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La Commission renvoie la Hongrie devant la CEJ en raison d'une taxe sur les télécommunications

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Publié 22 mars 2012

Aujourd'hui (22 mars), la Commission européenne déférera le dossier de la Hongrie à la Cour européenne de justice en ce qui concerne sa taxe spéciale sur le secteur des télécommunications. Les relations entre le pays et Bruxelles sont de plus en plus tendues.

La Hongrie a introduit cette mesure en 2010 pour tenter de réduire son déficit budgétaire (voir « Contexte »).

Des documents obtenus par Reuters révèlent que la Hongrie sera renvoyée devant la CEJ, la plus haute Cour européenne, dans le cadre d'une procédure d'infraction.  La Hongrie n'a pas répondu aux requêtes qui lui ont été adressées concernant la mise en conformité de sa législation fiscale par rapport au droit européen.

Une fois renvoyée devant la CEJ, la Hongrie pourrait se voir imposer de sévères amendes si elle ne consent pas à modifier ses lois.

La Commission européenne a déjà entamé une procédure contre Budapest en raison de son refus de modifier les lois sur l'indépendance de la banque centrale, de l'autorité de protection des données et sur l'âge de la retraite pour les juges.

En outre, le 22 février, la Commission a proposé de suspendre un tiers des fonds régionaux alloués à la Hongrie, plus de 495 millions d'euros, dès janvier 2013. Il s'agit d'une proposition sans précédent qui aurait pour but de sanctionner le pays pour son déficit budgétaire.

C'est précisément pour augmenter ses recettes et tenter d'atteindre l'objectif de l'UE d'un déficit budgétaire inférieur à 3 % du PIB que la Hongrie a introduit ces nouvelles taxes en 2010. Elle a notamment imposé des taxes sur le secteur du détail, de l'énergie et des finances.

L'exécutif européen a cependant affirmé que la taxe imposée au secteur des télécommunications, qui devrait rapporter environ 600 millions d'euros sur trois ans, était illégale. La Commission a prévenu la Hongrie qu'elle pourrait renvoyer le dossier à la CEJ si elle ne modifiait pas cette loi.

Ces taxes, ainsi que les politiques économiques que le Fonds monétaire international et d'autres institutions ont qualifiées de peu orthodoxes, ont miné la confiance que l'UE et les Etats membres portaient au gouvernement de centre-droit hongrois.

En mars 2011, la Commission a fait savoir qu'elle s'inquiétait quant à la taxe imposée au secteur des télécommunications, dans la mesure où, conformément au droit européen, les taxes spécifiques appliquées dans le secteur doivent être directement liées à la couverture des coûts de sa réglementation.

La France et l'Espagne ont déjà été renvoyées devant la CEJ pour des faits similaires.

Magyar Telekom, qui fait partie de Deutsche Telekom, Telenor et Vodafone font partie des opérateurs touchés par cette nouvelle taxe en Hongrie.

EurActiv avec Reuters - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Contexte : 

La Hongrie a été sévèrement touchée par la crise financière mondiale. En 2008, elle est devenue le premier pays de l'UE à bénéficier d'un renflouement de l'UE et du FMI (20 milliards d'euros).

Le gouvernement socialiste de l'époque en a payé les pots cassés. Suite aux élections d'avril 2010, le parti Fidesz de centre-droit et son parti frère, le KDNP, ont remporté une majorité au parlement, ce qui leur a permis d'adopter une nouvelle constitution, de nationaliser une partie des fonds de pension et d'introduire des taxes spéciales qui ont également frappé les investisseurs.

En 2011, la Commission européenne a demandé à la Hongrie de supprimer une taxe sur le chiffre d'affaires des opérateurs de télécommunications introduite un an auparavant. Budapest impose aux opérateurs une taxe oscillant entre 0 et 6,5 % en fonction de leurs revenus bruts (hors TVA).

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