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L'UE tente de lier la taxation des voitures à leur niveau de pollution [FR]

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Publié 06 septembre 2006, mis à jour 28 mai 2012

Une proposition visant à mettre en place à l'échelle européenne un système de taxation des voitures selon leur niveau de pollution a reçu le soutien du Parlement européen. Cependant, cette proposition pourrait faire l'objet d'un veto en raison la règle de l'unanimité qui prévaut au Conseil.

Le 5 septembre 2006, la proposition visant à remplacer les taxes d'immatriculation par un système fiscal à l'échelle européenne lié au niveau de pollution émis par le véhicule a été adoptée par le Parlement.

Cette proposition, présentée par la Commission européenne en juillet 2005, a pour but d'éviter une double imposition lorsque les citoyens voyagent en Europe et d'établir les mêmes conditions fiscales pour les constructeurs automobiles sur le marché automobile européen. 

"Nous pensons que les différents acteurs concernés sont très favorables à la suppression des taxes d’immatriculation, qui entraînent des doubles impositions pour les citoyens européens ainsi qu’une fragmentation du marché préjudiciable à l’industrie automobile européenne," a déclaré le commissaire chargé de la fiscalité et de l'union douanière, László Kovács, en présentant cette proposition le 5 juillet 2005.

En raison de la disparité des niveaux d'imposition, les constructeurs automobiles sont souvent obligés de créer des modèles de voitures particuliers, avec différentes caractéristiques (concernant le diesel, etc.) pour réduire les prix hors taxes, souligne la Commission, ce qui génère des coûts supplémentaires pour le secteur automobile.

"En général, la taxation est à l'origine d'environ 20% des différentiels de prix pour les voitures dans l'UE," estime la Commission. 

Dans le cadre de cette proposition, les taxes à l'immatriculation seraient progressivement supprimées "sur une période transitoire comprise entre cinq et dix ans". Selon la Commission, les recettes des Etats membres ne seront pas affectées si cette suppression progressive s'accompagne d'une hausse parallèle d'autres taxes, comme les taxes de circulation annuelles. Par ailleurs, un système de remboursement sera mis en place afin d'éviter la double imposition.

Réactions : 

Les constructeurs automobiles soutiennent la proposition visant à lier la taxation des voitures à leur niveau d'émissions de CO2. Selon un récent communiqué, l’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA),  "soutient pleinement la proposition de la Commission". Selon elle, le cadre défini par la proposition devrait également s'appliquer aux carburants alternatifs tels que l'éthanol et le biodiesel. Elle a enfin déclaré que "la taxation se doit d'être technologiquement neutre et uniquement fondée sur les émissions de CO2".

Le président du Comité européen du Commerce et de la Réparation Automobile (CECRA), Jürgen Creutzig, a déclaré : "Ce vote est une bonne nouvelle pour les citoyens, le secteur automobile et l'environnement. CECRA et les constructeurs automobiles soutiennent l'adoption d'une telle directive depuis des années."

La proposition devrait toutefois faire l'objet d'un veto des Etats membres opposés à une coopération européenne renforcée sur les questions de fiscalité. 

Les conservateurs britanniques ont déjà fait savoir qu'ils "s'opposeraient à toute mesure diminuant la souveraineté du Royaume-Uni dans le domaine fiscal." Les Irlandais et les Hongrois seraient également dans le camp des adversaires à cette proposition.

"A ma connaissance, il n'y a pas d'unanimité au sein du Conseil," a indiqué une source européenne, ajoutant qu'il était peu probable que les ministres examinent la proposition si elle ne recueillait pas un soutien unanime. 

Au Parlement, la commission Affaires économiques et monétaires, qui est à l'origine de ce projet, a proposé que les taxes sur les véhicules soient liées à la pollution en général, et pas seulement aux émissions de CO2.

"Si le Conseil ne parvient pas à un accord sur cette question, les pays en faveur de la proposition de la Commission devront recourir à la procédure de coopération renforcée, en vertu de l'article 43-45 du Traité," a précisé le rapporteur sur ce dossier, Karin Riis-Jørgensen (ALDE, DK).

Prochaines étapes : 
  • La proposition pourrait en théorie être présentée au Conseil des Ministres pour adoption. Cependant, il est probable qu'elle soit rejetée, et donc qu'elle ne figure pas à l'agenda du Conseil.

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