Mme Grybauskaitė a été invitée par son homologue polonais, Bronisław Komorowski, tout comme les chefs d'Etat letton et estonien, pour discuter de l'adoption d'une position commune en amont du sommet de l'OTAN qui se tiendra à Chicago les 20 et 21 mai prochains.
Mme Grybauskaitė a toutefois déclaré qu'elle ne voyait pas l'utilité de participer à cette réunion, dans la mesure où elle avait déjà abordé la question du sommet de l'OTAN avec les présidents polonais et letton.
« Les questions liées à la préparation du sommet de l'OTAN ont déjà été abordées avec le président polonais et le président letton », a-t-elle expliqué.
La presse a plutôt interprété ce refus comme un signe de la détérioration des relations entre la Lituanie et la Pologne après que Varsovie a contesté les modifications de la politique de l'éducation lettonne qui restreignent l'accès à l'apprentissage de la langue polonaise.
Joanna Trzaska-Wieczorek, la porte-parole de la présidence polonaise, a déclaré que M. Komorowski avait à regret dû accepter la décision de Mme Grybauskaitė. M. Komorowski avait espéré pouvoir discuter avec elle des éléments qui avaient émergé lors de la réunion de mardi, a-t-elle ajouté.
Selon les observateurs, la décision de la présidente lituanienne risque de détériorer les relations bilatérales, qui ne sont déjà pas au beau fixe, et aura un impact négatif sur l'image de la Lituanie.
Le politologue Kęstutis Girnius, cité dans le journal Lietuvos Rytas, a expliqué que son refus de participer à cette réunion ne ferait que renforcer la réputation de « partenaire capricieux » que traîne déjà le pays.
Ramunas Vilpiszauskas, un autre politologue, a qualifié la décision de la dirigeante lituanienne d'incompréhensible et injustifiée.
« En se comportant de la sorte, la Lituanie ne contribue pas au développement de relations bilatérales constructives », a-t-il expliqué, lui aussi cité dans Lietuvos Rytas.
Le vice-président du parlement lituanien, Česlovas Juršėnas, a quant à lui déclaré que Mme Grybauskaitė avait juste fait preuve de caractère. Il a rappelé que le ministre polonais des affaires étrangères, Radosław Sikorski, avait affirmé qu'il ne se rendrait plus en Lituanie « tant que certaines choses ne seraient pas réglées ».
« C'est du chantage », a affirmé M. Juršėnas concernant les propos de M. Sikorski.

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