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Réchauffement climatique : les Lords dénoncent l'optimisme excessif de l'approche britannique [FR]

Publié 07 juillet 2005
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La Chambre des Lords britannique a publié un rapport remettant en cause l'objectivité des Nations Unies sur la question du réchauffement climatique, et soulignant que le coût des politiques de réduction des émissions polluantes a été largement sous-évalué. 

Les dirigeants des pays du G8 (forum regroupant les sept pays les plus industrialisés de la planète ainsi que la Russie) ont pris l'habitude, ces dernières années, de voir leurs réunions perturbées par des rassemblements de militants anti-globalisation. Les Lords britanniques n'entrent pas dans cette dernière catégorie, mais ils ont eux aussi, semble-t-il, voulu profiter du sommet de Gleneagles pour faire entendre leur voix sur l'un des deux principaux sujets au menu des discussions du G8 : la lutte contre le réchauffement climatique - l'autre grand thème abordé étant celui de l'aide à l'Afrique.  

Dans un rapport opportunément publié le jour même de l'ouverture du sommet du G8, la commission des affaires économiques de la chambre des Lords livre un jugement extrêmement négatif sur les efforts engagés - tant au Royaume-Uni qu'au niveau mondial - pour inverser la courbe du réchauffement climatique : le rapport souligne ainsi que le protocole de Kyoto ne produira pas les résultats escomptés, et que les coûts des engagements pris par le Royaume-Uni dans ce domaine ont été évalués de façon "outrageusement optimiste". 

Dans le rapport, les Lords jugent ainsi "préoccupant le fait que les politiques menées par le Royaume-Uni dans les domaines de l'énergie et de la lutte contre le réchauffement climatique apparaissent fondées sur des hypothèses discutables, notamment pour ce qui est du rôle des énergies renouvelables et des efforts d'amélioration de l'efficacité énergétique, mais aussi le fait que les coûts liés aux engagements pris le Royaume-Uni aient été mal évalués." Le rapport demande au gouvernement de confier l'évaluation de ces coûts au ministère de l'économie (Treasury), et non plus au ministère de l'environnement (DEFRA). 

Les Lords remettent par ailleurs en cause l'objectivité des Nations Unies sur la question du réchauffement climatique, affirmant que les scénarios élaborés par le Panel intergouvernemental sur les changements climatiques (IPCC) sont "apparemment influencés par des considérations politiques." 

Le rapport souligne également les points suivants :

  • "Le réchauffement climatique comporte des aspects positifs, et ceux-ci semblent avoir été minimisés par l'IPCC" ;
  • "Puisqu'il apparaît que le phénomène de réchauffement est voué à se poursuivre, quelle que soit l'ampleur des actions mises en oeuvre aujourd'hui […], nous devons adopter une approche plus équilibrée des mérites relatifs des deux voies qui s'offrent à nous : l'adaptation au changement climatique, et l'atténuation des effets de celui-ci. Ceci implique que nous réfléchissions davantage à la mise en oeuvre de mesures d'adaptation".

Concernant l'après-Kyoto, les Lords disent redouter que les négociations menées au niveau mondial n'aboutissent à rien tant que l'accent continuera à être mis sur l'adoption d'objectifs contraignants. Ils appellent le gouvernement britannique à adopter une démarche volontariste en vue de l'adoption de solutions alternatives, "peut-être basées sur des accords permettant la diffusion des innovations technologiques".

 

Réactions : 

En mettant l'accent sur le rôle de l'innovation technologique, les Lords rejoignent la position défendue de longue date par l'administration américaine. Dans une déclaration effectuée avant son départ pour Gleneagles, le président Bush a appelé ses partenaires du G8 à "recentrer le débat autour du réchauffement climatique sur les nouvelles technologies en matière d'énergie, susceptibles de réduire les dommages infligés à l'environnement sans affecter notre développement économique."

"Mon espoir - partagé, je pense, par Tony Blair -, c'est que nous puissions dépasser le débat sur Kyoto pour collaborer en vue du développement de nouvelles technologies qui permettront aux Etats-Unis ainsi qu'aux autres pays de moins dépendre des sources d'énergie fossile, et par là-même d'améliorer la qualité de l'air et de renforcer la sécurité [de leurs approvisionnements énergétiques]", a par ailleurs déclaré le président Bush lors d'un entretien accordé à la chaîne britannique ITV. 

Cette même approche est promue par l'UNICE, la fédération des employeurs européens. Dans une déclaration adressée aux dirigeants du G8, l'UNICE a souligné qu'il était crucial de favoriser la diffusion des technologies de réduction des émissions de CO2. 

Prochaines étapes : 
  • Le G8 doit aborder le thème du réchauffement climatique ce mercredi 7 juillet ; 
  • le sommet de Gleneagles pourrait déboucher sur la conclusion d'un accord non-contraignant de réduction des émissions de CO2 impliquant les Etats-Unis.  
Contexte : 

La commission des affaires économiques de la Chambre des Lords - la chambre haute du Parlement britannique, dont les pouvoirs sont aujourd'hui extrêmement limités - a publié, mercredi 6 juillet, un rapport soulignant que les politiques mises en oeuvre tant au Royaume-Uni qu'au niveau mondial pour lutter contre le phénomène de réchauffement climatique sont susceptibles d'avoir des répercussions extrêmement négatives sur le plan économique. 

La publication de ce rapport intervient alors que les dirigeants du G8 sont réunis sous présidence britannique à Gleneagles (Ecosse) pour évoquer notamment les grandes lignes d'un futur plan d'action contre le phénomène de réchauffement climatique. 

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