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4 décembre 2009
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Davos laisse entrevoir un accord sur les échanges internationaux [FR][en][de

Publié: lundi 29 janvier 2007    | Mis à jour: mardi 20 février 2007   

Près de 30 ministres du commerce des plus grandes économies au monde ont décidé de relancer les négociations commerciales internationales à Genève avec de nouvelles règles du jeu.

Contexte:

Les ministres du commerce de 30 grandes nations ont décidé de relancer les négociations sur les échanges internationaux lors de leur recontre en marge du Forum économique mondial de Davos le 27 janvier 2007.

Le cycle de Doha avait été suspendu en juillet 2006, les négociateurs européens et américains n'étant pas parvenus à se mettre d'accord sur l'importance des réductions de leurs subventions et droits de douane pour les produits agricoles. Les pays en développement avaient alors refusé d'ouvrir à la concurrence leurs marchés pour les produits industriels et les services. 

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Les ministres réunis à Davos ont décidé de renvoyer leurs représentants à la table des négociations, dans l'espoir de trouver un accord avant l'expiration de la loi américaine sur les échanges commerciaux de 2002 ( Trade Promotion Authority Act ), le 30 juin 2007. L'autorité que confère cette loi à l'Administration Bush sera nécessaire pour mettre en oeuvre l'accord aux Etats-Unis sans que le Congrès ne puisse l'amender clause par clause et le vider de son contenu. 

Il y a cependant de moins en moins de chances qu'un accord soit finalisé avant cette date, mais les autorités américaines estiment que même la nouvelle majorité démocrate du Congrès pourrait confier un nouveau mandat de négociation à George Bush si les propositions sur la table sont suffisantes.

Selon le International Herald Tribune, les 30 ministres du commerce espèrent voir la situation progresser dans les mois à venir, en mettant l'accent sur les négociations produit par produit plutôt que sur des chiffres clés comme cela été le cas jusqu'à présent.

L'objectif de cette approche est de détourner l'attention des Etats membres, obnubilés jusqu'alors par les chiffres comme la baisse des droits de douane moyens de l'UE sur les produits agricoles de 66% réclamée par les Etats-Unis, la baisse de 54% préconisée par le groupe G20 des pays en développement, celle de 51% maximum souhaitée par le commissaire Mandelson et la proposition initiale de l'UE de réduire ces droits de 39%, que la France considère comme une "ligne rouge" à ne pas franchir. 

Les ministres décideraient alors si l'ensemble des chiffres obtenus mérite une dernière réunion de tous les membres de l'OMC à Genève avant un accord final. 

Positions:

Selon le dirigeant de l'OMCPascal Lamy, "une zone d'atterrissage est en vue". Il a ajouté qu'il retournerait à Genève pour superviser de nouvelles discussions au niveau des négociateurs et pour rassembler à nouveau les ministres quand des progrès suffisants auront été faits. Il a toutefois prévenu : "Ce ne sera pas pour demain".

Le commissaire au commerce, Peter Mandelson, a déclaré : "Je crois que nous sommes revenus dans le vif du sujet. D'une manière ou d'une autre, cette discussion se soldera par un succès ou par un échec dans les deux à trois mois à venir". Il a mis en garde : "Nous ferions une terrible erreur de jugement en laissant échapper tout ce que nous avons actuellement en main. L'alternative n'est pas un meilleur accord, mais pas d'accord du tout".

Il a répété que l'UE était "prête à s'approcher au plus près de la réduction tarifs agricoles demandée par les pays en développement du G20. Et nous sommes prêts à le faire d'une façon qui donne manifestement un nouvel accès au marché à tous les exportateurs et tous les produits. Sans échappatoire."

Alors que le premier ministre britanniqueTony Blair, se montrait optimiste, précisant qu'un accord était désormais "plus probable qu'aucun accord du tout", la ministre française déléguée au commerceChristine Lagarde, a relativisé l'importance de la relance des négociations : "Nous retournons à la table des négociations. Rien n'est résolu", tout en reprochant à Peter Mandelson de "prendre ses désirs pour des réalités" quand il a mentionné la possibilité de percée "dans les prochaines semaines".

La représentante américaine au commerceSusan Schwab, a déclaré : "Je sors de ces réunions avec un véritable sentiment d'optimisme mais également de réalisme face à tout le travail qui nous attend". Elle a précisé que les négociateurs devraient avancer sensiblement pour convaincre le Congrès et les agriculteurs américains sur la teneur des propositions. Elle a insisté : "Il faut que nous trouvions mieux qu'un accord à plus petit dénominateur commun qui ne génère pas de flux commerciaux", déclarant que le véritable débat au sujet du renouvellement de l'autorité de négociation du président Bush ne commencerait qu'une fois les grandes lignes d'un accord esquissées. Elle poursuit : "Ce qui pourrait devenir un débat sans intérêt sur l'autorisation pour la promotion commerciale (APC) tournerait en un débat précis sur la question de savoir si les Etats-Unis vont s'engager dans l'accord multilatéral dans lequel nos partenaires commerciaux sont prêts à s'engager".

Le président de la Banque centrale européenneJean-Claude Trichet, a déclaré qu'un échec concernant Doha représenterait un gros risque pour la croissance mondiale en 2007, notamment pour l'UE. Il a expliqué : "Le commerce intra-communautaire croît rapidement. Le commece extra-communautaire plus vite encore. Le premier danger est l'échec de ce premier cycle commercial".

Le ministre brésilien des affaires étrangèresCelso Amorim, a déclaré être prêt à reprendre immédiatement le travail. Il précise sur le ton de la plaisanterie : "Si pascal Lamy souhaite nous enfermer dans une pièce et nous y laisser jusqu'à obtenir des chiffres, je suis prêt à le faire aujourd'hui ou demain". Selon lui, une percée aurait lieu d'ici fin mars ou début avril et un accord sur des chiffres définitifs pourrait être trouvé vers la fin du mois de juin.

Le ministre égyptien du commerceRachid Mohammed Rachid, s'est dit moins optimiste : "C'est la troisième réunion d'affilée des ministres du commerce concernant Davos porteuse des mêmes discussions et rien ne s'est encore passé".

Le président du BrésilLuiz Inácio Lula da Silva, a également mis en garde : "Si nous souhaitons envoyer un signal fort aux pays les plus pauvres, leur disant qu'ils auront une chance dans le 21ème siècle, il faudra que les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne fassent des concessions. Nous devons le leur faire comprendre ou il n'y aura pas d'accord".

Aftab Alam Khan, le responsable de la campagne commerciale ActionAid International, reste convaincu que tout accord se fera au détriment des pays en développement : "Quel que soit le cadre des nouvelles discussions, les pays en développement devront encore ouvrir tout grand leur économie, en échange de trois fois rien de la part des superpuissances commerciales". Il a réitéré son appel aux pays pauvres, les enjoignant à "rester à l'écart des négociations et à ne pas signer sous la pression un accord final qui ne ferait que décimer des emplois et exacerber la pauvreté".

Prochaines étapes:

  • 30 janvier 2007 : Le Président Bush fera un discours déterminant sur la politique économique et appellera le Congrès à prolonger d'un an la loi d'autorité de négociation en matière commerciale
  • 30 juin 2007 : Date d'expiration de l'actuelle loi sur l'autorisation pour la promotion commerciale (APC)

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Liens

Lettres à l'éditeur
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