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Réchauffement climatique : Le rapport Stern est-il "alarmiste et incompétent"? [FR]

Publié 03 novembre 2006
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Le rapport Stern sur les coûts du réchauffement climatique a agité les cercles politiques en Europe. Cependant, les calculs sur lesquels il repose sont-ils sérieux? EurActiv se penche sur les réactions sceptiques de ceux qui ne sont pas convaincus. 

Le document n'a cependant pas été applaudi par tous. Le rapport a été vivement critiqué par certains écologistes, qui ont remis en cause les faits scientifiques et l'évaluation des coûts, tandis que d'autres considèrent que l'analyse de Sir Nicholas Stern sous-estime les coûts de la lutte contre le phénomène.

Le rapport du gouvernement britannique souligne avant tout que lutter contre le changement climatique coûtera 20 fois moins que de ne rien faire. Il soutient donc des initiatives politiques comme le système européen d'échange de quotas d'émissions ou les mesures d'efficacité énergétique.

Cependant, les études sur les coûts du changement climatique doivent tenir compte de nombreuses hypothèses sur la valeur économique du phénomène et sont donc difficiles.

De plus, l'abattage médiatique autour du rapport pourrait être considéré comme politiquement motivé, le nouveau chef conservateur, David Cameron, faisant de plus en plus de pression sur l'actuel gouvernement des travaillistes pour qu'il renforce sa politique environnementale.

Réactions : 

Le gouvernement américain, qui s'est retiré du protocole de Kyoto sur le changement climatique en 2001, a minimisé le rapport Stern, indiquant qu'il s'agissait d'un rapport parmi tant d'autres sur les coûts du phénomène. Les porte-parole de l'Administration Bush ont souligné les énormes investissements de leur gouvernement dans les nouvelles technologies de lutte contre le changement climatique.

L'OPEP, l'organisation des pays exportateurs de pétrole, a dénoncé le rapport Stern comme étant "erroné". Selon le secrétaire général de l'OPEP, Mohammed Barkindo, "l'atténuation du réchauffement climatique et l'adaptation à ce phénomène ne peuvent se faire que sur les principes de responsabilité commune et de capacités respectées, et non par des scénarios qui ne reposent sur aucun fait scientifique ou économique avéré, comme c'est le cas dans l'étude publiée hier à Londres."

Le Wall Street Journal a qualifié le rapport Stern d'"édifice politisé" et l'a comparé de façon négative au consensus de Copenhague de l'économiste suédois Björn Lomborg, indiquant qu'il "existe des problèmes bien plus urgents et bien moins spéculatifs que nous savons résoudre avec les bonnes politiques. Ce message ne ferait peut-être pas la une alarmiste des quotidiens, mais améliorerait les conditions de vie de plus d'êtres humains à travers le monde." Le consensus de Copenhague est un projet dont l'objectif est d'établir des priorités stratégiques pour accroître la prospérité dans le monde.

Sur le blog du Guardian "Comment is free", Jeremy Leggett, PDG de Solarcentury, une entreprise qui produit des tuiles solaires, a reproché au rapport Stern de ne pas être "assez sérieux" et de "minimiser l'étendue du problème".

L'un des experts les plus renommés sur le coût du réchauffement climatique, Richard Tol, a publié une critique détaillée de quatre pages sur le rapport Stern, soulignant qu'il ne reposait que sur les analyses d'impact les plus pessimistes, partait d'un taux d'escompte trop bas et ne présentait pas de véritable analyse coûts-bénéfices. M. Tol a donc qualifié le rapport "d'alarmiste et d'incompétent". "Ce n'est pas pour dire que le changement climatique n'est pas un problème, ni que les émissions de gaz à effet de serre ne doivent pas être réduites. Il y a de solides arguments pour la réduction des émissions. Cependant, les analyses non fondées comme le rapport Stern ne viennent qu'alimenter les critiques des sceptiques au sujet du changement climatique et de la politique environnementale," conclut M. Tod.

Prochaines étapes : 
  • Une conférence internationale sur le changement climatique aura lieu du 6 au 17 novembre 2006 à Nairobi, au Kenya. Plus de 6 000 délégués, parmi lesquels des chefs d'Etat et des ministres, débattront du futur d'un système international de lutte contre le changement climatique.
Contexte : 

Après Al Gore et sa campagne européenne sur "Une vérité qui dérange", la publication, par le gouvernement britannique, du rapport attendu de longue date de l'ancien économiste en chef de la Banque mondiale, Nick Stern, a suscité des réactions parmi les dirigeants européens (voir EurActiv,  31 oct. 2006 ). 

Le premier ministre Tony Blair a qualifié cette étude de "rapport le plus important sur l'avenir" et son ministre des Finances, Gordon Brown, a été dans le même sens. Le gouvernement français a également manifesté son soutien à l'étude de Stern, indiquant qu'un rapport semblable en France, intitulé "Facteur 4" était parvenu aux mêmes conclusions.

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