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Mettre une annonceA l'occasion du lancement de la Semaine verte ('Green Week'), l'ancien président tchèque Vaclav Havel a fait un plaidoyer émouvant pour que l'humanité reste humble face à la nature. Le directeur de l'OMC, Pascal Lamy, a pour sa part clairement évoqué les tensions entre les règles relatives au commerce international et la protection de la biodiversité.
Une série de conférences organisée à Bruxelles cette semaine tentera d'établir comment l'Europe peut atteindre l'objectif de mettre un terme à l'érosion de la biodiversité d'ici 2010.
La Commission européenne a présenté le 22 mai 2006 un nouveau plan d'action sur la biodiversité, le cinquième du genre depuis la décision par les chefs d'état et de gouvernement européens en 2001 de mettre un terme à l'érosion de la biodiversité d'ici 2010. Il identifie quatre principaux domaines d'action et 10 objectifs prioritaires par rapport à ces derniers (voir EurActiv, 23 mai 2006).
S'exprimant lors de la séance d'ouverture de la Semaine verte (Green Week) annuelle de la Commission, l'ancien président tchèque Vaclav Havel a déclaré que la façon dont les humains exploitaient les ressources de la planète était un manque de respect pour la nature.
"Le monde est un grand mystère, nous devons l'aborder avec humilité," a-t-il déclaré à un public d'eurocrates, de lobbyistes professionnels et d'activistes d'ONG. Il a ensuite remis ouvertement en cause les fondations de la croissance économique. "Il n'est pas judicieux de croire que la croissance est quelquechose qui peut durer pour toujours," a-t-il indiqué, faisant référence à une idée lancée par le Club de Rome dans un rapport de 1972 intitulé "Les limites à la croissance
".
"Ce n'est pas juste une question de philosophie, c'est très réaliste," a-t-il poursuivi, évoquant l'expansion urbaine, les taux de criminalité en hausse et le sentiment général d'aliénation associée à la vie moderne.
Il a également remis en cause le fait que les gouvernements doivent établir des ministères de l'environnement, ne voyant pas pourquoi un ministère en particulier devrait traiter de "la nature et de la bienséance."Je pense que la bienséance doit être le principe directeur de tous les ministères."
Dans une vidéo en direct, le directeur de l'OMC et ancien commissaire en charge du commerce, Pascal Lamy, a déclaré qu'il "ne faisait aucun doute que les pays pouvaient et devaient faire plus" pour améliorer la protection de la biodiversité dans leurs relations de commerce international.
Il a déclaré au sujet de la Convention des Nations Unies sur la biodiversité (CBD) : "Nous savons tous deux que nous avons un léger problème du fait que les [règles et objectifs de] l'OMC et [de] la CBD ne sont pas les mêmes." Il a reconnu qu'il existe actuellement un clivage entre les pays qui souhaitent un accord sur la biodiversité et ceux qui estiment que les règles de l'OMC ne doivent pas être modifiées.
Pascal Lamy a précisé que trouver un consensus international sur ces questions "n'était pas chose aisée," car les décisions de l'OMC doivent être prises à l'unanimité. Les initiatives prises par certaines entreprises pharmaceutiques pour accéder aux richesses animales et végétales des pays en développement et les exploiter sont entre autres à l'origine des tensions actuelles. Quelque soit le résultat de ces débats, les règles de propriété intellectuelle doivent, selon Pascal Lamy, servir à protéger la biodiversité. "Notre charte fait du développement durable l'un des objectifs suprêmes de l'OMC," a-t-il rappelé.
Il a cependant ajouté qu'il fallait être "juste, france et lucide" sur la capacité d'organisations internationales comme l'UE ou l'OMC à relever les défis liés à l'environnement avec des intérêts nationaux. Les Etats-nations restent en effet les principaux détenteurs de la légitimité politique sans laquelle aucun progrès ne peut être réalisé.
Achim Steiner, le nouveau directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), estime que la protection de la biodiversité est une question environnementale qui ne doit pas être traitée comme une question commerciale.
Selon Bernard Tramier, directeur de la Fondation d'entreprise Total pour la biodiversité et la mer, le plus difficile pour les compagnie pétrolières est de trouver un équilibre entre les besoins d'approvisionnement en pétrole et la protection de la faune et de la flore. M. Tramier a précisé que Total aidait les scientifiques à renforcer leur connaissance de la faune et de la flore abyssales en associant l'Union mondiale pour la nature (UICN) à son système d'extraction et d'exploitation pétrolières offshore.
Alain Hubert, explorateur et co-fondateur de la Fondation polaire internationale, a expliqué l'impact du changement climatique sur la biodiversité dans les régions polaires. Selon lui, la faune dans ces régions (comme l'ours polaire) est très dépendante du plancton, qui est à la base de la pyramide alimentaire. Hors la hausse globale des températures augmente l'acidification des océans, mettant en péril la vie du plancton.