Après cinq ans de négociations, l’UE et les 77 pays ACP pourraient maintenant conclure un accord temporaire qui laisserait de côté les questions sensibles comme la libéralisation des services et des marchés d’investissement des pays en développement.
Le 20 novembre, les ministres des Affaires étrangères seront informés, par le commissaire au Commerce Peter Mandelson, des progrès réalisés jusqu’à maintenant dans le cadre de négociations difficiles avec six groupes régionaux différents en ce qui concerne les accords de partenariat économique (APE), après une série de réunions à haut niveau à Bruxelles la semaine dernière.
Ils devraient admettre qu’une date limite fixée au 31 décembre 2007 pour finaliser les accords commerciaux ambitieux compatibles avec l’Organisation mondiale du commerce, visant à remplacer les préférences non réciproques actuelles n’est pas « réaliste ». Ils devraient également reconnaître que des « accords-cadres » limités à un an, couvrant uniquement le commerce de marchandises, la coopération au développement et la pêche, devraient être conclus en parallèle.
Erastus Mwencha, secrétaire général au marché commun pour l’Afrique orientale et australe (Comesa), a déclaré qu’un accord intérimaire serait un bon début.
David Nalo, secrétaire permanent au ministère du Commerce et de l’industrie du Kenya, a ajouté que le pire scénario d’entrave au commerce après le 31 décembre a été écarté.
En effet, les pays qui seront dans l’incapacité de signer l’accord avec l’UE d’ici là font face à la menace de la réintroduction des droits de douane élevés sur leurs exportations vers l’Union.
Des militants de la lutte contre la pauvreté avaient accusé l’UE d’essayer de recourir à la manière forte pour forcer ces pays à conclure des accords inéquitables qui donneraient aux grandes entreprises européennes un accès illimité aux marchés en développement et détruiraient l’industrie locale.
Mais Peter Mandelson et le commissaire au Développement Louis Michel affirment que des APE exhaustifs aideraient les pays ACP à renforcer leurs économies et leurs marchés régionaux, offrant ainsi davantage d’opportunités aux entreprises locales et attirant de nouveaux investissements.
Reste à savoir si les plans européens visent à conclure des accords intérimaires avec chacun des six groupes ou uniquement avec certains sous-groupes de pays ou avec les pays individuellement.
Les nations de l’Afrique orientale et australe, notamment le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Burundi et le Rwanda, ainsi que des pays de l’Océan indien, comme l’île Maurice, ont fait savoir la semaine dernière qu’ils s’attendaient à entamer les accords intérimaires avant la fin du mois de novembre.



