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Négociations commerciales : N. Sarkozy aspire à la 'réciprocité' [FR]

Publié 24 mai 2007 - Mis à jour 28 mai 2012
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A l'occasion de sa première visite à Bruxelles, le président français N. Sarkozy a indiqué qu'il refuserait de "brader" les intérêts de l'agriculture française lors des négociations à l'OMC, tout en annonçant les futures propositions visant à réviser la gouvernance de la zone euro.

L'attitude loyale du président Sarkozy prenant la défense des agriculteurs lors de son déplacement à Bruxelles le 23 mai 2007 devrait décevoir ses partenaires commerciaux européens. Ils avaient en effet espéré que le nouveau président se montrerait plus flexible que son prédécesseur Jacques Chirac sur la réduction des droits de douanes agricoles à l'OMC (EurActiv 16/01/07). 

Les droits de douane sur les produits agricoles et les subventions à l'agriculture sont certes l'un des principaux points de désaccord au cours des discussions multilatérales entre l'UE et les Etats-Unis, mais N. Sarkozy a déclaré qu'il refusait de "brader les intérêts de l'agriculture européenne et française" et de prendre le risque d'échanger l'indépendance agricole de l'Europe contre une plus grande libéralisation des services.

Il a également rejeté l'idée de restreindre encore le soutien aux agriculteurs tant que les Etats-Unis ne diminueraient pas leurs propres subventions agricoles. Il a souligné : "Je veux de la réciprocité...Vous voulez libéraliser? Sans problème, seulement il vous faudra faire de même".

Plutôt que de libéraliser "au plus bas prix possible", il a précisé que l'Europe devait protéger ses citoyens contre la pression de la mondialisation (EurActiv 23/02/07). 

Selon lui, la politique monétaire devrait être modifiée : "Je ne veux pas d'une Europe incapable de construire des avions parce que la vigueur de l'euro est telle que nous donnons à Boeing l'espoir d'obtenir des gains de productivité complètement factices". Il a ajouté : "On avait déjà le dumping fiscal, le dumping social, le dumping environnemental et voilà maintenant qu'on a le dumping monétaire".

A ce sujet, il a promis des initiatives visant à renforcer la gouvernance économique de la zone euro : "Notre souci de doter l'Eurogroupe d'un véritable gouvernement est pour nous une priorité".

Au cours de sa campagne, N. Sarkozy a encouragé les ministres des finances de la zone euro à jouer un rôle plus important pour compenser l'autorité de la Banque centrale européenne, qui selon lui accorde trop d'importance à la lutte contre l'inflation, au lieu de se pencher sur la question clé de la direction de la croissance et de l'emploi. Il a toutefois exprimé voeu de parvenir à une résolution de la crise institutionnelle avant de procéder à de nouvelles propositions.

Interrogé sur l'engagement de la France en matière de discipline budgétaire - élément central de la gouvernance économique de la zone euro - N. Sarkozy a déclaré : "La France sera au rendez-vous de la réduction des déficits et de la dette", tout en indiquant clairement que les résultats des finances publiques au terme de son mandat quinquennal comptaient davantage que les réductions immédiates du déficit.

Il a promis un véritable "choc économique et fiscal pour que la France parte à la conquête de ce 1% supplémentaire de croissance" et rattrape d'autres régions du monde : "Est-ce possible en réduisant le déficit? C'est pour cela que nous atténuerons le déficit".

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