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Mettre une annonceLa commission de l'environnement du Parlement a souhaité durcir la proposition de règlement sur les gaz fluorés, en laissant la porte ouverte à l'introduction de contrôles plus stricts sur les gaz à effet de serre utilisés dans les systèmes de réfrigération et de climatisation. Les députés se sont également prononcés en faveur de l'interdiction à terme de certaines de ces substances.
Les ministres européens de l'environnement ont décidé, en octobre 2004, de scinder une proposition de règlement sur les gaz à effet de serre en deux textes distincts (EurActiv, 15 octobre 2004) :
Les gaz fluorés (hydrofluorocarbones ou HFC, perfluorocarbones ou PFC, hexafluorures de soufre ou SF6) ont été introduits dans les années 1990 pour remplacer les gaz CFC et HCFC, jugés responsables de la contraction de la couche d'ozone.
Or, il est aujourd'hui établi que les gaz fluorés sont des gaz à effet de serre alimentant fortement le phénomène de réchauffement climatique. La Commission estime ainsi que le SF6 contribue "23 900 fois plus que le dioxyde de carbone (CO2) [au réchauffement climatique]". Si aucune mesure n'est prise, les émissions de gaz fluorés pourraient augmenter très fortement, passant de 65,2 millions de tonnes équivalent CO2 en 1995 à 98 millions de tonnes équivalent CO2 en 2010 (selon des chiffres fournis par la Commission).
Lors du vote sur le rapport du député Avril Doyle (PPE-DE), les membres de la commission de l'environnement ont souhaité fonder la proposition de règlement concernant les applications dites "fixes" (frigos, systèmes de climatisation domestiques, etc.) sur les seules clauses environnementales du traité (article 175) - ceci dans le but de permettre aux Etats membres d'aller au-delà des exigences de la législation européenne en matière de réduction des émissions de gaz fluorés. Si ce vote devait être confirmé par le Parlement et le Conseil, les fabricants pourraient ainsi être contraints d'adapter leurs produits à des normes variant d'un pays à l'autre de l'Union.
Le rapport voté par la commission ENVI fixe en outre un calendrier précis pour l'interdiction de certains gaz fluorés :
Les députés ont en outre recommandé le remplacement aussi systématique que possible des gaz fluorés par des substituts "sûrs, techniquement réalisables et acceptables du point de vue environnemental".
S'agissant de la directive couvrant les systèmes de climatisation des voitures, aucun changement majeur n'a été introduit par les membres de la commission ENVI. La proposition de directive fixe l'échéancier suivant :
Le rapporteur, Avril Doyle MEP (PPE-DE, Irlande), a souligné qu'une base juridique de nature environnementale (article 175) était la seule solution possible, dans la mesure où la proposition de règlement vise à répondre aux objectifs de Kyoto en matière de lutte contre le phénomène de réchauffement climatique. Mme Doyle a indiqué que son opinion était notamment étayée par l'avis du service juridique du Parlement.
Le Partenariat européen pour l'énergie et l'environnement (EPEE) - le lobby des fabricants de dispositifs de réfrigération utilisant des gaz HFC - a déploré le résultat du vote de la commission ENVI, y voyant "un pas en arrière dans l'approche politique du réchauffement climatique".
L'EPEE estime que les interdictions préconisées par les députés sont "disproportionnées et technologiquement normatives". "Nous demandons au Parlement dans son ensemble de rejeter le rapport de la commission ENVI sur les gaz fluorés", a déclaré le directeur général de l'EPEE, Friedrich Busch.
Greenpeace a de son côté estimé que le vote de la commission ENVI constituait "une victoire dans la bataille contre le réchauffement climatique", soulignant que les députés avaient amélioré le texte essentiellement sur deux points :
La Commission réalise actuellement une étude d'impact économique sur ses propositions législatives concernant les gaz fluorés, sans pour autant envisager de retirer ces textes.