La Commission européenne, qui a décrété que 2012 serait l'Année de l'eau, s'apprête à réviser certaines des réglementations européennes en la matière, afin de trouver des solutions face au changement climatique et aux événements météorologiques extrêmes.
La sécurité alimentaire et la protection des ressources en eaux de l'UE devraient être au programme de la Semaine mondiale de l'eau qui débutera à Stockholm le 26 août.
L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture a indiqué que les prix de l'alimentaire avaient augmenté de 6 % en juillet. Les prix du maïs et du blé ont augmenté de 23 % et de 19 % respectivement. Cette hausse serait principalement liée à la sécheresse qui a dévasté le centre des États-Unis et aux rendements de blé plus faibles que prévu en Russie.
La semaine dernière, Strategie Grains a revu à la baisse ses prévisions sur la production de maïs dans l'UE, qui passerait à 58,1 millions de tonnes, soit une baisse de 13 % (7,1 millions de tonnes en moins) par rapport à l'année dernière.
« La culture du maïs a été sévèrement affectée par la chaleur et la sécheresse en Europe centrale et méridionale », a expliqué à Reuters le service français d'analyse du secteur. « Les dommages sont irréversibles, même si l'amélioration des conditions météorologiques pourrait fournir de meilleures conditions pour la récolte des céréales existantes. »
Strategie Grains a revu à la baisse ses prévisions mondiales pour la production de maïs en 2012-2013, qui passeraient à 829,1 millions de tonnes par an, soit 70 millions de tonnes de moins.
Risque d'incendie élevé dans certaines régions
Le mauvais temps et les périodes de sécheresse prolongées ont également contribué au déclenchement de feux de forêt dévastateurs au Portugal, en Espagne, dans le sud de la France et en Grèce, ainsi que dans les Balkans et en Turquie. Vendredi dernier, le système européen d'information sur les feux de forêt a mis en garde contre le risque élevé ou très élevé de feux dans toute l'Europe du sud et même en Hongrie et à l'ouest de la Slovaquie.
L'Observatoire européen de la sécheresse a enregistré des sécheresses dans certaines régions de la France, de l'Allemagne, de l'Espagne et de l'Italie ainsi que dans les Iles Féroé de l'Atlantique nord, une province autonome du Danemark.
Les périodes de sécheresse prolongées menacent certaines régions en Chine, en Russie, en Australie, en France, en Espagne, au Portugal et au sud des États-Unis depuis plusieurs années, ce qui affecte la production alimentaire et soulève des questions quant à la stabilité à long terme des réserves d'eau. L'Angleterre a quant à elle connu son troisième hiver sec consécutif, ce qui a mené les autorités à appeler à des mesures de conservation au début de l'année.
Il est difficile de déterminer s'il s'agit de problèmes cycliques ou d'une preuve que le réchauffement climatique change la donne et pourrait donner lieu à des situations encore plus dramatiques dans les décennies à venir. La communauté scientifique s'accorde toutefois sur le fait que l'Homme doit modifier ses habitudes de consommation et utiliser ses réserves en eau de manière plus efficace.
« La variabilité du climat est un phénomène auquel l'humanité a déjà été confrontée au cours de son histoire », a expliqué à EurActiv Jan Lundqvist, conseiller scientifique senior de l'Institut international de l'eau de Stockholm, en amont du Forum mondial de l'eau en mars dernier. « Mais la gravité de ces sécheresses ne fait que croître. »
Une action à l'échelle de l'UE
Même si l'Europe contient de nombreuses réserves d'eau, elle n'est pas à l'abri d'une pénurie. Des scientifiques du Centre Helmholtz pour la recherche environnementale en Allemagne ont affirmé que les pays de l'UE devraient relever des défis liés aux pénuries et à la pollution. Ils ont appelé à une meilleure gouvernance en la matière de la part de l'UE.
Des études montrent que les prélèvements d'eau des rivières comme dans le bassin d'Andalousie en Espagne, dans le Sado au Portugal, ainsi que dans le Rhin et le Rhône en France ne sont pas durables. L'Elbe, la Weser et le Rhin en Allemagne ainsi que la Tamise en Grande-Bretagne sont également sous tension.
La pollution et les problèmes écologiques entrent également en ligne de compte. C'est ce que montre une récente étude du centre Helmholtz qui réclame des protections renforcées contre la pollution et les déchets au niveau national et européen.







