Une bonne politique linguistique en entreprise implique de recruter des personnes qui parlent plus d'une langue et de récompenser les employés qui suivent des cours de langues, a expliqué M. Hope, qui dirige les bureaux européens du British Council à Bruxelles.
Mais ça ne s'arrête pas là, a expliqué M. Hope, qui affirme que les entreprises qui « s'en sortiront le mieux » aux XXIe et XXIIe siècles seront celles qui penseront « de manière stratégique » aux langues dont elles auront besoin pour commercer avec les autres pays.
« L'anglais n'est pas suffisant, car si vous souhaitez faire des affaires avec la Russie, par exemple, n'utiliser que l'anglais comme langue de communication ne permettra pas de construire des relations solides », a déclaré M. Hope, qui parle couramment le russe. « Le but de l'apprentissage des langues n'est pas d'effectuer des transactions, c'est de construire des relations et de comprendre une culture différente de la nôtre ».
Si vous parlez la langue d'hommes d'affaires étrangers, vous montrez que vous êtes intéressé par la culture de leur pays, ce qui permet de construire une relation de confiance, a-t-il ajouté. Mais la connaissance d'une langue vous permettra également de comprendre la mentalité d'un peuple, un avantage précieux quand on sait que la promotion et la vente d'un produit se résume à la « compréhension de ce que pensent les gens ».
« Bien entendu, nous [le British Council] sommes favorables à la langue anglaise et nous pensons que la communication en anglais a contribué à une meilleure compréhension entre les peuples de différents pays », a-t-il précisé.
Toutefois, même si la langue de Shakespeare est un outil, « elle ne permet que de faire une partie du chemin vers la compréhension interculturelle et la construction d'une relation à part entière. Il faut apprendre la langue de l'autre, et pas seulement l'anglais », a insisté M. Hope.
Révision de la stratégie européenne sur le multilinguisme en 2012
M. Hope est le directeur de Language Rich Europe (LRE), un projet qui examine l'avancée des pays de l'UE depuis l'adoption des conclusions du Conseil de l'UE relatives au multilinguisme en 2008, qui définissent des recommandations claires à l'intention des Etats membres et de la Commission européenne en la matière.
La communication de la Commission sur le multilinguisme, qui établit un cadre politique intersectoriel pour la politique de l'UE en matière de multilinguisme, remonte également à 2008, mais devrait être réexaminée l'an prochain.
Afin de contribuer au réexamen de 2012, le projet LRE examine également les politiques linguistiques des entreprises, des services publics et des médias.
Language Rich Europe
M. Hope a expliqué que le « rich » dans le Language Rich Europe avait une double signification : tout d'abord, l'Europe est riche de ses langues et de ses cultures, mais elle est également riche dans la mesure où si tout le monde apprenait les langues, ce serait bénéfique pour l'économie européenne, car cela permettrait de commercer davantage.
Ce consortium de partenaires a développé « un questionnaire plutôt détaillé qui sert d'outil aux Etats membres pour leur auto-évaluation », a-t-il expliqué, soulignant que grâce à ce système, les pays pourraient s'améliorer et combler leurs lacunes.
Un « méta-indicateur global » permettra de découvrir l'ampleur des bases de données nationales sur la diversité linguistique, a-t-il précisé. Ces bases de données comprennent les différentes langues parlées dans un pays et le nombre de locuteurs, ce qui revêt une importance particulière dans l'élaboration de politiques linguistiques efficaces et dans l'organisation des services dans toutes les sociétés, a insisté M. Hope.
Parmi les sujets abordés par le consortium se trouvent le soutien aux étudiants qui apprennent une langue étrangère et la mesure dans laquelle ils sont encouragés à apprendre des langues étrangères à l'école.
Le LRE tente également de déterminer si les médias nationaux sont ouverts au multilinguisme, s'il existe des programmes télévisés ou des journaux en langues étrangères ou régionales, et si les films étrangers sont sous-titrés ou doublés, a expliqué M. Hope.
Néanmoins, « nous ne voulons pas que cette étude se transforme en un classement, donne lieu à une compétition », a insisté M. Hope. « Notre étude donne juste une idée des efforts réalisés par les différents pays pour le développement de politiques et de pratiques qui reconnaissent et soutiennent le multilinguisme », a-t-il ajouté.
« Nous espérions que cette initiative aboutira à une plus grande sensibilisation et à certains changements politiques ».
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