Les domaines d’action identifiés lors de la réunion incluent la traçabilité des produits, la coopération sur les normes de sécurité pour les jouets, un échange d’expertises ainsi que des mesures de mise en œuvre. Les futurs domaines de discussion entre les trois géants économiques se concentreront sur le renforcement de l’échange d’informations sur les alertes et les rappels.
Des accords de coopération similaires sont déjà en place sur une base bilatérale. Les conclusions du sommet indiquent que les participants tripartites considèrent les accords de coopération bilatérale existants comme une base suffisante sur laquelle construire et étendre leur collaboration trilatérale.
Cependant, il reste à déterminer la date de mise en œuvre des nouvelles mesures trilatérales. La commissaire européenne à la Protection des consommateurs Meglena Kuneva a admis d’ailleurs qu’elle ne pourrait pas fixer de calendrier. Elle s’est toutefois félicité du fait que les normes de sécurité des produits figurent à l’ordre du jour.
Stimuler la coopération sino-européenne
Parallèlement, l’UE et la Chine ont signé un mémorandum d'accord bilatéral « renouvelé et élargi » signalant leur « attachement mutuel à l'application de normes de sécurité élevées ». Ce mémorandum engage également les deux parties à renforcer l’échange d’informations sur la sécurité alimentaire et les questions sanitaires.
Le mémorandum, signé initialement en 2006, autorise des « actions communes visant à assurer le respect de la réglementation ». L'Union européenne et la Chine procéderaient à des « contrôles coordonnés et simultanés » dans certains secteurs pour « vérifier le respect des normes relatives à la sécurité des produits ». Les rapports sur la Chine par le biais du système d'alerte rapide pour les produits de consommation dangereux (RAPEX) de la Commission européenne interviendront tous les trimestres.
La Commissaire Kuneva a indiqué que le sommet trilatéral a envoyé un message très clair quant à la détermination des dirigeants européens, chinois et américains de privilégier la sécurité des citoyens et de maintenir l’élan politique nécessaire à faire en sorte que les normes soient élevés et entièrement mises en œuvre lors de chaque étape de la chaîne d’approvisionnement mondiale.
Les inquiétudes vis-à-vis de la Chine
Selon Mme Kuneva, une coopération étroite n’est pas seulement un luxe convoité, mais une réelle nécessité, en particulier après les récentes alertes. Le système d'alerte rapide pour les produits de consommation dangereux (RAPEX) de la Commission européenne montre de manière constante, ces dernières années, qu'approximativement 50 % des articles retirés du marché européen sont d'origine chinoise.
En effet, la sécurité des jouets est devenue une question particulièrement inquiétante pour l’UE en 2007 après que des millions de produits fabriqués en Chine, notamment des poupées Barbie, ont été retirés du marché par le géant américain Mattel lorsqu’il a été découvert que les jouets contenaient une quantité inadmissible de plomb et que les risques d’étouffement étaient grands.
La Chine a indiqué qu’elle travaillait dur pour répondre à ces préoccupations. Nous avons élaboré un plan d’action national pour examiner la question de la sécurité des jouets ainsi qu’un système de surveillance pour garantir que les fabricants respectent entièrement les normes internationales, a souligné M. Wei Chuanzhong, vice-ministre de l’agence chinois pour la sécurité des produits AQSIQ.
M. Chuanzhong a pourtant admis qu’il fallait plus de dialogue avec l’industrie parce que le problème persiste dans le domaine des jouets. Il a insisté sur le fait que les produits qui ne correspondent pas aux normes internationales seront retirés du marché.
Selon Nancy Nord, présidente de la commission américaine de sécurité des produits de consommation, le sommet d’hier a donné un signal clair aux fabricants par rapport au fait que la sécurité des jouets figure parmi les priorités de l’agenda politique. Selon elle, si les trois agences parlent d’une seule voix, l’industrie écoutera. Une nouvelle réunion tripartite aura lieu en 2009 pour examiner le progrès réalisés ainsi que les domaines de coopération. La date et le lieu doivent encore être confirmés, a indiqué la déclaration.




