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10 novembre 2009
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La bibliothèque numérique de l’UE « plante » en raison de l’immense demande [FR][en][de

Publié: vendredi 21 novembre 2008   

Hier 20 novembre, en raison d’un engouement extraordinaire et de millions de visites, la bibliothèque de l’UE en ligne Europeana  « a planté » peu après son lancement. La Commission a indiqué qu’elle envisage relancer le site à la mi-décembre.

Contexte:

La création d’Europeana était l’un des objectifs essentiels de l’initiative sur les bibliothèques numériques, adoptée en 2005 par la Commission européenne.

Il a été demandé aux gouvernements nationaux de fournir du contenu et des financements. Par ailleurs, un groupe d’experts de haut niveau des secteurs public et privé (institutions culturelles, secteur des TIC, titulaires de droits, etc.) a été consulté. Le Parlement européen a approuvé le projet en septembre 2007. 

« Europeana » est financée à 80 % par le budget européen (2 millions d’euros) ; les 20 % restant proviennent des gouvernements nationaux et d’institutions culturelles.

69 millions d’euros de fonds européens seront destinés à la recherche sur les bibliothèques numériques de 2009 à 2010 par le biais du programme de recherche de l’Union. 50 millions supplémentaires seront alloués aux aspects de la compétitivité et des politiques d’innovation européennes dans le cadre de la société de l’information. Il s’agit ainsi d’améliorer « l’accès au patrimoine scientifique et culturel européen ». 

Autres articles:

Le site Internet « Europeanaexternal », lancé hier par le président de la Commission José Manuel Barroso et par la ministre française de la Culture et de la communication Christine Albanel, donne accès à des centaines de milliers d’ouvrages, dont de nombreux livres rares voire épuisés. Il cherche à fournir un point d’accès commun aux ressources numérisées d’Europe. 

Au total, quelque deux millions de « numérisations d’objets » en provenance des 27 Etats membres ont été mises en ligne en plus de l’offre livresque, notamment des tableaux, de la musique, des cartes, des manuscrits et des journaux. Si la Commission estime que la quantité initiale de contenu en ligne est respectable, elle a toutefois reconnu que certains pays ne disposaient que de matériaux très limités. Le site Internet Europeana est disponible dans l’ensemble des langues de l’UE, à l’exception du maltais et du bulgare, qui seront ajoutés dans les mois à venir, selon la Commission.

Après des débuts prometteurs…

Hier matin, Viviane Reding, commissaire européenne à la Société de l’information et aux médias, a décrit le lancement de succès extraordinaire, indiquant que le site Internet avait reçu au moins dix millions de visites par heure au cours de sa première matinée d’activité. Jamais nous n’aurions imaginé un tel lancement, a-t-elle affirmé. 

… « Europeana » est mis hors ligne

Mais depuis lors, le site a été mis hors ligne après que ses serveurs se sont avérés incapables de faire face à cet intérêt extraordinaire. « Nous faisons tout notre possible pour rouvrir au plus vite Europeana sur une base plus robuste. Le service sera à nouveau disponible à partir de mi-décembre », indique la page d’accueil du site, qui fournit aujourd’hui 21 novembre des liens redirigeant l’utilisateur vers une page de démonstration d’Europeana. 

Martin Selmayr, porte-parole de la Commissaire Reding, a indiqué hier que si le site Europeana avait « planté » juste après son lancement, c’est en raison des trois serveurs du site, incapables de gérer la demande des visiteurs, qui se chiffraient à quelque 10 millions par heure. Il a affirmé qu’à la place, le site avait été relancé sur six serveurs. 

Le défi du contenu

Sur le plus long terme, reste à voir si le portail, qui recevra 2 millions d’euros de financement européen par année sur la période 2009-2011, répondra au défi de fournir suffisamment de contenu. Jusqu’ici, 1 000 institutions culturelles ont promis de fournir du matériel en ligne. 

La commissaire Reding souhaite que le site Internet dispose de dix millions d’objets d’ici 2010, mais cet objectif pourrait être entravé par des questions liées aux droits d’auteur. C’est au détenteur du matériel de décider des éléments à inclure sur le portail, alors qu’il a été demandé aux Etats membres d’installer des portails nationaux qui feront office d’aggrégateurs de contenus pour Europeana. 

De son côté, le président de la Commission José Manuel Barroso a signalé lors du lancement du site qu’Europeana avait le potentiel de modifier la perception de la culture européenne. A son avis, il sera ainsi plus facile pour les Européens de prendre conscience de leur passé et de leur identité européenne commune. 

Par ailleurs, cette initiative permettra au reste du monde de se rendre compte des contributions considérables de l’Europe à la littérature, aux arts, à la politique, à l’histoire, à la science, à l’architecture, à la musique et au cinéma, tout en préservant l’héritage culturel européen pour les générations à venir, a indiqué M. Barroso. 

Favorable à l’industrie

Saluant le lancement d’Europeana, Santiago de la Mora, responsable des partenariats européens auprès du géant de la recherche Internet Google, a estimé que plus les projets de ce type sont nombreux, plus les lecteurs et les chercheurs du monde entier pourront consulter facilement des ouvrages et d’autres matériaux qui sont actuellement dispersés aux quatre coins du globe et difficilement accessibles. 

Le mois dernier, Google lui-même a d’ailleurs réglé les plaintes formulées par des éditeurs américains à propos des questions de droits d’auteur liées à son site Recherche de Livres. Google espère qu’Europeana complétera sa propre plateforme. 

L’entreprise estime que le projet Recherche de Livres, qui présente plus de sept millions d’ouvrages en version intégrale, créera de nouveaux marchés pour les livres épuisés. 

Positions:

Décrivant Europeana comme une porte ouverte numérique vers la glorieuse diversité de la culture européenne, le président de la Commission José Manuel Barroso a indiqué que le site Internet pourrait gagner de l’importance au cours des prochaines années en poursuivant son développement. 

Il a en outre déclaré : « Avec Europeana, nous concilions l'avantage concurrentiel détenu par l'Europe dans les technologies de communication et de réseau avec la richesse de notre patrimoine culturel. Les Européens auront maintenant la possibilité d’accéder rapidement et facilement, sur un espace unique aux formidables ressources de nos grandes collections. […] Imaginez seulement les possibilités qu'elle offre aux étudiants, aux amateurs d’art ou aux chercheurs pour accéder en ligne aux trésors culturels des États membres, les regrouper et les étudier. Il est ainsi démontré avec force que la culture est au cœur de l'intégration européenne ».

«Europeana nous fait voyager dans le temps, traverser les frontières et découvrir des idées nouvelles sur ce qu'est notre culture. Plus encore, elle reliera les gens à leur Histoire et, grâce aux pages et aux outils interactifs, elle créera un lien entre eux», a déclaré Viviane Reding, commissaire chargée de la société de l’information et des médias. Elle a également appelé « les institutions culturelles, les maisons d’édition et les entreprises technologiques d’Europe à poursuivre l’approvisionnement d’Europeana en ressources au format numérique ».

Exprimant l’espoir que European contribuera à « renforcer l’expression d’une véritable identité européenne », l’eurodéputée française du centre-droit Marie-Hélène Descamps (PPE-DE), rapporteur du Parlement sur la bibliothèque numérique européenne, a déclaré que ce service « permet l’accès de tous les publics au patrimoine culturel européen, mais également sa diffusion au-delà de nos frontières et sa préservation pour les générations à venir ».

Elle a toutefois prévenu qu’il est « indispensable » d’assurer que la numérisation, le téléchargement et la mise en mémoire de « ce patrimoine si riche et si divers » se fassent dans le « strict respect des droits d'auteur ». 

Elisabeth Niggemann, directrice générale de la bibliothèque nationale allemande et présidente de la fondation pour la bibliothèque numérique européenne – l'organisme derrière Europeana – a ajouté : « Europeana rend les organismes culturels plus attractifs aux yeux de la génération du web 2.0 qui désire pouvoir en même temps lire des textes, visionner des films, écouter des sons et regarder des images sans se déplacer. En offrant aux jeunes un support multimédia complet, nous les relierons à la culture passée et actuelle de l’Europe».

Les projets de numérisation comme Europeana envoient un message clair : les auteurs, les éditeurs, les bibliothèques et les entreprises du secteur des technologies peuvent travailler ensemble pour démocratiser l’accès à la connaissance collective mondiale, a indiqué Santiago de la Mora, chargé des partenariats européens pour le géant de la recherche Internet Google.

« Alors que nous poursuivons le développement de Google Recherche de Livres, nous sommes impatients de trouver de nouvelles façons de collaborer avec des initiatives telles qu'Europeana et de prendre part à ce qui pourrait être le plus grand bond technologique pour le partage de la connaissance depuis que Gutenberg a inventé l'imprimerie », a affirmé Santiago de la Mora. 

Prochaines étapes:

  • Mi-déc. 2008 : lancement d’une version plus robuste d’Europeana.

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