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Le changement climatique devient prioritaire pour Bruxelles [FR]

Publié 13 novembre 2006
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Les questions du changement climatique et de l'énergie figurent désormais au rang des priorités de l'agenda politique de l'UE, comme l'ont montré les nombreuses conférences tenues à Bruxelles la semaine dernière.

Une conférence organisée par Friends of Europe, intitulée "Energy Europe", s'est penchée sur ces deux défis que sont l'approvisionnement énergétique et le changement climatique. Dans son discours-programme, le commissaire à l'environnement, Stavros Dimas, a promis d'examiner avec fermeté les plans nationaux d'allocation pour la seconde phase du système ETS dans les prochaines semaines. Il a prévenu : " Je ne permettrai pas que l'ETS souffre de l'attitude d'autorités irresponsables".

Lors de la discussion qui s'en est suivie sur l'impact du changement climatique et de l'énergie sur l'agenda des relations extérieures de l'UE, Jon-Pol Poncelet, de la compagnie énergétique AREVA, a souligné la nécessité d'un débat européen sur la question du retour au nucléaire. Il considère également comme nécessaire de réexaminer le rôle des gouvernements au sujet de la libéralisation du secteur de l'énergie en Europe. Laura Cozzi, analyste Energie à l'Agence Internationale de l'Energie, a présenté les principales conclusions des Perspectives énergétiques mondiales - 2006 de l'AIE. Elle a critiqué le manque de "mise en oeuvre concrète de politiques énergétiques soutenables". Joost Van Roost, de ExxonMobil, a pour sa part souligné le rôle que la technologie devra jouer pour répondre aux défis posés par le changement climatique et l'approvisionnement énergétique.

Dans le contexte de cette conférence, Friends of Europe et Gallup Europe ont publié une enquête menée auprès d'environ 200 dirigeants politiques européens et américains, dans laquelle les personnes interrogées se montrent très pessimistes sur les perspectives à long terme de la sécurité énergétique. Les dirigeants européens et américains sont également divisés sur la question de savoir si leurs politiques étrangères divergeront en raison de la lutte pour des ressources raréfiées.

Au Parlement européen, le groupe des Verts a organisé une autre conférence et a lancé une nouvelle étude sur les stratégies européennes relatives à l'énergie et au changement climatique. L'étude, rédigée par le célèbre institut économique allemand Öko-Institut pour le groupe des Verts, montre qu'"il est possible d'atteindre des objectifs ambitieux en matière de climat - réductions d'émissions de 30% d'ici 2020 et 40% d'ici 2030 - sans recours accru au nucléaire. Les Verts ont également appelé à un "Pacte pour le climat et la sécurité énergétique".

L'importance de la question du changement climatique a été aussi soulignée lors de la visite de Sir Nicholas Stern, l'auteur de l'étude sur l'impact économique du phénomène publiée par le gouvernement britannique. L'ancien chef économiste de la Banque Mondiale s'est rendu à la Commission et a présenté à plusieurs commissaires (Dimas, Piebalgs), le secrétariat général et d'autres départements les recommandations de son rapport. Lors d'une conférence sur le même sujet, organisée dans la soirée du 9 novembre 2006 par le think tank CEPS (Centre for European Policy Studies), le professeur Stern a rencontré un groupe choisi de dirigeants industriels, d'ONG et de médias pour approfondir la discussion sur son rapport.

Réactions : 

La détermination de l'UE à montrer l'exemple au niveau international concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre inquiète de plus en plus l'industrie, qui craint que cette stratégie "d'agir en solitaire" nuise à la compétitivité mondiale de l'Europe.

Bien que l'UNICE, la principale fédération professionnelle de l'UE, n'ait pas encore souhaité réagir au rapport de Stern, elle s'est montrée préoccupée concernant le nouveau débat sur le changement climatique. L'expert en énergie de l'UNICE, Daniel Cloquet, a fait référence à une analyse menée en 2005 par le Centre commun de recherche de l'UE et l'Institut d'Etudes prospectives technologiques, qui indique qu'avec une stratégie unilatérale de lutte contre le réchauffement climatique pour l'après 2012, le prix du carbone pourrait, dans le pire des scénarios, avoisiner les 92 euros.

Selon l'UNICE, l'UE ne doit pas tenter de "résoudre le problème du changement climatique toute seule". "La première priorité", estime la fédération dans une recommandation aux ministres européens de l'environnement en 2005, "est de relever avec succès le 'défi de la participation', c'est-à-dire que les pays développés et en développement parviennent à coopérer pour définir une stratégie vraiment globale".

Par ailleurs, Nick Stern a souligné, lors de la conférence de CEPS, que l'UE devait maintenir ses efforts de lutte contre le changement climatique. "Si nous renonçons, tout le monde renoncera," a-t-il prévenu.

Les ONG écologiques se sont montrées optimistes à l'issue des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Stephan Singer de WWF Europe a déclaré lors d'une conférence de presse qu'il espérait voir une sérieuse révision de la politique américaine en matière de changement climatique avec la nomination de la démocrate californienne Barbara Boxer à la tête de la commission Environnement du Sénat américain. Mme Boxer s'est exprimée à plusieurs occasions en faveur d'un changement radical dans la politique américaine de lutte contre le réchauffement climatique.

Prochaines étapes : 
  • 13 novembre 2006 : la Commission présentera une communication sur l'état d'avancement du système européen d'échange de quotas d'émissions de CO2 en préparation de sa véritable révision ultérieure. 
  • 10 janvier 2007 : la Commission devrait adopter un "paquet énergie" complet qui comprenne une stratégie à long terme pour une politique énergétique européenne plus coordonnée.
  • Début 2007 : la Commission publiera un Livre vert sur les politiques européennes relatives au changement climatique pour l'après 2012. 
Contexte : 

Les thèmes du changement climatique et de l'énergie dominent de plus en plus la politique de Bruxelles. La révision prochaine du système européen d'échange de quotas d'émissions de gaz à effet de serre (ETS) et le rapport de la Commission, sui devrait se montrer critique envers les plans nationaux d'allocation des quotas, sont les principales raisons de ce nouvel objectif. Le rapport récent de Stern sur les coûts du réchauffement climatique (voir EurActiv, 31 octobre 2006) a accrû la nécessité de discuter des politiques européennes dans ces deux domaines.

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