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En fixant à l'Union européenne un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de 15 à 30% d'ici à 2020, et de 60 à 80% à l'horizon 2050, les ministres de l'environnement sont allés beaucoup plus loin que la Commission dans le cadre des travaux de préparation de la stratégie européenne de lutte contre le réchauffement climatique pour l'après-2012.
Le 9 février 2005, la Commission présentait ses propositions en vue de l'élaboration de la stratégie européenne de lutte contre le réchauffement climatique. Dans cette Communication, intitulée "Vaincre le changement climatique planétaire", la Commission s'abstenait de fixer de nouveaux objectifs, préférant mettre l'accent sur la nécessité d'impliquer davantage de pays - notamment les Etats-Unis et l'Australie, mais aussi des pays émergents tels que la Chine, le Brésil et l'Inde - et de secteurs économiques - en particulier ceux du transport aérien et maritime (voir EurActiv 10 févr. 2005) .
Les ministres de l'environnement de l'Union sont allés au-delà des propositions de la Commission en fixant des objectifs de réduction d'émissions particulièrement ambitieux : 15-30% de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2020 et 60-80% à l'horizon 2050. Dans le cadre du protocole de Kyoto, l'Union européenne s'est engagée à réduire ses émissions de GES de 8% sur la période 2008-2012, et ce par rapport aux niveaux de 1990.
Dans ses conclusions, le Conseil met l'accent sur le besoin d'instaurer une véritable concertation avec les principaux partenaires de l'Union : "Sans préjuger de l'existence de nouvelles approches permettant d'instaurer une différentiation entre les Parties dans un cadre équitable et souple, l'UE souhaite pouvoir réfléchir avec les autres Parties à des stratégies possibles pour réaliser les réductions d'émissions nécessaires et estime, dans ce contexte, qu'une réflexion doit être amorcée sur les voies envisageables pour réduire [les émissions de GES] de l'ordre de 15 à 30% à l'horizon 2020, et de 60 à 80% d'ici à 2050 par rapport aux niveaux pris en compte dans le protocole de Kyoto", est-il écrit dans le texte.
Les ministres réclament par ailleurs l'adoption d'une approche commune au niveau mondial - approche impliquant les grands pays industrialisés non-signataires du protocole de Kyoto, ainsi que des pays émergents tels que la Chine et l'Inde.
Le Conseil a également invité la Commission à poursuivre ses études sur les coûts et les bénéfices des différentes options envisagées, et notamment à évaluer l'impact de la nouvelle stratégie de l'UE sur la compétitivité de l'économie européenne.
Greenpeace a salué la décision prise par le Conseil Environnement. "Les ministres de l'environnement ont planté les semences de l'espoir et permis à l'UE de rester en première ligne dans le cadre de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique ", a déclaré Mahi Sideridou, du bureau européen de Greenpeace.
Les représentants des différents secteurs économiques concernés n'ont pas encore fait connaître leur réaction sur les conclusions du Conseil, mais, à la veille de celui-ci, l'UNICE avait de nouveau mis en garde contre les risques d'un cavalier seul de l'Union européenne, enjoignant le Conseil de ne pas fixer d'objectifs et d'échéances "à ce stade". L'UNICE soulignait notamment que toute action unilatérale de l'UE dans ce domaine pourrait se traduire par des pertes d'investissements au profit de régions moins ambitieuses en matière d'efforts de réduction des GES.
Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union doivent évoquer la stratégie européenne de lutte contre le réchauffement climatique lors du Conseil de printemps, organisé les 22 et 23 mars prochains.