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La stratégie européenne en matière d'environnement et de santé (SCALE) [FR]

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Publié 06 juillet 2004, mis à jour 04 juin 2012

Inquiète des effets de la pollution de l'environnement sur la santé, la Commission a adopté le 11 juin 2003 une communication mettant en place une stratégie européenne en matière d'environnement et de santé. Un an plus tard, elle présentait un plan d'action spécifiquement consacré aux groupes les plus vulnérables (en particulier les enfants). Les organisations de défense de l'environnement et les formations écologistes européennes ont fortement critiqué ce plan, selon elles trop peu ambitieux sur le plan législatif et trop axé sur la question de la recherche.   

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Résumé

Les progrès de certaines maladies semblent être liés à l'évolution de notre environnement. La pollution atmosphérique, le bruit, les produits chimiques, les champs électromagnétiques, etc., engendrent des problèmes de santé tels que les allergies, l'asthme, les maladies respiratoires et le cancer. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le  nombre de personnes touchées par l'asthme a augmenté de 200% entre les années 70 et 90. 

Les enfants, qui constituent l'un des groupes les plus vulnérables, sont de plus en plus affectés par les effets néfastes de diverses activités ayant un impact sur l'environnement. Des produits chimiques inoffensifs pour les adultes peuvent causer des dommages irrémédiables aux organismes des enfants (encore en formation). Pourtant, toute la législation environnementale repose sur des normes pour adultes. En outre, les données font sérieusement défaut concernant les effets sur les enfants de produits chimiques présents dans l'environnement. 

Enjeux

La stratégie en matière d'environnement et de santé a été conçue conjointement par trois Directions générales : Environnement (Wallström), Recherche (Busquin) et Santé (Byrne). La stratégie "SCALE" (pour " Science, Children, Awareness, Legal instrument, Evaluation ") repose sur 5 éléments principaux :

  • la science et les interactions complexes entre le corps et différents polluants ;
  • les enfants : la Commission va lancer des actions pilotes sur les polluants ayant des effets spécifiques sur les enfants tels que les dioxines, les métaux lourds et les perturbateurs endocriniens ;
  • favoriser une prise de conscience du problème de la part des parties prenantes et du grand public ;
  • la législation communautaire : elle complétera les lois nationales et sera révisée pour tenir compte de la situation particulière et des besoins des enfants ;
  • les mesures prises seront constamment évaluées.  

La stratégie européenne en matière d'environnement et de santé sera mise en œuvre en plusieurs phases et s'attaquera en premier lieu à quatre maladies prioritaires :

  • les maladies respiratoires enfantines, l'asthme et les allergies ; 
  • les désordres neuro-développementaux ; 
  • le cancer chez l'enfant ;
  • les effets de perturbation endocrinienne. 

Ces maladies sont liées à des facteurs environnementaux tels que la qualité de l'air en intérieur et en extérieur, les dioxines, les métaux lourds, les perturbateurs endocriniens, les champs électromagnétiques et l'environnement urbain.

Prolongement naturel de cette stratégie, le Plan d'action européen 2004-2010 en faveur de l'environnement et de la santé a été présenté par la Commission le 11 juin 2004. Le plan comprend 13 actions visant à améliorer la coordination entre les secteurs de l'environnement, de la santé et de la recherche. Les actions envisagées sont rangées dans trois catégories distinctes :

  • Surveillance : il s'agit de concevoir des indicateurs permettant d'étudier l'impact des facteurs environnementaux sur la santé et de retracer le parcours suivi par les polluants, de la source de pollution au corps humain. L'une des actions possibles consisterait à mettre à place une "bio-veille" afin de mesurer le niveau d'exposition de l'être humain aux polluants présents dans l'environnement - par exemple grâce à des prélèvements réguliers d'échantillons de sang, d'urine et de cheveux.
  • Recherche : axer les efforts de recherche sur quatre maladies prioritaires (asthme/allergies, troubles du développement neurologiques, perturbations du système endocrinien) afin d'améliorer le niveau de connaissances disponibles.
  • Communication :  améliorer le niveau d'information dont disposent les citoyens afin d'aider ceux-ci à effectuer des choix de santé basés sur des données solides. Il s'agit également d'améliorer la formation des professionnels de santé, pour faire en sorte que ceux-ci soient parfaitement au courant des interactions entre l'environnement et la santé.

Réactions

L'alliance européenne pour la santé publique a indiqué à EurActiv qu'elle accueillait favorablement la nouvelle stratégie : "C'est la première fois que la protection de la santé a été entièrement intégrée aux autres politiques dans le domaine de l'environnement et de la recherche. La stratégie contiendra des activités pilotes de surveillance visant à dépister les polluants environnementaux dans la chaîne alimentaire et dans les êtres humains. Des lacunes dans la connaissance scientifique seront identifiées et comblées. Le manque de preuves scientifiques ne sera plus une excuse à l'inaction dans le domaine de notre santé environnementale".

Le Conseil des industries chimiques européennes (CEFIC) soutient l'objectif de la Commission européenne de créer un programme de contrôle paneuropéen de la santé et de l'environnement qui soit scientifiquement validé et harmonisé à travers les Etats membres. Madeleine Laffont du CEFIC commente : "A condition que ce cadre couvre l'ensemble du spectre des facteurs environnementaux (y compris les facteurs liés aux modes de vie, les facteurs socioéconomiques, physiques, biologiques et chimiques), celui-ci devrait fournir des informations utiles pour concentrer les ressources limitées sur les besoins prioritaires de santé publique. Cependant, nous craignons que le programme de travail incroyablement rapide imposé aux parties prenantes (une question de mois) signifie que la phase de planification n'est pas aussi scientifiquement rigoureuse que ne l'exige un projet si ambitieux".

En ce qui concerne le Plan d'action, Caroline de Bie (également du CEFIC) souligne que le projet de texte initialement présenté par la Commission lors de la période de consultation tendait à trop se focaliser sur l'industrie chimique, et à négliger d'autres sources de pollution ayant un lien direct avec les maladies provoquées par des facteurs environnementaux. "Nous avons pu constater une nette amélioration. Le plan tel qu'il est présenté aujourd'hui est beaucoup plus équilibré que le projet de texte présenté dans un premier temps par la Commission", a déclaré Mme de Bie.

Les ONG environnementales ont critiqué le "manque de leadership" dont a, selon elles, fait preuve l'UE lors de la conférence régionale de l'OMS organisée à Budapest en juin 2004. Elles ont notamment déploré le fait que le Plan d'action de la Commission "ne prévoie aucune action législative, et qu'il s'abstienne de soutenir le projet REACH d'évaluation et de contrôle des produits chimiques". "La stratégie européenne en faveur de l'environnement et de la santé [SCALE] pourrait constituer un cadre idéal pour la mise en place des indicateurs et des outils de surveillance des produits chimiques devant être contrôlés dans le cadre REACH", a notamment déclaré Stefan Scheuer, du European Environmental Bureau. "Mais non, la Commission européenne a préféré accorder foi aux dramatiques scénarios économiques soigneusement élaborés par les industriels, plutôt que de proposer des actions susceptibles de protéger les enfants des contaminations provoquées par les produits chimiques.

Un responsable de la Commission ayant requis l'anonymat a indiqué à EurActiv que les discussions préalables à l'élaboration de la version finale avaient été extrêmement difficiles. "Les industriels ont pratiqué un lobbying intensif", a affirmé le responsable, pour qui la principale difficulté consistait à trouver un juste milieu entre d'une part le désir des environnementalistes de voir rapidement mises en oeuvre des actions législatives d'envergure, et d'autre part les pressions des industriels exigeant que toute initiative pouvant entraîner des effets contraignants pour les entreprises soit ajournée jusqu'à ce que les scientifiques aient livré leur verdict définitif. Le responsable a tout de même souligné que, "même s'il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas encore, il y a aussi énormément d'actions que nous pouvons d'ores et déjà mener."

Dates clés

  • La première étape du Plan d'action doit consister en la mise en oeuvre d'une série d'études, lesquelles doivent permettre d'augmenter le niveau de connaissances disponibles au sujet des effets potentiels de la pollution sur la santé humaine.
  • Des décisions ne seront prises au niveau politique que lorsque des données scientifiques irréfutables auront été réunies.  
  • Un bilan intermédiaire du Plan d'action est prévu pour 2007.
  • La 5ème conférence ministérielle de l'OMS sur l'environnement et la santé doit avoir lieu en 2009.

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