Selon l'organisation qui a commandé ce rapport, l'effet cumulé est que « les avantages de la réduction de la pollution sonore sont trente fois plus importants que les coûts qu'elle occasionne ».
Les comités de l'environnement, du transport et du marché intérieur du Parlement européen examinent actuellement un projet de règlement européen présenté en décembre dernier et qui vise à abaisser les seuils relatifs aux niveaux d'émissions sonores des véhicules.
Dans son étude, la société de conseil TNO affirme cependant que ces mesures ne vont pas assez loin. Ce rapport a été commandé par le ministère de l'environnement néerlandais et le groupe de pression Transport and Environment (T&E).
« Pour tirer plus rapidement profit de la réduction de la pollution sonore, il convient d'établir un calendrier de mise en oeuvre », a expliqué à EurActiv Nina Penshaw, porte-parole de T&E.
« On pourrait demander à l'industrie de réduire les nuisances sonores à un niveau qui équivaudrait à diminuer de moitié le trafic routier actuel », a-t-elle déclaré.
Problèmes de santé
Les nuisances sonores dues au trafic routier représentent le problème de santé environnementale le plus répandu en Europe avec plus de 44 % de la population (210 millions de personnes) qui souffriraient régulièrement de nuisances dépassant 55 décibels.
A ce niveau, il faut élever la voix pour se faire entendre et les risques médicaux commencent à devenir sérieux, selon l'Organisation mondiale de la santé.
Le bruit du trafic peut faire grimper la pression sanguine, augmenter le taux d'hormones responsables du stress, déclencher des problèmes cardiovasculaires, de l'hypertension et des maladies mentales. Il peut également donner lieu à des problèmes d'insomnie, de performance au travail et d'agacement.
Une récente étude réalisée par CE Delft a révélé que 50 000 personnes mourraient prématurément et que 200 000 personnes souffraient de maladies cardiovasculaires chaque année dans l'UE en raison des nuisances sonores causées par le trafic.
Réduire les niveaux sonores permettrait d'économiser 89 milliards d'euros de dépenses de santé d'ici 2030, de réduire de 8 milliards d'euros les coûts liés à l'isolation et d'ajouter 229 milliards d'euros à la valeur des propriétés, peut-on encore lire dans le rapport de TNO.
Cette année, Bruxelles a proposé un nouveau texte de loi avec des étapes en 2014 et 2017 qui impliquerait une réduction des niveaux sonores de 4 décibels pour les nouvelles voitures et camionnettes et de 3 décibels pour les nouveaux camions et bus.
L'objectif serait de réduire d'un quart le nombre de personnes fortement dérangées par la pollution sonore. Ces nouvelles normes ne concerneraient toutefois pas les anciens modèles automobiles. En outre, dans la mesure où la vente de véhicules bruyants ne serait pas interdite avant 2019, les avantages de cette loi pourraient n'être ressentis qu'après 2030.
Un plan en cinq points
Une coalition rassemblant T&E, le Bureau européen de l'environnement et Environment Alliance a par conséquent décidé de soumettre la proposition présentée dans le rapport de TNO en demandant à la Commission européenne de mettre en place un plan en cinq points visant à :
- ramener les étapes proposées dans le nouveau texte de loi à 2013 et 2015 ;
- introduire une nouvelle étape en 2020 pour une réduction de 2 décibels supplémentaires ;
- empêcher les véhicules de fausser les tests sonores en utilisant des « pneus ultra-silencieux » ;
- exiger des fabricants automobiles qu'ils fournissent aux consommateurs des informations sur les nuisances sonores ;
- appliquer des limites plus strictes pour les pics sonores à 90 décibels.
Une porte-parole du commissaire à l'environnement, Janez Potočnik, a confié à EurActiv qu'elle ne s'attendait pas à une révision majeure de la proposition de loi.
« La Commission a lancé une révision de la directive sur le bruit et elle espère que cela sera terminé avant la fin du mandat actuel », a-t-elle expliqué
Les comités de l'environnement, du transport et du marché intérieur du Parlement européen devraient voter sur ce règlement cet été.




