Les ministres européens des affaires étrangères évalueront la situation au Mali à la suite de l'envoi de troupes françaises vendredi en vue de déloger les rebelles islamistes du nord du pays.
Plusieurs pays ont déjà apporté un soutien logistique aux opérations militaires françaises. Le Royaume-Uni a envoyé deux avions de transport C-17 alors que la Belgique a déployé deux avions de transport C-130 « Hercules » et deux hélicoptères pour des missions d'évacuation médicale. L'Allemagne s'est engagée à fournir une aide médicale et logistique.
Aucun autre engagement n'est attendu lors de cette réunion. Les ministres européens se concentreront sur l'accélération de la mission de formation des forces maliennes, prévue depuis longtemps par l'UE, et sur le soutien aux troupes africaines qui devraient être déployées dans le nord du Mali au cours de cette année.
La mission de formation, dont le lancement était initialement prévu à la fin du mois de février, pourrait être avancée et débuter à la mi-février, selon des diplomates.
Feuille de route vers une stabilisation politique
Outre les dimensions militaires à court terme, l'UE se focalisera sur son rôle à long terme dans la stabilisation politique du pays.
Le ministre des affaires étrangères du Mali, Tieman Hubert Coulibaly, rejoindra ses homologues européens à Bruxelles pour « un échange de points de vue » sur la situation politique.
« Nous souhaitons garantir que, malgré un besoin urgent d'aborder la situation relative à la sécurité, nous ne perdons pas de vue la stabilité politique renforcée à long terme qui doit être mise en place au Mali », a déclaré un haut fonctionnaire britannique à Bruxelles.
« Nous devons donc à la fois aborder le long terme et le court terme. »
Selon des diplomates, les ministres européens des affaires étrangères demanderont à M. Coulibaly de faire le point sur une « feuille de route politique » destinée à restaurer l'ordre constitutionnel du Mali et à conduire le pays vers des élections démocratiques.
Un diplomate haut placé a affirmé : « Ce n'est pas un secret que le processus politique et la feuille de route vers des élections ne se sont pas déroulés comme nous le souhaitions au Mali. Je suppose que cela donnera lieu à un échange assez musclé à ce sujet. Nous souhaitons qu'ils présentent une feuille de route sur les dates auxquelles ils organiseront des élections et restaureront l'ordre constitutionnel. »
Gel de l’aide
Quelque 150 millions d'euros de fonds d'aide au développement ont été gelés quand les djihadistes ont pris le contrôle de la partie nord du pays en mars 2012. Il en allait de même pour les 90 millions d'euros destinés au soutien direct à l'État.
Ces montants pourront être libérés petit à petit s'il existe un engagement vers un processus de réforme démocratique des élections, selon des diplomates.
« Si vous voulez que l'UE investisse des montants conséquents d'argent, vous devez alors montrer un engagement vers un processus de réforme démocratique des élections. La décision difficile pour nous serait de savoir à quel point nous sommes prêts à supporter des risques en soutenant un État qui a besoin de toute urgence d'aide humanitaire, mais qui ne respecte pas réellement les critères en termes de démocratisation. »
Outre l’aide au développement, l'UE s'est engagée à allouer 82 millions d'euros d'aide humanitaire au Mali en 2013.
Les commissaires Andris Piebalgs et Kristalina Georgieva respectivement en charge du développement et de l'aide humanitaire assisteront également à la réunion à Bruxelles.





