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Buzek pris dans une controverse israélienne sur l’Holocauste [FR]

Publié 27 janvier 2010
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Buzek communists Israel
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Jerzy Buzek, président du Parlement européen, a été critiqué par des intellectuels israéliens hier (26 janvier) pour avoir comparé le génocide nazi à l’oppression communiste en amont de la journée de la mémoire de l’Holocauste à Auschwitz. 

Il est inenvisageable, lors de la cérémonie d’Auschwitz, qu’on assiste à un discours donné par un président du Parlement qui prend des initiatives visant à effacer et offusquer l’Holocauste, a dit Shimon Samuels, directeur des relations internationales du Centre Simon-Wiesenthal, d’après le quotidien israélien Haaretz.

Efraim Zuroff, qui dirige le bureau du centre en Israël, a dit que la déclaration de M. Buzek était issue de la volonté de créer une infrastructure historique et intellectuelle afin de minimiser voire supprimer le statut de la Shoah comme cas unique de génocide.

Le professeur Yehuda Bauer de l’Université hébraïque considère que la comparaison de M. Buzek fait partie d’une campagne de marginalisation de l’Holocauste.

Les critiques ont été formulées en amont du discours de M. Buzek à Auschwitz-Birkenau, qui sera prononcé à l’occasion du 65ème anniversaire de la libération du camp aujourd’hui (27 janvier).

Le site, établi dans la ville polonaise d’ Oświęcim, était le plus grand camp d’extermination de la Seconde guerre mondiale. Environ 1,1 million de personnes y sont mortes, dont 90% de Juifs.

Des hommes politiques de haut rang de différents pays, y compris le président polonais Lech Kaczyński, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et environ 200 membres du Parlement européen et des parlements nationaux sont attendus à la cérémonie.

Les critiques ont dit que M. Buzek n’avait apparemment pas tenu compte du fait que dans de nombreux pays européens les communistes étaient aux premières loges du combat contre le fascisme. Le centre gauche européen a appelé à une lecture plus nuancée de l’histoire et a dénoncé les « talibans » du centre droit européen, qui, selon eux, étaient bien plus motivés par l’idéologie que par le bon sens.

Dans une déclaration communiquée en amont de la commémoration d’Auschwitz, M. Buzek semble prévenir les attaques potentielles en mettant en avant le caractère unique de l’Holocauste.

Le Shoah est un événement unique et c’est le cas le plus tragique de génocide dans l’histoire de l’humanité, a-t-il déclaré, ajoutant : se souvenir d’Auschwitz et faire en sorte qu’une tragédie de même type ne se reproduise jamais dans le futur fait partie de la responsabilité de chaque homme politique européen.

M. Buzek a été le premier parmi les premiers ministres polonais à participer à la Marche des Vivants à Auschwitz en 1998, aux côtés de Benjamin Netanyahu, premier ministre israélien, qui est revenu au pouvoir depuis.

Par ailleurs, M. Buzek souhaite que le souvenir d’Auschwitz-Birkenau fasse partie des points forts de son mandat de deux ans et demi, a confié une source polonaise du Parlement européen à EurActiv.

Réactions : 

Dans un discours sur la journée de la mémoire de l’Holocauste, le vice-président de la Commission européenne Jacques Barrot a déclaré : nous avons le devoir de nous souvenir des pertes humaines et de la souffrance causées par ce crime sans précédent dans l’histoire. Cet héritage doit être transmis aux générations futures.

Le souvenir de la Shoah doit renforcer notre détermination à nous battre, dans le monde d’aujourd’hui, contre le phénomène qui quelques décennies plus tôt à conduit le monde dans le gouffre de l’Holocauste, a dit  M. Barrot, ajoutant que les données rassemblées par l’Agence des droits fondamentaux, les institutions des Etats membres et la société civile confirment que l’anti-sémitisme, le racisme, la xénophobie tout comme d’autres formes d’intolérance telles que l’homophobie n’ont pas disparu d’Europe.

 Je rappelle aujourd’hui que la Commission européenne rejette strictement ce phénomène répugnant. Il n’y a pas de place pour lui dans l’UE, ni nulle part ailleurs dans le monde, a conclu M. Barrot.

Le président du Parlement européen Jerzy Buzek a affirmé dans une déclaration : toutes les générations doivent se souvenir de ce qui s’est passé à Auschwitz-Birkenau, nous ne devons jamais l’oublier. La Shoah est un événement unique et c’est le cas le plus tragique de génocide dans l’histoire de l’humanité, a-t-il déclaré, ajoutant : se souvenir d’Auschwitz et faire en sorte qu’une tragédie de même type ne se reproduise jamais dans le futur relève de la responsabilité de chaque homme politique européen.

Appelant l’Europe à ne pas perde de vue la raison d’être du travail de mémoire et de combattre le racisme croissant et la xénophobie dans les pays européens, y compris l’anti-sémitisme, l’anti-tsiganisme, la discrimination sur la couleur et l’islamophobie, le Réseau européen contre le racisme  a mis en avant le besoin de s’assurer que les leçons tirées de l’Holocauste sont toujours prises en compte à l’heure actuelle.

Le réseau a revendiqué des recherches plus poussées afin de maintenir la mémoire des autres communautés « oubliées » qui ont également été exterminées par les nazis, comme par exemple les tsiganes.

« Plus jamais » : telle est la promesse faite suite à la tragédie de l’Holocauste, mais le climat actuel de l’UE tend à augmenter les manifestations de racisme et de discrimination qui peuvent devenir le point de départ d’un génocide. La hausse des crimes de haine à l’encontre des Roms, la violation des droits de l’homme basics des migrants, l’islamophobie en hausse : ce ne sont que quelques exemples des formes de racisme que nous devons combattre en Europe aujourd’hui, selon Mohammed Aziz, président du réseau européen contre le racisme.

Contexte : 

En avril dernier, le Parlement européen a revendiqué la proclamation du 23 août comme journée européenne de commémoration pour les victimes de tous les régimes autoritaires et totalitaires (EurActiv 03/04/09).

La résolution rappelait que des millions de victimes ont été déportées, emprisonnées, torturées et tuées par les régimes totalitaires et autoritaires durant le 20ème siècle, sans pour autant préciser qui a commis ces crimes.

Il existe déjà une journée internationale du souvenir pour les victimes de l’Holocauste nazi le 27 janvier. Toutefois, les eurodéputés veulent aller plus loin et établir une plate forte européenne de la mémoire et de la conscience en soutien au réseau et à la coopération des instituts de recherche nationaux spécialisés dans l’Histoire totalitaire.

La résolution revendique également la création d’un centre de documentation paneuropéen, ou d’un mémorial pour les victimes des régimes totalitaires.

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