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Les océans deviennent de plus en plus acides

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Publié 05 mars 2012, mis à jour 14 décembre 2012

Les océans gagnent en acidité à un rythme qui pourrait bien être le plus rapide en 300 millions d'années. Ils s'acidifient encore plus rapidement que lors de l'émission monstre de carbone d'il y a 56 millions d'années, ont révélé des scientifiques européens et américains dans une récente étude.

Il pourrait être utile de se pencher sur la période de réchauffement que la Terre a connue il y a longtemps, afin de prévoir l'impact du changement climatique provoqué par l'Homme, ont déclaré des chercheurs à propos d'un résumé de centaines d'études portant sur d'anciens relevés climatiques publié dans la revue Science.

L'eau de mer qui s'acidifie rapidement ronge la barrière de corail, l'habitat naturel d'autres espèces animales et végétales, et complique la formation de coquilles solides pour les moules et les huîtres. Ce phénomène affecte également les micro-organismes dont se nourrissent les poissons commerciaux comme les saumons.

C'est un problème majeur selon Jane Lubchenco, directrice de l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique, qui a procédé à des démonstrations sur l'acidification lors de plusieurs audiences au Congrès américain.

Les océans deviennent plus acides lorsque la présence de carbone dans l'atmosphère augmente. Pendant de la période préindustrielle, ce phénomène se produisait régulièrement de façon naturelle, ce qui augmentait les températures mondiales, ont écrit ces scientifiques dans leur étude publiée le 1er mars.

Les activités humaines, notamment la combustion des carburants fossiles, ont entraîné l'augmentation du niveau de carbone dans l'atmosphère de 280 parties par million au début de la révolution industrielle à 392 aujourd'hui. Le dioxyde de carbone est l'un des gaz qui, en retenant la chaleur, contribuent au réchauffement climatique.

Pour comprendre les effets de l'acidification des océans pendant la période préhistorique, 21 chercheurs britanniques, néerlandais, allemands, espagnols et américains ont examiné les études des relevés géologiques remontant 300 millions d'années en arrière, afin d'identifier des signes de perturbation climatique.

Ces signes de changement climatique comprennent des évènements déclencheurs d'extinctions massives touchant un pourcentage significatif des espèces vivant sur Terre, comme l'astéroïde géant qui aurait tué les dinosaures voici 65 millions d'années.

Ces évènements en apparence similaires à ce qui se produit actuellement ont entraîné des extinctions de masse il y a 252 et 201 millions d'années ainsi qu'un réchauffement climatique il y a 56 millions d'années.

Les chercheurs affirment que la vague de chaleur de 5000 ans, déclenchée il y a 56 millions d'années par des facteurs comme l'activité volcanique intense, est le point de comparaison le plus proche des conditions actuelles.

Sous la surface

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé une couche de terre enfouie sous l'océan au large de l'Antarctique. Prise entre deux couches de plancton fossile blanc, cette couche de terre indiquait une acidité telle que le plancton fossilisé lors de cette période de 5000 ans s'était dissout dans de la boue.

Pendant cette période, la quantité de carbone dans l'atmosphère a doublé et les températures moyennes ont grimpé de 6 degrés Celsius, ont conclu les chercheurs. Au cours de ces 5000 ans, l'acidité des océans a augmenté de 0,4 unité, sur l'échelle de 14 points de pH, selon les chercheurs.

Il s'agit d'un réchauffement et d'une acidification rapides, mais limités en comparaison à ce qui se passe sur Terre depuis le début de la révolution industrielle il y a 150 ans, a déclaré l'auteur de cette étude, Bärbel Hönisch, de l'observatoire terrestre Lamont-Doherty à l'université de Columbia.

Lors de la période de réchauffement survenue voici 56 millions d'années, connue sous le nom de maximum thermique du Paléocène-Eocène, environ 9 millions d'années après l'extinction des dinosaures, l'acidification s'est déroulée au rythme de 0,008 unité par siècle sur l'échelle de pH, a expliqué Mme Hönisch.

À cette époque, de nombreuses espèces de corail et d'organismes unicellulaires ont disparu des fonds marins, ce qui laisse supposer que d'autres plantes et animaux plus hauts dans la chaîne alimentaire aient également pu disparaître, ont estimé les chercheurs.

Au XXe siècle, par contre, l'acidification des océans a augmenté de 0,1 unité de pH et devrait, selon cette étude, augmenter de 0,2 à 0,3 unité d'ici 2100.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat estime que les températures de la planète pourraient augmenter de 1,8 à 4 degrés Celsius au cours de ce siècle.

« Étant donné que la vitesse de changement était d'un ordre de grandeur inférieur [lors du maximum thermique du Paléocène-Eocène] en comparaison à la situation actuelle et que ce changement a tout de même eu un impact important sur les écosystèmes, cela suscite des inquiétudes quant à ce qui pourrait se produire à l'avenir », a expliqué Mme Hönisch.

Ceux qui restent sceptiques quant au changement climatique provoqué par l'Homme se réfèrent souvent aux périodes de réchauffement liées à des évènements naturels par le passé comme une preuve que la tendance actuelle ne résulte pas de l'activité humaine. Mme Hönisch a fait remarquer que le maximum thermique du Paléocène-Eocène était probablement lié à des causes naturelles comme l'activité volcanique intense.

Elle a toutefois souligné que la vitesse de réchauffement et d'acidification était alors bien plus progressive puisqu'elle s'est étalée sur cinq millénaires, contre un siècle actuellement.

EurActiv avec Reuters – Article traduit de l'anglais

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