« Aujourd'hui, nous célébrons toutes les langues parlées au sein de l'Union européenne, qu'elles soient nationales, régionales, minoritaires ou parlées par les immigrés », a déclaré Mme Vassiliou, la commissaire européenne en charge de l'éducation, de la culture, du multilinguisme et de la jeunesse.
Elle a toutefois insisté sur le fait que les immigrés devraient respecter les obligations linguistiques des pays dans lesquels ils résident.
EurActiv lui a demandé si les citoyens de l'UE d'origine étrangère devraient être ciblés dans leur langue maternelle lors des élections électorales, une question à laquelle elle a répondu : « Si nous souhaitons l'intégration des diverses communautés dans le pays d'accueil, elles doivent apprendre [ses] langues officielles. »
Complémentarité
Mme Vassiliou s'est exprimée à Bruxelles, la capitale de l'Europe mais aussi de la Belgique où le multilinguisme est un sujet sensible. Bruxelles est le siège des institutions de l'Union européenne, qui compte 23 langues officielles, mais aussi la capitale d'un pays où des différends linguistiques font rage. Les langues officielles de la Belgique sont le français, parlé au sud du pays en Wallonie et à Bruxelles, le néerlandais au nord du pays en Flandre et à Bruxelles également, et l'allemand, qui est parlé par une minorité de citoyens vivant à la frontière allemande.
Les tensions qui découlent de la méconnaissance du flamand en Wallonie et vice-versa sont bien connues.
Une autre facette du multilinguisme à la belge a fait des vagues dans la presse cette semaine, lorsque cinq jeunes candidats du Centre démocrate humaniste (CDH) ont fait leur publicité uniquement en turc en amont des élections communales.
Même si ces encarts n'ont été publiés que dans l'édition belge d'un journal turc, Yeni Vatan, leur monolinguisme va à l'encontre des règles du parti. Le CDH, affilié au Parti populaire européen, affirme qu'une phrase courte en turc peut paraître dans les messages de campagne, mais que la plus grande partie du contenu doit être en français ou en néerlandais.
« Le recours à l’emploi d’une autre langue n’est admis à titre complémentaire que pour traduire en tout ou en partie la communication faite en français ou en néerlandais », a expliqué le CDH.
D'autres candidats ont fait leur promotion en polonais.
« Dans le cas particulier des élections, je pense que la Belgique a plus qu'une langue officielle, donc il est très important que les immigrés apprennent les langues officielles du pays », a déclaré Mme Vassiliou à la presse.
L'anglais domine
La commissaire a expliqué que l'anglais était la langue étrangère dominante en Europe et que dans la plupart des pays, les jeunes choisissaient de l'apprendre.
« Mais ce n'est pas suffisant », a-t-elle ajouté. « L'anglais est la lingua franca, mais je pense que les avantages qui résident dans l'apprentissage et la pratique d'autres langues étrangères sont considérables. Il est alors plus facile de se comprendre mutuellement », a-t-elle poursuivi.
Malgré leurs intentions louables de se prononcer en faveur de l'intégration, de nombreux employés des institutions de l'Union européenne ne parlent pas une seule langue officielle de la Belgique, et peu d'entre eux participent aux élections communales.




