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La révision de REACH entraîne une réduction des frais pour les PME

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Publié 05 février 2013, mis à jour 08 février 2013

Avec sa révision du règlement REACH, la Commission appellera demain (5 février) à une réduction des frais pour les petites entreprises conformément à la mesure législative la plus ambitieuse au monde en matière d’environnement.

« Notre message principal sera que REACH fonctionne bien jusqu'à présent, mais il est nécessaire de réduire les conséquences sur les PME (petites et moyennes entreprises) », a expliqué une source de la Commission à EurActiv.

« Cela a été coûteux pour les [PME] de mettre en oeuvre totalement REACH et la révision mettra en évidence la nécessité d'aborder ce sujet », a déclaré cette source en ajoutant que le règlement fonctionnait bien et ne serait pas modifié par la révision.

Le règlement REACH, dont l'acronyme anglais signifie enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des produits chimiques, est entré en vigueur le 1er juin 2007 et constitue le plus large programme de contrôle chimique jamais mis en place.

Ce règlement fixe un calendrier pour que les producteurs enregistrent finalement 30 000 des quelque 100 000 produits chimiques sur le marché européen.

Conformément au principe de précaution de l'UE, REACH oblige les entreprises européennes à trouver des substituts aux produits chimiques considérés comme potentiellement dangereux.

Il introduit également la règle « pas de données, pas de marché », une Agence européenne des produits chimiques (ECHA) et une liste de substances candidates visant à réduire progressivement le nombre de produits dangereux.

Alors que des aspects de la législation ont été accueillis favorablement par le secteur et des défenseurs de l'environnement, un débat houleux oppose ceux qui se plaignent que la directive n'est pas allée assez en loin et ceux qui affirment qu'elle est allée trop loin.

EurActiv a pu comprendre que la révision qui sera publiée mardi inclura une annexe comprenant une liste spécifique de recommandations.

Le règlement des redevances sera révisé

L’une de ces recommandations préconise que l'« ECHA devra fournir des conseils plus spécifiques sur le partage des coûts dans les Forums d'échange d'informations sur les substances », considéré comme un problème majeur pour les PME.

« Le Commission propose en outre de réviser le règlement des redevances afin de diminuer les coûts pour les PME », a expliqué un fonctionnaire de l'UE à EurActiv.

Des représentants du fabricant de produits chimiques BASF ont déclaré que le programme leur coûterait en moyenne 50 millions d'euros par an, mais que « c'était rentable en fin de compte ».

Des défenseurs de l'environnement déplorent toutefois qu'après six ans, les mesures en faveur de limitation ou de réduction progressive des produits chimiques potentiellement dangereux ne sont pas assez rapides.

« Nous nous attendions à ce que le processus soit plus avancé qu'à l'heure actuelle, puisqu'il implique la soumission [de listes] de produits chimiques par la Commission et les États membres », a déclaré Kevin Stairs, porte-parole de Greenpeace. « Seuls quelques États membres sont actifs à ce sujet, avec en tête l'Allemagne, la Belgique, la France, les Pays-Bas, les pays nordiques et le Royaume-Uni dans une certaine mesure. »

Greenpeace demande une augmentation du nombre de produits chimiques à réduire progressivement avec la pleine participation des États membres, la promotion active de politiques de substitution et une obligation pour les entreprises d'améliorer leurs dossiers d'enregistrement.

Réactions : 

Lors de l'annonce de sa révision, la Commission européenne s’est vantée des réussites de la réglementation après cinq ans et a déclaré que les produits chimiques étaient devenus « nettement plus sûrs » depuis l'entrée en vigueur du règlement REACH.

« Ce rapport montre que le règlement REACH donne de bons résultats » ont déclaré Antonio Tajani, le vice-président de la Commission en charge de l'industrie et de l'entrepreneuriat et Janez Potočnik, le commissaire en charge de l'environnement. « Les entreprises font face à leurs responsabilités, ce qui nous permet de disposer de données de meilleure qualité sur les produits chimiques qu'elles fabriquent et mettent sur le marché. Nous avons pris un bon départ. »

La révision de la Commission a conclu que, « même si certaines adaptations sont nécessaires, aucune révision de grande ampleur n'est requise » à la législation. L'exécutif européen a ajouté que seules des modifications mineures pour améliorer sa mise en oeuvre étaient nécessaires en renforçant la coordination entre les États membres.

« La mise en oeuvre peut-être améliorée en élevant le niveau de qualité des dossiers d’enregistrement, en intensifiant l'utilisation des fiches de données de sécurité comme principal outil de gestion des risques et en examinant les questions liées aux partages des coûts au sein des forums d'échange d'informations sur les substances (FEIS) » a indiqué la Commission dans un communiqué.

Le rapport recommande également la réduction financière de la charge administrative imposée aux PME et l'aide à ces entreprises pour respecter leurs obligations liées à REACH.

Cependant, « aucune modification des principales dispositions de REACH n'est proposée pour le moment », a indiqué la Commission en ajoutant qu'elle souhaitait avant tout « assurer aux entreprises européennes une stabilité et une prévisibilité dans le domaine législatif ».

CEFIC, le Conseil européen de l'industrie chimique, a déclaré que le rapport de la Commission confirmait que REACH « fonctionnait » et que la législation devrait rester largement inchangée.

« REACH fonctionne jusqu'à présent grâce aux efforts de tous les acteurs impliqués. Par conséquent, aucune révision n'est nécessaire », a déclaré Hubert Mandery, le directeur général du CEFIC.

Le conseil a toutefois averti que le rapport de la Commission couvrait seulement les trois premières phases de REACH, une période qui concernait la plupart des plus grandes entreprises qui produisent et importent de grandes quantités de produits chimiques (plus de mille tonnes par an).

Le CEFIC a souligné que la prochaine phase, qui implique des produits chimiques dégagés en plus petites quantités, concerna davantage de plus petites entreprises. Il a ajouté que « des milliers de petites et moyennes entreprises qui ne connaissent pas bien la législation seront confrontées à des défis immenses pour l'appliquer. »

La Commission devrait mettre sur le même pied les objectifs environnementaux du règlement et « surveiller les conséquences de REACH sur la compétitivité et l'innovation ».

Le Bureau européen de l'environnement (BEE), une organisation de défense de l'environnement, a affirmé que la révision de la Commission n'allait pas assez loin dans la restriction des produits chimiques dangereux.

« Il n'y a toujours que 138 substances très dangereuses identifiées, [ce qui est] beaucoup trop peu. En réalité, il en existe entre 1 000 et 1 500 sur le marché », a déclaré Tatiana Santos, spécialiste principale des politiques sur les produits chimiques et la nanotechnologie au BEE. « La Commission avait l'intention de les inclure toutes sur la liste des [substances] candidates d'ici 2020. À ce rythme, nous devrons toutefois attendre jusqu'en 2060 pour voir une liste complète. »

L'organisation a également déclaré qu'elle était déçue de l'« évaluation limitée » du fonctionnement de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA). « Il est très inquiétant que la Commission ait décidé de mesurer l'efficacité de l'ECHA en fonction du nombre de documents produits plutôt qu'en fonction du nombre de substances cancérigènes retirées du marché de l'UE », a déclaré Mme Santos.

Le BEE déplore que la Commission n'ait pas obligé les entreprises à soumettre un rapport sur la sécurité chimique pour les substances produites entre 1 et 10 tonnes par an et qu'elle ait reporté sa décision à 2015.

« Le BEE soutient les efforts de la Commission pour lever la charge administrative inutile des PME, mais à la seule condition qu'ils ne discréditent pas les objectifs de REACH en matière de protection de la santé, de l'environnement et de transparence ».

Guy Thiran, le directeur général d'Eurométaux, a déclaré que l'industrie des produits chimiques avait toujours considéré le règlement REACH comme un investissement « responsable ».

« L'industrie et les législateurs ont besoin d'un système stable et d'une mise en oeuvre complète avant d'[apporter] des changements », a-t-il affirmé. « Par exemple, les conditions d'enregistrements pour la majorité des PME seront seulement appliquées avant les dates butoirs de 2013 et de 2018. » M. Thiran a ajouté qu'il « était certainement possible d’améliorer » législation, mais que « cela peut et devrait se dérouler dans le cadre du règlement existant, des conseils publiés par l’ECHA, des outils développés pour la mise en oeuvre de REACH et d'une exécution améliorée ».

Il a poursuivi : « Alors que certaines expériences réelles ont été acquises grâce à l'évaluation de dossier et de propositions d'essai, la priorisation de substances extrêmement préoccupantes (SHVC), la restriction et la classification harmonisée, certaines procédures sont relativement nouvelles et davantage d'expérience dans la mise en œuvre est nécessaire. »

« Voici la meilleure manière de traiter les SVHC (la restriction/autorisation ou la législation déjà existante sans mesures supplémentaires) : la garantie de décisions équitables et transparentes avec la participation du secteur, l'identification de la solution de gestion de risque la plus adéquate le plus rapidement possible dans la processus en vue d'améliorer les procédures d'autorisation ou de restriction ainsi que l’amélioration de la pertinence des procédures de consultation publique. Une substitution n’est nécessaire que dans le cas où elle est viable au niveau économique et technique. Les charges administratives supplémentaires qui n'apportent aucune amélioration dans le domaine de la protection de la santé humaine et de l'environnement doivent être évitées », a-t-il conclu.

Prochaines étapes : 
  • 31 mai 2013 : date butoir pour le second enregistrement de substances produites ou importées dans des quantités allant de 1 à 1 000 tonnes par an par producteur
  • Juin 2018 : fin de la troisième phase d'enregistrement des substances produites en petites quantités (1 à 100 tonnes).
Arthur Neslen - traduit de l'anglais par Aubry Touriel
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Contexte : 

Adopté en 2006, le règlement REACH requiert de l'industrie chimique qu'elle enregistre 30 000 des quelque 100 000 substances actuellement sur le marché et qu'elle les soumette à une évaluation avant qu'elles ne puissent être autorisées sur le marché (>> voir notre LinksDossier).

Les substances représentant une menace pour la santé ou l'environnement peuvent alors être progressivement supprimées puis remplacées.

L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a publié une liste d'une dizaine de produits chimiques considérés comme extrêmement préoccupants pour la santé publique et l'environnement.

La révision du règlement REACH aurait dû avoir lieu en 2012, mais est désormais terminée. Cette révision a constitué l'occasion idéale pour une offensive des groupes de pression industriels, qui assurent que cette loi porte préjudice à la compétitivité, et pour les organisations de consommateurs et de santé qui souhaitent la renforcer.

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