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2 décembre 2009
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Les regards des maires européens se tournent vers Masdar, la première ville neutre en carbone [FR][en][de

Publié: jeudi 8 octobre 2009   

Masdar, une ville 100 % énergie renouvelable et neutre en carbone qui doit être construite aux Emirats Arabes Unis, pourrait être une source d’inspiration pour les villes européennes, si l’on en croit les maires et les représentants de l’industrie réunis pour une conférence sur la politique régionale à Bruxelles (6 octobre).

Contexte:

Foyer de 80 % des citoyens européens et source de 70 % des émissions de gaz à effet de serre, les zones urbaines jouent un rôle essentiel dans le combat contre le changement climatique. Mais l’accès des villes au financement des politiques vertes se révèle être très difficile.

Le 10 février 2009, près de 350 villes européennes se sont engagées à devenir des pionnières en matière de lutte contre le changement climatique en signant la Convention des Maires, promettant de dépasser les objectifs climatiques de l’UE pour 2020 (EurActiv 11/02/09).

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Masdar, une ville de l’Emirat d’Abou Dhabi, doit devenir la nouvelle « Silicon Valley » des énergies propres, vertes et alternatives, selon ses promoteurs. Elle abritera environ 1500 entreprises spécialisées dans les technologies propres, avec 40 000 résidents et 50 000 frontaliers.

Le concept de la cité a été présenté aux représentants locaux et aux dirigeants d’entreprises qui ont participé aux Open Days de la Commission européenne à Bruxelles.

Masdar sera un exemple d’une meilleure pratique environnementale, une démonstration de ce qu’il est possible de faire, a expliqué Sanad Ahmed, l’un des principaux gestionnaire du projet. Les principaux objectifs de Masdar sont : être dépendante à 100 % des énergies renouvelables, devenir entièrement neutre en carbone et ne produire aucun déchet. La ville accueillera également l’Institut de Science et de Technologie de Masdar. 

L’UE se tourne de plus en plus vers ses zones urbaines pour respecter son ambitieux agenda climatique. Les villes sont responsables des deux tiers des émissions européennes de gaz à effet de serre, ce qui fait d’elles un élément essentiel pour parvenir à atteindre l’objectif de l’UE de réduire ses gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020.

De nombreuses technologies qui seront utilisées à Masdar peuvent être appliquées dans des villes existantes, a déclaré Steve Fludder, vice-président de General Electric. La seule différence, c’est que le plupart des villes européennes ont besoin d’une transition, a-t-il ajouté.

D’autres ont mis en avant le fait que les vieilles villes d’Europe auront besoin d’une remise à neuf coûteuse pour se hisser au niveau des ambitions de Masdar.

Michel Delebarre, maire de Dunkerque, le troisième plus important port de France, et Jarosław Kochaniak, maire adjoint de Varsovie, ont rappelé que de nombreuses villes de l’UE avaient été complètement détruites lors de la Seconde Guerre mondiale. Si mes prédécesseurs avaient eu les mêmes moyens et préoccupations que les nôtres aujourd’hui, ma ville aurait été reconstruite différemment, a déclaré M. Delebarre.

De nombreuses villes européennes ont néanmoins pris des initiatives pour réduire leur gaspillage d’énergie au regard des conditions locales.

M. Kochaniak a expliqué que Varsovie travaillait déjà à la réduction de son utilisation d’énergie depuis 5 ou 7 ans, en particulier dans les domaines du transport public et des infrastructures de déchets.

D’un autre côté, Carlos Rojas Garcia, maire de la ville espagnole de Motril, a noté que sa ville espérait qu’au moins 20 % de son énergie proviendrait du solaire et de l’éolien d’ici 2020. Toutes les lumières publiques ont été remplacées, a-t-il dit, réduisant leur consommation énergétique de 45 %. Et davantage d’énergie sera économisée sur le chauffage l’hiver, avec des températures dans les bâtiments publics que l’on ne descend jamais en dessous de 20°C.

Un rôle essentiel pour les autorités locales

Les maires ont mis en avant le fait que l’éducation des citoyens en matière d’efficacité énergétique était une tâche essentielle au niveau local.

La Stratégie de Lisbonne a oublié d’impliquer les citoyens, a déploré Klaus Klipp, secrétaire général de l’Assemblée des Régions européennes (ARE), qui réunit 270 régions de 33 pays.

Le maire de Dunkerque a évoqué un exemple d’éducation publique dans sa ville en 2004, lorsqu’un hélicoptère a photographié tous les bâtiments de la ville pour une analyse thermographique. Les habitants sont ensuite venus voir le niveau de consommation énergétique de leurs maisons, et ont reçu des subventions lorsqu’ils ont décidé de prendre des mesures pour réduire le gaspillage énergétique.

M. Kochaniak de Varsovie a souligné le rôle des financements européens. Même si l’UE n’a pas de compétence directe dans les affaires urbaines, ses politiques de cohésion et sectorielles dans les transports, l’environnement et les affaires sociales peuvent avoir des impacts sur la capacité des villes à faire face à ces défis, a-t-il dit.

Varsovie est la plus importante bénéficiaire des financements européens en Pologne.

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