Le projet de loi a été approuvé par la chambre basse du Parlement et a reçu le soutien de tous les principaux partis politiques des deux côtés de la frontière linguistique du pays.
Le vote s'est révélé être une rare démonstration d'unité dans ce pays divisé, dont le premier ministre a démissionné il y a quelques jours seulement en raison d'un différend entre les communautés néerlandophone et francophone sur la démarcation des frontières électorales aux alentours de la capitale, Bruxelles, qui est située en Flandres (EurActiv 27/04/10).
136 des 138 députés présents ont voté l'interdiction du voile.
L'interdiction s'appliquera aux vêtements qui cachent entièrement le visage d'une personne et concernera tous les espaces publics, ce qui signifie non seulement les écoles et les administrations publiques mais aussi les parcs et les chaussées.
Les sanctions pour le port de tels voiles en public varieront d'une amende de 150 euros pour une femme vue en train de porter le voile à 15 000 euros et jusqu'à un an de prison pour ceux qui forcent une femme à le porter.
D'après ses partisans, la loi vise à promouvoir les droits des femmes et à empêcher une division entre la communauté musulmane et le reste de la société belge.
Cependant, la plupart des musulmans belges considèrent cette mesure comme discriminatoire et ont le sentiment que toute la communauté est stigmatisée, et pas seulement le tout petit nombre de femmes qui portent la burqa.
Les critiques soutiennent que cette mesure pourrait violer le droit de l'UE sur la liberté d'expression et ils affirment la loi pourrait faire l'objet d'un recours devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme.
Vote du Sénat
Le vote du Sénat est considéré comme une simple formalité, mais la Belgique n'aura bientôt plus de Parlement - les deux chambres de l'assemblée devraient être dissolues la semaine prochaine - et on ne sait pas quand le prochain parlement prêtera serment.
D'autres critiques s'inquiètent de voir l'initiative d'interdiction de la burqa en Belgique faire partie d'une tendance plus générale illustrant un sentiment anti-musulman à travers l'Europe.
En France, le président Nicolas Sarkozy a dit qu'il mettrait en place l'interdiction de la burqa, qui pourrait entrer en vigueur cet été. En Suisse, les électeurs ont récemment soutenu une interdiction visant les minarets. D'autres pays comme les Pays-Bas, le Danemark et la Pologne ont vu leurs partis anti-musulmans recevoir un soutien croissant ces dernières années.




