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9 novembre 2009
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L’UE intervient pour contrer le manque d’interprètes vers l’anglais [FR][en][de

Publié: mercredi 18 février 2009   

Confrontée à une « crise de succession » au sein de son département des langues, la Commission européenne va dévoiler demain (19 février) une campagne de sensibilisation visant à encourager les jeunes à envisager une carrière dans les langues et à faire de l’anglais une langue moins rare.

Contexte:

Les institutions européennes dépensent près d’un milliard d’euros pour la traduction et l’interprétation, soit près d’1% du budget de l’UE ou 2,50 euros par citoyen. 72 % des documents européens sont rédigés à l’origine en anglais, 12 % en français et seulement 3 % en allemand. De plus, 88 % des utilisateurs du site Internet de la Commission, Europa, parlent anglais, selon les chiffres de l’exécutif européen.

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Craignant que les institutions européennes ne soient confrontées à un manque crucial d’interprètes de langue anglaise d’ici à 2015, la Commission cherche à stimuler l’apprentissage des langues par les jeunes pour garantir la présence d’une équipe complète d’interprètes lors des rencontres européennes multilingues lorsque la majorité de l’équipe actuelle partira à la retraite. 

La campagne, qui suit des systèmes similaires à ceux adoptés par la direction interprétation de l’exécutif européen en République tchèque et en Lettonie, inclut une vidéo pour promouvoir la profession d’interprète au Royaume-Uni.  

Dans l’espoir de faire de l’anglais une langue moins rare, la Commission se servira également de plates-formes en ligne pour entrer en contact avec les éventuels futurs linguistes des services linguistiques de l’UE. Nous devons nous assurer que les jeunes européens ont conscience que l’apprentissage des langues peut être important pour une future carrière et que les institutions offrent une diversité d’emplois pour d’excellents linguistes, a déclaré l’exécutif européen. 

L’éducation reste une compétence nationale dans l’UE. En effet, un représentant a reconnu que « la Commission ne peut pas décider des politiques nationales ». Il a toutefois souligné le besoin de trouver « un moyen d’encourager les personnes qui apprennent d’autres langues » malgré la prépondérance de l’anglais, en particulier si des pays comme le Royaume-Uni souhaitent rester compétitifs. 

Au titre des mesures concrètes qui pourraient être prises par la Commission, il a notamment proposé de promouvoir les masters européens en interprétation et d’informer les jeunes du fait qu’il existe au Royaume-Uni des post-graduats formant à l’interprétation de conférence.

Des telles formations sont offertes par les universités de Heriot-Watt, de Bath, de Newcastle, de Leeds, et de Salford, entre autres, a-t-il ajouté. 

Si elles n’agissent pas, les institutions européennes vont perdre au moins un tiers de leurs interprètes de langue anglaise avant 2015 en raison des départs en retraite, selon l’exécutif européen. Parmi les problèmes rencontrés par les institutions européennes, l’exécutif européen souligne la pénurie mondiale d’interprètes de langue anglaise et les efforts de recrutement des concurrents, tels que l’ONU et la Banque mondiale. 

Un autre problème est le manque de remplaçants compétents aux départs à la retraite. Grâce à la formation continue, les interprètes qui partent à la retraite parlent plus de langues que leurs jeunes remplaçants, selon l’exécutif européen. 

La campagne britannique de la Commission devrait être réitérée dans l’année pour le français et l’allemand.

Positions:

Dans The Economist de cette semaine, l’universitaire belge Philippe van Parijs, de l’Université catholique de Louvain, a prédit que les Européens deviendront bilingues, à l’exception des anglophones, qui tendent à devenir monolingues. 

M. Van Parijs a relevé que lors des réunions européennes, les intervenants choisissent automatiquement la langue qui exclut le moins de personnes et qui est, même a minima, comprise de tous. Cette langue est presque toujours l’anglais, a-t-il ajouté. 
Mais la prédominance de l’anglais entraîne son lot de problèmes, selon le professeur. 

A Bruxelles, on sait bien que les personnes qui ne sont pas de langue maternelle anglaise comprennent difficilement leurs collègues anglophones, car ils parlent trop rapidement et utilisent des expressions nébuleuses, a expliqué M. Van Parijs à The Economist.

Prochaines étapes:

  • Dans l’année : la campagne britannique de la Commission devrait être réitérée pour le français et l’allemand.

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