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Rencontrant son homologue chinois, le commissaire européen en charge du commerce, Peter Mandelson, a mis en garde la Chine contre d'éventuelles mesures de rétorsion à son encontre, à moins qu'elle ne supprime les obstacles au commerce intenables, partiellement responsables du déficit commercial grandissant entre les deux blocs.
Le 12 juin 2007, le commissaire Mandelson a rencontré son homologue chinois, Bo Xilai, dans un climat d'inquéitude croissante vis-à-vis de l'augmentation de l'excédent commercial chinois avec l'UE, qui selon les estimations de la Commission, avoisine les 168 milliards d'euros en 2006, s'accroissant de 350 millions d'euros chaque jour.
Aucun accord n'a été trouvé au cours de cette réunion, mais Mandelson a fait savoir que le ministre chinois reconnaissait que la Chine devait faire quelque chose pour enrayer le fossé croissant. Les deux parties se sont entendues pour présenter au sommet UE-Chine de novembre 2007 des propositions "réalistes et concrètes" relatives aux barrières tarifaires qui limitent l'accès à l'immense marché chinois.
Tout en faisant savoir sa préférence pour un "dialogue constructif", le commissaire Mandelson a averti que l'Europe pourrait être forcée à prendre des mesures faute d'améliorations.
Le commissaire Mandelson a déclaré : "Nous avons avec la Chine la relation commerciale la plus délicate et la plus complexe, mais c'est aussi la plus prometteuse et il est plus qu'important de savoir la gérer. Si l'opinion publique européenne n'est pas convaincue que les autorités chinoises introduisent tous les changements nécessaires, l'impatience et la colère vont grandir et la pression augmentera sur la Commission pour qu'elle bloque par tous les moyens les importations chinoises".
Selon les estimations de la Commission, les entreprises européennes perdent chaque année environ 20 milliards en termes d'opportunités commerciales à cause des barrières tarifaires limitant l'accès au marché de la Chine.
Par ailleurs, les fabricants européens qui ont des activités en Chine estiment perdre autour de 20% de leurs revenus en raison des violations des droits de propriété intellectuelle qui ont lieu dans le pays.
L'UE a décidé de se joindre aux Etats-Unis pour porter devant l'OMC une affaire dénonçant la contrefaçon et la piraterie chinoises. Mandelson a prévenu la Chine qu'elle devrait s'habituer à voir les criminels poursuivis et a accusé le gouvernement d'envenimer la situation en laissant se produire des "activités d'imitation et de contrefaçon de grande envergure sans provoquer aucune intervention significative du gouvernement chinois".
Les deux parties ont également discuté l'augmentation de la production chinoise de fer, qui selon le commissaire menace de provoquer une "distorsion des prix considérable" si ce fer chinois est vendu à bas prix sur les marchés européens. Mandelson a ajouté qu'en cas d'échec des négociations, il n'excluait pas de prendre des mesures de protection.
Lors d'une conférence de presse distincte, le ministre chinois, Bo Xilai, a soutenu qu'il s'efforçait de stimuler les importations en provenance d'Europe, citant pour exemple les récents achats d'avions auprès d'Airbus et de technologie relative à l'énergie nucléaire (source Financial Times). Il a toutefois jugé la relation commerciale entre l'UE et la Chine "complémentaire et équilibrée", accusant Mandelson d'employer un "langage de l'extrême" et soulignant que la Chine avait déjà "énormément progressé" dans sa lutte contre la piraterie.