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L’industrie linguistique européenne représente 8,4 milliards d’euros [FR]

Publié 30 novembre 2009
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L’industrie linguistique européenne, qui vaut 8,4 milliards d’euros, devrait croître de 10 % chaque année lors des cinq ans à venir après avoir enregistré l’un des taux de croissance les plus importants de tous les secteurs industriels de l’UE malgré la crise économique, selon une étude commandée par la Commission européenne publiée vendredi dernier (27 novembre).

L’étude sur la taille de l’industrie linguistique de l’UE, première de ce type, a montré que le secteur linguistique de l’Union avait enregistré un chiffre d’affaires de 8,4 milliards d’euros en 2008.

Si la croissance continue sur la même voie, alors l’industrie affichera un chiffre d’affaires entre 16,5 et 20 milliards d’euros d’ici 2015, prédit l’étude, ce qui fera du secteur linguistique l’une des plus importantes industries grandissantes de l’UE.

Le secteur linguistique « moins affecté » par la crise

L’industrie linguistique semble être moins affectée par la crise financière que les autres secteurs industriels, selon le rapport.

Justifiant cette croissance par le fait que l’industrie est différente de ce qu’elle était quelques années avant, le commissaire chargé du Multilinguisme Leonard Orban a affirmé que l’avènement de nouveaux domaines comme le sous-titrage, la localisation et la rédaction ont montré que les professionnels des langues européennes avaient besoin d’acquérir de nouvelles compétences.

La Commission européenne soutient le développement de telles compétences, elle promeut notamment les Masters européens en traduction, ajoute M. Orban.

Le rapport, rédigé par le « Language Technology Centre », une entreprise basée au Royaume-Uni pour le compte de la Commission, a conclu que le marché linguistique devenait de mieux en mieux consolidé parmi les acteurs principaux.

Cependant, les obstacles que l’on peut trouver pour intégrer les domaines de la traduction et de l’interprétation prouvent que le marché est caractérisé par un grand nombre de parties prenantes et une concurrence conséquente, affirme le rapport.

L’étude prête également attention aux effets positifs de la mondialisation, qui nécessitent des traductions et interprétations de nouvelles langues, et de nouveaux services liés à celles-ci.

5,7 milliards d’euros du chiffre d’affaires produit en 2008 est lié à la traduction et à l’interprétation. Cependant, Karl-Johan Lönnroth, directeur général de la DG Traduction de la Commission, a tenu à insister sur le fait que l’industrie linguistique représente plus que simplement traduire et interpréter, et qu’il s’agit également du sous-titrage, de l’éducation, du doublage et des technologies liées aux langues.

En effet, l’étude a englobé la localisation de logiciels, la mondialisation des sites Internet, les outils technologiques pour les langues (568 millions d’euros), l’apprentissage des langues (568 millions d’euros), le sous-titrage et le doublage (633 millions d’euros), les consultations sur les questions linguistiques, l’établissement de services linguistiques dans le milieu des entreprises, et l’organisation de conférences internationales (143 millions), à côté de la traduction et de l’interprétation.

Même au Royaume-Uni, où l’anglais est un outil « lingua franca » de communication, l’industrie linguistique est massive, a dit M. Lönnroth, ajoutant qu’il s’agit d’un secteur en plein essor qui va perdurer, et qui contribue à la croissance économique en général. Avec la mondialisation, l’anglais n’est pas suffisant.

En effet, l’étude a reconnu que beaucoup d’entreprises étrangères, en particulier les PME qui ont des financements limités, sous-estiment les conséquences de la présentation de leurs produits dans la langue des pays auxquels ils s’adressent, ce qui les désavantage par rapport aux concurrents nationaux.

Nous assistons à une mutation de paradigme : les langues sont considérées comme un élément qui dynamise la croissance économique, plutôt qu’un coût supplémentaire, a dit M. Lönnroth, déclarant que l’on ne peut pas vendre son produit si l’on ne parle pas la langue du marché en question.

En attendant, un manque considérable de ressources humaines adéquates conduit les entreprises à devenir des « machines à traduire » pour pouvoir satisfaire leurs besoins, a révélé l’étude, qui présage que ce type d’outils est susceptible d’être beaucoup plus utilisés à l’avenir. 

L’impact positif de l’élargissement

L’étude a montré que la croissance du secteur linguistique était particulièrement impressionnante dans les pays d’Europe de l’est, les multinationales cherchant à s’établir à la suite des élargissements de l’UE de 2004 et 2007.

L’élargissement a conduit les langues d’Europe de l’est à être considérées pour la première fois comme des langues internationales. L’Europe de l’est a également de bonnes compétences linguistiques, et nous assistons à une mutation du secteur linguistique vers cette région, a dit le commissaire Lönnroth.

La Commission européenne utilisera les résultats de l’étude pour améliorer ses méthodes de formation et mettre à jour ses propres données statistiques.

Réactions : 

L’industrie linguistique a à la fois une importance économique et stratégique. Economique, en raison de sa taille, sa résistance à la crise actuelle et surtout son fort potentiel pour l’avenir. Stratégique, car elle est indispensable pour préserver les identités et cultures des peuples et pour s’en sortir dans un monde globalisé, a dit le commissaire chargé du Multilinguisme Leonard Orban, lorsqu’il a commenté les résultats de l’étude.

Lorsqu’il a présenté l’étude à Bruxelles vendredi, Karl-Johan Lönnroth, directeur général de la DG Traduction de la Commission européenne, a dit que l’apprentissage des langues n’était pas seulement un hobby. Il peut permettre d’accéder à toute une série d’emplois, ce qui est évidemment primordial étant donné la crise économique actuelle.

Nous utiliserons ces financements pour améliorer nos bases de données statistiques et améliorer les possibilités de formations, a-t-il ajouté.

Adriane Rinsche de l’entreprise britannique « Language Technology Centre », l’une des responsables de l’étude, a dit que l’industrie linguistique de l’UE était vraisemblablement bien plus importante que le rapport le montre.

Notre évaluation est très prudente. C’est un minimum absolu et nous ne voulions rien surestimer. L’industrie est probablement bien plus importante, a-t-elle dit.

Insistant sur l’importance pour les entreprises de communiquer dans la langue de leurs clients, Mme Rinsche a déclaré : vous êtes complètement en dehors du marché local si vous ne pouvez pas concurrencer les entreprises locales qui utilisent la langue maternelle du pays.

Il est indispensable de s’intéresser activement et de manière visible et de promouvoir l’importance d’être à même de surmonter les barrières linguistiques dans le but d’assurer une réussite économique bien meilleure qu’à l’heure actuelle des entreprises européennes à l’intérieur et à l’extérieur de l’Europe, a conclu l’étude, entreprise par le « Language Technology Centre » pour le compte de la Commission européenne.

Contexte : 

La toute première étude sur la taille de l’industrie linguistique, préparée par l’entreprise britannique le « Language Technology Centre » pour le compte de la Commission, a été révélée à Bruxelles vendredi dernier. 

L’étude - effectuée sur 6 mois et basée sur environ 1000 réponses aux questionnaires envoyés aux associations de professionnels, aux autorités nationales, aux particuliers, aux prestataires de services linguistiques et aux directions linguistiques- comprend des fiches d’informations spécifiques à chaque Etat membre. 

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