Le rapport "Meeting the climate change" a été rédigé par la "Task Force internationale sur le réchauffement climatique" ("International Climate Change Taskforce"), formée de trois centres de recherche parmi les plus reconnus au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Australie: l'Institut britannique pour la recherche en politique publique ("Institut for Public Policy Research"), le Center for American Progress (Etats-Unis) et l'Australia Institute. La Task Force regroupe des personnalités de premier plan (scientifiques, dirigeants d'entreprises, représentants de la société civile, etc.) issues d'économies avancées autant que de pays en voie de développement.
Les recommandations de la Task Force sont notamment adressées au gouvernement de Tony Blair, qui doit accueillir le prochain sommet du G8 et assumer la présidence de l'Union européenne au cours du second semestre 2005. Le rapport souligne notamment que les dirigeants de la planète devront augmenter le rythme et l'ampleur des mesures prévues pour lutter contre le phénomène de réchauffement climatique, sous peine de voir se multiplier des catastrophes naturelles de grande ampleur.
Alors que le gouvernment britannique a d'ores et déjà salué la qualité du rapport, l'administration Bush serait, selon plusieurs sources, extrêmement mécontente du rôle joué au sein de la Task Force par le docteur Rajendra Pachauri, président du Panel intergouvernemental sur le réchauffement climatique (IPCC). En 2001, M. Pachauri avait remplacé Robert Watson à la tête de l'IPCC à la demande insistante des Etats-Unis, qui estimaient M. Watson trop "virulent" sur le sujet.
Le rapport devrait susciter la colère de ceux (scientifiques, politiques, industriels) qui doutent de la réalité du phénomène de réchauffement climatique, estimant que les mesures radicales mises en oeuvre sur ce front accaparent des fonds nécessaires à la résolution de problèmes plus urgents, et s'inquiétant surtout des conséquences négatives de telles mesures en termes de croissance et de compétitivité.
L'UE se trouve à la pointe du combat pour demander l'introduction de nouvelles politiques de lutte contre le changement climatique au-delà de la première "période d'engagement" de Kyoto (2008-2012). Les industriels européens dénoncent le "zèle" de l'UE en la matière, peu compatible selon eux avec les objectifs d'amélioration de la compétitivité énoncés dans l'agenda de Lisbonne.



