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Les compagnies aériennes tentent de minimiser l'impact de l'aviation sur le réchauffement climatique

Publié 26 avril 2006 - Mis à jour 08 avril 2007
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L'association internationale du transport aérien (AITA) souhaite "tuer certains mythes persistants" sur la question. Leurs arguments sont réfutés par les environnementalistes qui soutiennent que ces chiffres sont biaisés.

Le panel intergouvernemental des Nations Unies sur le changement climatique (PICC) a estimé dans un rapport en 1999 que le trafic aérien contribuait à hauteur d'environ 3,5% à l'ensemble des activités humaines relatives au changement climatique. Cette part devrait passer à 5% d'ici 2050.

En Europe, selon la Commission européenne, la part de l'aviation dans les émissions de gaz à effet de serre est encore modeste, s'élevant à environ 3% du total. Cependant, cette dernière est préoccupée par le fait que les émissions augmentent plus rapidement que dans d'autres secteurs et risquent de nuire aux progrès réalisés grâce aux réductions d'émissions dans d'autres domaines de l'économie, essentiellement dans le secteur de l'énergie et des secteurs à forte intensité énergétique.

Réactions : 

L'association internationale du transport aérien (AITA), qui représente le secteur du transport aérien au niveau mondial, a publié le 25 avril 2006 un document en 5 points visant à mettre un terme à ce qu'elle considère comme "des mythes persistants" sur l'impact de l'aviation sur l'environnement.

Les cinq "mythes" identifiés par l'AITA s'articulent autour des allégations selon lesquelles le transport aérien est une source importante d'émissions de gaz à effet de serre. Parmi les chiffres avancés par l'AITA pour "démystifier" les mythes figurent :

  • Le transport aérien représente une part modeste des émissions de CO2 au niveau mondial - 2%
  • Au cours des 40 dernières années, les émissions par passager-kilomètre ont diminué de 70%
  • L'efficacité énergétique du transport aérien a augmenté de 20% au cours de la dernière décennie
  • 80% des émissions de l'aviation sont liées aux vols de plus de 1 500 kms pour lesquels il n'existe pas d'autre mode de transport

Les arguments de l'AITA sont cependant contestés par la fédération européenne pour le transport et l'environnement, une ONG de protection de l'environnement. Dans une réfutation point par point, T&E soutient que :

  • Le chiffre de 2% se réfère aux émissions de CO2 et non aux autres conséquences sur le climat comme les cirrus causés par les avions  

  • Le chiffre de 2% date de 1992 et ne tient pas compte de la croissance explosive de l'aviation mondiale au cours des quinze dernières années 

  • La véritable contribution de l'aviation au réchauffement climatique au niveau mondial se situe entre 4% et 9%, en fonction de l'impact des cirrus causés par les avions 

  • L'efficacité énergétique du transport aérien ne s'est absolument pas améliorée. Les avions de passagers typiques des années 1950 étaient aussi efficaces sur le plan énergétique que les jets modernes classiques.

Prochaines étapes : 
  • Premier semestre 2006 : un groupe d'experts de la Commission doit présenter son rapport sur les aspects techniques de l'inclusion de l'aviation dans le système européen d'échange de quotas d'émissions.

  • Fin 2006  : la Commission doit présenter une proposition législative officielle pour inclure l'aviation dans le système européen d'échange de quotas d'émissions. Cette dernière devra être adoptée par le Parlement européen et les Etats membres lors du Conseil européen des Ministres, un processus qui dure généralement entre deux et trois ans.

Contexte : 

Le trafic aérien et les émissions de gaz à effet de serre produites par ce dernier étant en constante augmentation, la Commission a suggéré l'année dernière de limiter les émissions de CO2 pour tous les avions au départ des aéroports européens (EurActiv 27 Sept. 2005). La proposition, qui doit être officiellement présentée au cours de l'année 2006, fixerait une limite aux émissions de CO2 des compagnies aériennes et leur permettraient d'échanger leur excédent de 'crédits pollution' sur le 'marché du carbone' européen (système européen d'échange de quotas d'émissions).

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