Pourtant, les constructeurs sont déjà en passe d'atteindre les objectifs pour 2015, avec plusieurs années d'avance. « Souvenez-vous des conséquences terribles [qu'ils] avaient annoncées et allez voir ce qu'ils font aujourd'hui. C'est à ce moment-là que la courbe d'innovation a décollé », a-t-elle déclaré.
Les objectifs ont stimulé la croissance, selon la commissaire. « Tous les gens qui achètent des voitures constatent qu'elles consomment moins de carburant qu'il y a quelques années. Ce n'est pas le fruit du hasard, il a fallu fixer des objectifs », a-t-elle poursuivi.
La demande de la population pour des modèles plus économiques est très claire, a-t-elle précisé. « Les citoyens [européens] voudraient des voitures moins coûteuses. »
Les militants écologiques montrent également du doigt des propositions qu'ils estiment trop faibles. Greenpeace a souligné qu'au lieu de calculer les émissions moyennes du parc automobile en additionnant les émissions de chaque véhicule pour ensuite diviser le total par le nombre de voitures fabriquées, les constructeurs seraient autorisés à fabriquer de grosses voitures polluantes qui seraient compensées par un nombre plus restreint de véhicules plus efficaces. Selon le groupe de pression, cela pourrait encourager les constructeurs à continuer à vendre des voitures peu efficaces. Les économies de carbone seraient alors moins importantes que prévu.
Franziska Achterberg, directrice de la politique européenne des transports pour Greenpeace, a déclaré : « Les normes d'efficacité proposées portent les empreintes des lobbies de l'automobile. C'est une ouverture timide de la part de la Commission en amont de négociations qui s'annoncent difficiles avec le Parlement européen et les gouvernements de l'UE. Nous avons beaucoup à gagner avec des objectifs solides pour l'efficacité, aussi bien pour les conducteurs que pour le climat. »
Les émissions des camionnettes devront passer de 181,4 g en 2010 à 147 g en 2020, avec un objectif intermédiaire de 175 g à partir de 2017. Greenpeace considère ces objectifs comme inappropriés.
Greg Archer, responsable du programme pour des véhicules propres chez Transport & Environment, une organisation verte bruxelloise, a quant à lui déclaré : « Les normes d'économie de carburant sont bénéfiques pour l'emploi et l'économie européenne, les conducteurs et la planète. C'est une proposition solide, mais elle aurait pu être encore plus avantageuse si la Commission avait fait preuve de plus d'ambition. »
L'organisation estime qu'un objectif de 80g/km d'ici 2020 serait réalisable et permettrait aux conducteurs d'économiser environ 650 euros par an. Elle plaide également pour un objectif de 60g/km pour 2025.
Mme Hedegaard a indiqué que la Commission se penchait à présent sur des objectifs potentiels pour après 2020.




