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Mettre une annonceA l'issue de six jours de négociations difficiles, les 149 membres de l'Organisation mondiale du commerce ont adopté une déclaration de compromis. Il reste cependant beaucoup de problèmes à résoudre.
Au milieu des scènes d'émeutes, qui ont entraîné l'arrestation d'un millier de manifestants, les ministres de l'OMC sont parvenus finalement à un accord partiel à Hong Kong. Une déclaration a été faite dimanche 18 décembre, jugée par certains comme un pas en avant, tandis que d'autres l'ont rejetée, considérant qu'elle se contentait de reporter à plus tard les négociations sur les questions qui fâchent.
Les membres de l'OMC sont parvenus à un accord après l'adoption à la dernière minute d'un texte de compromis présenté par les pays en développement, Brésil et Inde en tête. Ses principales dispositions sont les suivantes:
Subventions agricoles: l'UE a accepté d'éliminer les subventions agricoles d'ici 2013. Les nations en développement et les Etats-Unis souhaitaient que cela soit fait d'ici 2010 mais l'UE a uniquement accepté de faire des 'réductions conséquentes' à cette date.
Aide au développement: un ensemble d'aides pour les pays les moins développés a été défini. Les restrictions sur les importations de marchandises en provenance des 50 nations les moins développées doivent être supprimées et l'aide technique aux pays ACP doit être augmentée.
Coton: les Etats-Unis méneront des négociations avec les nations africaines sur la réduction des subventions pour le coton. Ils n'ont toutefois fait aucune promesse concernant la baisse des subventions pour leurs propres producteurs de coton, alors qu'il s'agit, selon les pays ACP, du facteur qui leur nuit le plus. Ils ont également refusé de supprimer les droits de douane sur les textiles en provenance du Bangladesh ou du Cambodge.
Cet accord laisse cependant de nombreuses questions en suspens. Aucun accord véritable n'a été trouvé sur les marchandises industrielles, les services et l'accès aux marchés non-agricoles. De nouvelles négociations auront lieu en 2006.
Le directeur-général de l'OMC, Pascal Lamy, a déclaré que l'accord avait "remis sur la voie" le cycle de Doha.
Les commissaires européens Peter Mandelson and Fischer Boel ont qualifié l'accord "de véritable avancée pour les négociations agricoles et les objectifs de développement du cycle de Doha." Selon eux, "l'Europe a permis cet accord" et a ainsi reçu des engagements équivalents d'autres pays pour une réforme similaire des subventions.
Cependant, les ONG et les oeuvres de bienfaisance sont loin d'être aussi enthousiastes. Un porte-parole de la CIDSE (Coopération internationale pour le développement et la solidarité) a déclaré: 'La lenteur du processus remet en cause la capacité des membres de l'OMC à véritablement changer la politique actuelle dans le domaine du commerce international et à obtenir des conditions de commerce justes pour les gens qui vivent dans les pays en développement."
Friends of the Earth a qualifié l'accord de "dangereux" et considère qu'il "menacera davantage l'environnement de la planète et la condition des gens les plus pauvres au monde." "L'agenda de l'OMC dicté par l'UE, les Etats-Unis et leurs corporations ignore les besoins des gens et les menaces pour l'environnement," a déclaré Alexandra Wandel, responsable des questions du commerce pour Friends of the Earth Europe.
Oxfam s'est montré très critique au sujet de l'accord, le qualifiant de 'décevant' sur la question du coton, et contenant "peu de progrès sur l'agriculture".