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Musée sur les expulsions : Allemagne et Pologne sur la voie de l'apaisement

Publié 12 février 2010 - Mis à jour 15 février 2010
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Une alliée d'Angela Merkel vilipendée en Pologne pour apologie nazie a déclaré qu'elle renoncerait à son siège dans le conseil d'administration du musée sur les expulsions d'après guerre d'Allemands d'Europe de l'est, une décision qui devrait apaiser un différend épineux entre Berlin et Varsovie.

Le premier ministre polonais Donald Tusk a personnellement fait du lobby auprès de Mme Merkel pour qu’elle ne soutienne plus Erika Steinbach. Un magazine polonais l'a caricaturée dans un uniforme nazi.

Le différendconcernant Mme Steinbach, directrice du Bloc des réfugiés, a également causé des divisions au sein de la coalition conservatrice de Mme Merkel avec le Parti démocrate libéral.

Le gouvernement allemand a trouvé hier (11 février) un compromis avec le Bloc, qui représente les intérêts de 12,5 millions d'Allemands expulsés de Pologne et d'autres parties de l'Europe de l'est après la défaite des nazis pendant la Seconde guerre mondiale.

Mme Steinbach, députée importante du parti de Mme Merkel, est une personnalité haïe en Pologne en raison de sa vigoureuse promotion des intérêts des expulsés et de sa décision de voter à l'encontre de la reconnaissance des frontières entre l'Allemagne et la Pologne au début des années 1990.

Après la guerre, les frontières polonaises ont été déplacées à l'ouest par un traité international et les communautés allemandes ont été forcées de quitter leurs domiciles en Pologne, en Hongrie et dans ce qui était alors la Tchécoslovaquie.

Les Polonais expliquent qu'ils craignent qu'on essaie de présenter les Allemands comme des victimes de la guerre qu'ils ont déclenchée et que le nouveau musée ne donne une version biaisée.

Mme Steinbach a dit qu'elle était contente de se tenir à l'écart de la fonction au musée, et que d’autres demandes de son Bloc avaient été satisfaites.

Je n'accepterai certainement pas d'être nommée maintenant, a dit Mme Steinbach aux journalistes. Je suis très contente de ce que nous avons réussi à faire. Il n'y a ni gagnants ni perdants.

D'après ce compromis, le Bundestag (chambre basse du Parlement) aura le droit d'apposer son veto au conseil d'administration du musée, ce qui n'est pas le cas du cabinet allemand.

La ligue obtiendra plus de sièges au conseil d'administration et le musée va s'agrandir. Le Parlement doit voter la loi pour approuver les nouveaux projets.

Le chef du parti démocrate Guido Westerwelle, qui s'était opposé à la nomination prévue de Mme Steinbach car il voulait éviter d’enflammer Varsovie, a dit qu'il était content de l'accord.

Le fait que le Parlement allemand choisisse les membres du conseil d'administration du musée garantit le respect des intérêts de notre politique étrangère et assure la transparence, a dit M. Westerwelle dans une déclaration.

Le conflit a été un casse-tête pour Mme Merkel car Mme Steinbach a de l'influence sur un grand nombre de ses démocrates-chrétiens conservateurs.

(EurActiv avec Reuters, traduit de l'anglais par EurActiv.)

Réactions : 

Le ministre polonais des affaires étrangères Radosław Sikorski a dit que le compromis marquait une bonne journée pour les relations entre l'Allemagne et la Pologne.

La création d'un musée est une initiative allemande sur laquelle nous avons des réserves, mais le fait que Mme Steinbach ne fasse pas partie du conseil d'administration crée l'espoir que cette institution agira en accord avec ses objectifs affichés de réconciliation germano-polonaise, a relevé l'AFP.

Le ministre des affaires étrangères allemand Guido Westerwelle a affirmé dans une déclaration que l'accord tenait compte des inquiétudes de politique étrangère.

Keen to diffuse tensions: Merkel
Contexte : 

En avril 2009, le Parlement européen a appelé à ce que le 23 août soit proclamé journée européenne de commémoration des victimes des régimes totalitaires et autoritaires (EurActiv 03/04/09).

La résolution met en avant que des millions de victimes ont été déportées, emprisonnées, torturées et tuées par les régimes totalitaires et autoritaires pendant le 20ème siècle en Europe, sans tenir compte de qui a commis le crime.

La résolution appelle également à la création d'un centre de documentation ou mémorial paneuropéen pour les victimes de tous les régimes totalitaires.

Le mois dernier, les hommes politiques de haut rang de pays différents, y compris le président polonais Lech Kaczyński, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et environ 200 membres du Parlement européen et des parlements nationaux se sont rendus à des cérémonies marquant la journée de la Shoah (EurActiv 27/01/10).

Le président du Parlement européen Jerzy Buzek, de nationalité polonaise, s'est vu attaquer par des intellectuels israéliens pour avoir comparé le génocide nazi avec l'oppression communiste en amont de la commémoration d'Auschwitz (EurActiv 27/01/10).

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