EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Click here for EU news »
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

Yvo de Boer en faveur d’un prix du carbone à 150 € par tonne

Version imprimable
Send by email
Publié 03 décembre 2012, mis à jour 04 décembre 2012

EXCLUSIF / Une action urgente est nécessaire afin d’augmenter les prix du carbone à 150 € par tonne (2 250 % en plus que les niveaux actuels) si l’UE veut atteindre ses objectifs de décarbonisation d’ici 2050, a déclaré l’ancien secrétaire général de la CCNUCC dans un entretien accordé à EurActiv.

« Nous devons [fixer] très rapidement un prix du carbone de l'ordre de 150 € par tonne parce que c'est le […]niveau qui envoie des signaux de prix dont nous avons réellement besoin », a déclaré Yvo de Boer par téléphone depuis Manille aux Philippines.

Les quotas de carbone de l'UE sont actuellement échangés à 6,60 euros par tonne, mais un prix du carbone aux environs de 150 euros par tonne est souvent cité comme le minimum nécessaire pour stimuler les investissements dans les technologies telles que le captage et le stockage du dioxyde de carbone.

« Étant donné que nous ne contrôlons pas le changement climatique et que le maintien de l'augmentation des températures à long terme en dessous de 2 °C est devenu un défi pratiquement impossible, nous devons choisir entre des dépenses massives dans l'adaptation aux conséquences du changement climatique ou des dépenses plus petites dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre maintenant », a indiqué M. de Boer.

La fixation correcte du prix des émissions a été un échec général qui a poussé M. de Boer à recommander d'aborder le problème « de front ».

Sans itinéraire clair et ambitieux vers l'objectif de l'UE de réduction des émissions de CO2 d'au moins 80 % par rapport au niveau de 1990, c'est peine perdue, a ajouté M. de Boer qui est maintenant conseiller chargé du changement climatique pour KPMG, une société de conseil internationale.

Le prix du carbone de l'UE s'est écroulé en raison d'une crise économique qui a réduit la demande et provoqué une incertitude quant aux signaux d'investissement à long terme

Le mois dernier, l'UE a annoncé des projets qui visaient à s’attaquer au problème en échelonnant les 900 millions de quotas de carbone sur la période 2013-2020. Après un élan initial, les prix sont toutefois rapidement redescendus.

Le rapport structurel qui accompagne la proposition a mis en évidence d'autres options en vue d'augmenter le prix du carbone, dont une augmentation de l'objectif de réduction des émissions de l'UE pour 2020, une annulation permanente des quotas délivrés, ou une diminution des allocations de quotas à titre gratuit.

« Des obstacles mineurs »

Ces options sont maintenant soumises à l'avis des parties prenantes même si elles peuvent rencontrer ce que M. de Boer appelle des « obstacles mineurs » de la crise économique, financière et de la zone euro.

Des obstacles politiques empêchent également une action pour le climat plus rapide. Entre juin 2011 et juin 2012, la Pologne a utilisé son droit de veto à trois reprises afin de contrecarrer les politiques européennes sur le climat.

Alors que la légalité de cette action a été contestée, des fonctionnaires de l'UE ont indiqué en privé que le veto de la Pologne était une question qui devrait être abordée au niveau politique.

M. de Boer a cependant indiqué que Varsovie pourrait être encouragée à entreprendre un programme de décarbonisation grâce à une fixation mondiale des prix du carbone et à des investissements dans l'innovation.

« Ma conviction est que si une quantité significative de financements européens peut être utilisée pour aider la Pologne à faire la transition vers un bouquet énergétique plus durable, cet argent sera bien investi, aussi bien d'un point de vue environnemental que politique », a-t-il ajouté.

Prochaines étapes : 
  • 13 déc. : réunion de la commission sur le changement climatique
  • 17 déc. : la commission de l'environnement du Parlement européen devrait exposer les grandes lignes du projet de rapport
  • 1er janv. 2013: début de la troisième phase du système européen ETS qui se prolongera jusqu'en 2020
  • 19 fév. 2013 : la commission de l'environnement du Parlement européen devrait voter un amendement essentiel d'une ligne autorisant la Commission européenne à agir sur le marché du carbone
  • Mars 2013 : possibilité d'un vote en séance plénière au Parlement européen sur la proposition de la Commission européenne
Arthur Neslen - Article traduit de l'anglais
Contexte : 

Avec un chiffre d'affaires de 90 milliards d'euros en 2010, le système européen d'échange de quotas d'émission (ETS) est le premier marché du carbone au monde. Environ 80 % des quotas sont échangés sur des marchés à terme et 20 % sur des marchés au comptant.

L'ETS a pour objectif d'encourager les sociétés à investir dans des technologies peu polluantes en leur allouant ou en leur vendant des quotas pour couvrir leurs émissions annuelles. Les sociétés les plus performantes peuvent ensuite revendre leurs quotas non utilisés ou les économiser.

Au départ, un prix d'environ 30 € par tonne de carbone devait stimuler la réduction des émissions et certains investissements faibles en carbone. La récession a cependant diminué le prix du carbone à 6 € par tonne. La Pologne a entravé les efforts de mesure collective, affirmant que le ralentissement de l'activité économique a déjà contribué à atteindre les objectifs de réductions des émissions de 2020.

A lire aussi

More in this section

Publicité

Vidéos

Climate & Environment News

Euractiv Sidebar Video Player for use in section aware blocks.

Climate & Environment Promoted

Euractiv Sidebar Video Player for use in section aware blocks.

Publicité

Publicité