La loi a déjà été approuvée par l'Assemblée nationale mais doit toujours être examinée par le Conseil constitutionnel, la plus haute autorité constitutionnelle française. La France serait alors le premier pays européen à interdire la burqa et le niqab.
Toute personne qui contreviendrait à cette loi se verrait attribuer une amende de 150 euros (189 dollars) ou serait forcée de participer à un cours sur la citoyenneté.
" Le voile intégral dissout l'identité d'une personne dans celle d'une communauté", a dit la ministre de la Justice Michele Alliot-Marie avant le vote approuvé à 246 voix contre une. " Il remet en cause le modèle d'intégration à la française, fondé sur l'acceptation des valeurs de notre société ". La plupart des sénateurs de l'opposition se sont abstenus en signe de protestation.
Mme Alliot-Marie a dit que l'interdiction n'avait rien à voir avec la religion. Elle réaffirme les valeurs françaises de l'égalité et de la dignité de tous les individus et empêche les femmes de devenir de simples membres sans visage d'une communauté ethnique plus large.
La communauté musulmane française forte de cinq millions de personnes est la plus grande d'Europe occidentale, mais selon les estimations moins de 2 000 femmes porteraient le voile intégral. De nombreux dirigeants musulmans ont dit qu'ils ne soutenaient ni le voile ni la loi qui l'interdit.
Le projet de loi, qui selon les critiques stigmatise les Musulmans, interdit aux gens de porter, dans un espace public, un habit conçu pour couvrir le visage. La loi devrait entrer en vigueur après une période de six mois qui servira à informer les femmes qui portent le voile intégral de cette nouvelle loi.
L'interdiction gagne du soutien en Europe
Forcer une personne à couvrir son visage serait punissable d'une peine d'un an de prison et d'une amende de 30 000 euros. La loi ne s'applique pas pour carnaval ni pour les événements artistiques.
Le Conseil d'Etat, le plus haut organe de conseil en France, a soulevé la question de la compatibilité de l'interdiction avec la Constitution et avec la Convention européenne des droits de l'homme. Le Conseil de l'Europe a également déclaré que l'interdiction du voile intégral privait les femmes d'un droit fondamental.
La France avait déjà interdit le port du foulard islamique dans les écoles et dans les services public. Les femmes peuvent toute de même le porter dans les universités.
Les mouvements en faveur de l'interdiction de la burqa ont gagné du terrain en Europe. Les sondages en Italie, en Espagne, en Allemagne et au Royaume-Uni indiquent un large soutien.
Le chambre basse du Parlement en Belgique a voté en avril l'interdiction de tout vêtement qui couvre le visage intégralement ou partiellement, mais elle a été dissolue avant qu'un vote final puisse avoir lieu (voir "Background").
L'Espagne, où certaines villes, y compris Barcelone, interdisent le voile intégral dans les bâtiments publics, envisage une interdiction nationale. En Italie, un allié de la coalition du premier ministre Silvio Berlusconi met la pression pour qu'une loi le rende illégal dans le pays.
L'Assemblée nationale française a voté l'interdiction à 335 voix contre une, les socialistes et les verts de l'opposition s'étant également abstenus.
Alerte à la bombe
Le même jour, la Tour Eiffel et une station de métro ont été évacuées suite à une alerte à la bombe, mais les recherches n'ont trouvé aucun explosif, selon la police.
Un porte-parole de la police a dit que l'entreprise qui gère la Tour Eiffel avait reçu un appel anonyme à 20h30 environ (heure locale), affirmant qu'une bombe avait été posée là-bas.
Des unités spéciales se sont rendues sur le site et ont inspecté toute la structure, et rien n'a été trouvé. Environ 2 000 personnes ont été évacuées du périmètre, a expliqué le porte-parole.
Un autre appel anonyme d'alerte à la bombe a déclenché la panique à la station de RER Saint Michel, qui a été temporairement évacuée, a dit le porte-parole.
C'est dans cette station qu'une bombe revendiquée par le Groupe islamique armé d'Algérie en 1995 a tué huit personnes et en a blessé 80.
La police française était particulièrement vigilante en raison de la date anniversaire des attaques du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. La presse a également rapporté que la police avait pris les alertes au sérieux en raison de l'interdiction de la burqa.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv.)




