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Plusieurs Etats membres sont priés de revoir leurs plans d'allocation [FR]

Publié 30 novembre 2006
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CO2 emissions
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La Commission européenne a demandé à l'Allemagne et à neuf autres pays européens de réviser leurs plans nationaux d'allocation de quotas d'émissions de CO2 qui attribuent, selon elle, trop de quotas à leurs industries.

La Commission a publié le 29 novembre une évaluation très attendue des plans nationaux d'allocation (PNA) présentés par les Etats membres de l'UE pour la seconde phase du système d'échange de quotas, qui couvre la période 2008-2012.

Comme l'a indiqué lui-même le commissaire européen à l'environnement, Stavros Dimas, la décision sur la procédure d'allocation pour la seconde phase de l'ETS était "un test de crédibilité pour l'Europe."

"Je suis convaincu que nous avons réussi ce test," a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, ajoutant : "Avec la décision d'aujourd'hui, l'UE affirmera son rôle de leadership dans la lutte contre le changement climatique."

Les dix plans d'allocation, à l'exception de celui du Royaume-Uni, ont tous été rejetés en raison du fait qu'ils accordaient des permis de pollution bien trop généreux à l'industrie. M. Dimas a précisé qu'il ne voulait pas revivre la débacle de mai 2006, où la publication des premières données officielles relatives aux émissions avait révélé qu'un important surplus d'allocations restait sur le marché, entraînant la chute vertigineuse des prix du carbone (voir EurActiv,  16 mai 2006 ).

"Nous sommes décidés à ne pas laisser cette situation se reproduire au cours de la seconde période d'échange de quotas, car pour garantir le fonctionnement efficace du système, les quotas sur le marché européen du CO2 doivent être rares," a expliqué M. Dimas. 

Plans nationaux d'allocation : Résumé (tous les chiffres sont en million de tonnes de CO2)

Etat membre Plafond 1ère période (2005-07) émissions confirmées en 2005  2de période(2008-12) Proposition de plafond 2de période(2008-12) Plafond autorisé
Germany 499 474 482 453.1
Greece 74.4 71.3 75.5 69.1
Ireland 22.3 22.4 22.6 21.15
Latvia 4.6 2.9 7.7 3.3
Lithuania 12.3  6.6  16.6 8.8
Luxembourg 3.4 2.6 3.95 2.7
Malta 2.9 1.98 2.96 2.1
Slovakia 30.5 25.2 41.3 30.9
Sweden 22.9 19.3 25.2 22.8
UK 245.3 242.4 246.2 246.2

source: Commission

L'Allemagne apparaît comme le principal perdant, sa proposition de plafond à 482 millions de tonnes ayant été rejetée. "L'allocation annuelle ne doit pas dépasser 453,1 millions de quotas," a expliqué la Commission.

Le Royaume-Uni se distingue comme le seul pays dont le plan a été rejeté pour d'autres raisons qu'une surallocation : sa liste d'installations industrielles ne comprenait pas celles de Gibraltar, a souligné la Commission.

Dans une volte-face à la dernière minute, la France a informé la Commission au soir du 28 novembre qu'elle retirait son plan "afin de l'améliorer". M. Dimas a précisé que la France lui avait garanti qu'elle représenterait son plan "d'ici deux semaines". 

Réactions : 

"Nous avons évalué ces plans avec fermeté et justesse," a souligné M. Dimas. "Je suis convaincu que les Etats membres comprennent et reconnaissent que la Commission doit être ferme et juste dans son analyse."

A la veille de la décision, l'ECIS (European Carbon Investors and Services), un groupe de 13 banques d'investissement, parmi lesquelles ABN Amro, Barclays Capital et Deutsche Bank, ont adressé une lettre au président de la Commission, José Manuel Barroso, lui demandant d'évaluer les PNA avec rigueur.

"Maintenant qu'elle dispose des informations nécessaires... la Commission doit faire preuve de fermeté malgré la pression politique exercée par ses Etats membres," a indiqué le porte-parole de l'ECIS. "Ainsi, le prix du carbone sera réaliste et suffira à récompenser les investisseurs dans des technologies propres."

Les ONG écologiques  ont salué la décision de la Commission d'abaisser les plafonds d'émissions des Etats membres, indiquant qu'il s'agissait "d'un pas dans la bonne direction". Elles ont cependant critiqué "le manque de progrès significatifs sur la méthode d'allocation des quotas."

"Fixer des plafonds plus bas est essentiel pour la crédibilité de la politique européenne de lutte contre le changement climatique, mais les règles relatives à l'allocation des quotas d'émissions aux entreprises individuelles sont tout aussi importantes," a souligné Delia Villagrasa, experte au WWF. "Les plans nationaux d'allocation doivent refléter le principe selon lequel les pollueurs doivent payer davantage," a-t-elle ajouté. 

Prochaines étapes : 

Une décision sur la prochaine vague de plans nationaux d'allocation devrait être prise début 2007, selon des fonctionnaires de la Commission. 

Contexte : 

Dans le cadre du système européen d'échange de quotas d'émissions de CO2 (ETS), plus de 10 000 entreprises à forte consommation d'énergie peuvent acheter et vendre des permis d'émissions de dioxyde de carbone, couvrant environ 40% de l'ensemble des émissions de CO2 dans l'UE. Parmi les industries concernées par ce système figurent le secteur de la production d'énergie, l'industrie sidérurgique, l'industrie du verre, du ciment, de la faïence et de la pierre. 

Ce système est l'instrument phare de l'UE pour lutter contre le réchauffement climatique et atteindre son objectif fixé dans le cadre du protocole de Kyoto de réduire les émissions de CO2 de 8% par rapport au niveau de 1990 d'ici 2012.

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