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Mettre une annonceLes divisions transatlantiques concernant la lutte contre le changement climatique pourraient jeter un froid lors du sommet-clé entre l'UE et les Etats-Unis le 30 avril 2007, reléguant au second plan les progrès attendus sur les questions relatives au commerce et au transport aérien.
Les dirigeants de l’UE vont s’envoler pour Washington afin de rencontrer l’administration Bush. Ils ont pour objectif de stimuler davantage la relation économique transatlantique évaluée à 2,25 billions d’euros et de débattre des domaines clés de la coopération, notamment le changement climatique, la sécurité énergétique et les questions relatives à la politique étrangère.
Au cours du mois de mars 2007, les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont adopté un paquet "énergie et changement climatique" (Lire notre LinksDossier), les engageant à réduire leurs émissions de CO2 d’au moins 20% d’ici 2012. Ils ont depuis fortement incité les autres grandes puissances, telles que les Etats-Unis, la Chine et l’Inde à en faire de même.
Le sommet était à l’origine considéré comme l’occasion idéale pour que l’UE et les Etats-Unis alignent leurs positions concernant le changement climatique à l’approche de la réunion du G8 en juin 2007 et de la conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) fin 2007.
Cependant, les deux côtés ont minimisé l’importance du sommet, des doutes ayant été jetés sur la probabilité d’un accord sur un texte d’un niveau significatif d’ambition.
Alors que l’UE espérait engager les Etats-Unis dans un cadre mondial pour la réduction des émissions de CO2, les Etats-Unis souhaitent porter les négociations davantage sur la promotion de nouvelles technologies, telles que la séquestration et le stockage de carbone. Ils ont également clairement indiqué qu’ils ne s’engageraient pas à atteindre des objectifs contraignants à moins que des grands émetteurs de gaz à effet de serre tels que la Chine ou l’Inde ne prennent des mesures semblables.
Progrès sur les questions commerciales :
Les choses devraient s’améliorer dans le domaine de l’économie. Les deux géants économiques devraient en effet signer un pacte visant à réduire fortement les barrières commerciales et à harmoniser les normes dans les secteurs automobile, pharmaceutique et chimique, entre autres.
Le pacte prévoira la mise en place d’un "conseil économique transatlantique" afin de veiller à la mise en oeuvre des accords règlementaires. Des rapports des médias suggèrent que la présidence soit assumée par le vice-président de la Commission, Günter Verheugen, bien que certains estiment qu’Alexander Italianer, l’un des deux secrétaires généraux de la Commission, pourrait remplir ce rôle afin d’éviter les discordes entre les DG Commerce, Relations extérieures et Marché intérieur.
La création d’un véritable « marché unique transatlantique », qui pourrait augmenter le PIB d’environ 3,5% des deux côtés de l’Atlantique, figurait parmi les projets favoris de la chancelière allemande, Angela Merkel, pendant ses six mois à la tête de l’UE (EurActiv 05/01/07). Le sommet devrait faire avancer les négociations, mais des questions plus sensibles concernant notamment les différences entre l’UE et les Etats-Unis en matière de règlementations du marché financier, de brevets et de droits de propriété intellectuelle, seront mises de côté jusqu’au prochain sommet.
Les discussions viseront également à faire avancer les négociations commerciales mondiales au sein de l’OMC, qui sont dans l’impasse depuis juillet 2006. Les principales puissances commerciales ont déclaré vouloir finaliser les négociations d’ici fin 2007, mais l’UE et les Etats-Unis n’ont jusqu’ici pas réussi à refermer le "gouffre" qui les sépare sur les questions relatives aux subventions à l’agriculture et les tarifs douaniers.
Les dirigeants de l’UE et des Etats-Unis devraient signer l’accord "Ciel ouvert", destiné à lever des restrictions sur un certain nombre de vols transatlantiques (EurActiv 22/03/07).
L’UE cherchera à obtenir des promesses fermes de la part des Etats-Unis garantissant qu’ils ouvriront leur marché intérieur et lèveront les restrictions sur la propriété étrangère de compagnies aériennes dans le cadre du deuxième stade des négociations avant novembre 2010. Pendant plus de cinq ans de négociations, Washington a refusé de se plier à ces demandes.
Ils traiteront également d’un certain nombre de questions qui ont de façon persistante entravé le transport aérien entre les deux continents, notamment l’introduction « en masse » d’importantes mesures de sécurité depuis les attentats du 11 septembre (lire notre LinksDossier sur la sécurité des transports).
Les dirigeants de l’UE pressent également les Etats-Unis d’étendre le régime d’exemption de visa aux citoyens des nouveaux Etats de l’UE et à la Grèce d’ici septembre 2007, soutenant que tous les citoyens de l’UE devraient être traités de façon égale.
Les négociations s’attaqueront également à la question relative à l’accès aux informations personnelles sur les passagers voyageant vers les Etats-Unis. Un accord intérimaire a été conclu en octobre 2006 mais expirera en juillet 2007 (EurActiv 06/10/07). Le fait qu’aucun nouvel accord n’ait été conclu pourrait avoir des effets dévastateurs dans les aéroports, les compagnies aériennes se retrouvant au beau milieu de règles européennes contradictoires sur la protection des données personnelles et les exigences américaines de lutte contre le terrorisme.
Interrogé sur le sujet épineux du changement climatique, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a confié à Reuters : "Pour être honnête, nous portons davantage notre attention sur l’agenda mondial pour la mise en place du marché transatlantique car nous avons considéré qu’il y avait, disons, plus de potentiel pour atteindre des résultats lors de ce sommet dans ce domaine". "Cependant, le débat sur le changement climatique restera certainement l’un de nos principaux thèmes à débattre avec nos partenaires américains".
M. Jens Weidmann, conseiller économique de la chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré qu’il estimait qu’il "serait un peu trop demandé » que d’exiger l’adhésion des Etats-Unis aux objectifs contraignants de réduction des émissions de CO2, ajoutant : "Ce à quoi nous souhaitons parvenir à Washington, c’est un premier pas en avant". Il pourrait s’agir d’un texte affirmant que le changement climatique est un problème sérieux et que les deux côtés s’engagent à déployer des efforts supplémentaires.
L’ambassadeur américain à l’UE, Boyden Gray, a convenu que "ce sommet ne constituerait pas une étape décisive" dans la lutte contre le changement climatique.
Le directeur principal en charge du commerce international, de l’énergie et de l’environnement au Conseil de sécurité national des Etats-Unis, Rod Hunter, a indiqué que la déclaration jointe mettrait l’accent sur la promotion de nouvelles technologies destinées à réduire la dépendance des carburants fossiles, tout en offrant de nouvelles opportunités économiques. Il a déclaré : "Il existe, à mon avis, un accord général sur l’importance qu’il faut accorder au développement de technologies innovantes qui contribuera à la réduction des émissions de gaz à effet de serre".
Cependant, l’ambassadeur B. Gray a souligné les "divergences" d’opinion relatives au poids donné aux nouvelles technologies par rapport à celui accordé aux objectifs contraignants.
Il a ajouté que le véritable enjeu résiderait dans la signature d’un pacte établissant un conseil économique transatlantique. Il a déclaré : "Il s’agirait d’un réel pas en avant", ajoutant que "tout le mérite revenait à Mme Merkel".
Concernant les restrictions en matière de Visa, il a indiqué que la législation visant à inclure tous les nationaux de l’UE dans le régime américain d’exemption de visa "devrait être établie d’ici la fin de l’année", mais a souligné : "Ce n’est pas l’administration américaine mais le Congrès qui établit les règles".
La Confédération européenne des Entreprises, BusinessEurope, a déclaré qu’un "changement d’étape" était nécessaire dans la démarche entreprise pour créer un marché transatlantique libéralisé et a appelé à "une approche plus contraignante de la coopération sur les questions réglementaires entre les deux continents".
Cependant, une nouvelle étude menée par la Fondation Bertelsmann démontre que les citoyens européens et américains ne sont pas certains des avantages de l’abolition des restrictions commerciales entre leurs économies. L’idée a obtenu un soutien d’environ 54% en Europe et 65% aux Etats-Unis.
Néanmoins, en règle générale, l’étude révèle qu’une large majorité des Européens et des Américains ont dépassé les tensions relatives à la guerre menée par les Etats-Unis en Irak et sont favorables à une coopération transatlantique accrue, notamment dans les domaines du changement climatique, de l’approvisionnement énergétique, de la prévention de la prolifération nucléaire et de la promotion de la démocratie dans le monde.