Les bioénergies représentent une part croissante du cocktail énergétique de la Finlande. Dans une résolution de mars 2005, le gouvernement a décidé de doubler la production de la biomasse forestière d'ici 2010.
La part actuelle de la biomasse dans le bouquet énergétique finlandais est déjà impressionnante, couvrant 20% des besoins énergétiques du pays. La quasi-totalité vient de produits dérivés de l'industrie forestière, comme des liqueurs concentrées et autres essences à base de bois utilisées par l'industrie du papier.
D'après le ministère de l'agriculture et de la foresterie, "en 2005, environ 3 millions de mètres cubes de copeaux de bois ont été utilisés pour la production d'énergie".
Selon Juha Kosonen, responsable d'une modeste centrale électrique implantée à la papeterie 'Stora Enso's Imatra' à l'est de la Finlande, "la croissance la plus rapide dans l'utilisation de bois à des fins énergétiques proviendra de copeaux de bois".
Les résidus de bois sont collectés dans la forêt après que les arbres ont été coupés et élagués. Jusqu'à présent, ce processus ne coûtait rien de plus à l'industrie du papier.
Harri Karjalainen, de WWF en Finlande, précise qu'"avant cet été, les industries [du papier] comme SoraEnso ou UPM ne dédommageaient pas les propriétaires terriens pour la collecte des résidus de bois," ajoutant : "Mais la situation a changé depuis l'été dernier. En effet l'UPM ayant annoncé qu'elle indemniserait les propriétaires terriens pour les résidus de bois, les autres ont suivi".
Bien que généralement bien accueilli, le développement de la bioénergie est problématique pour les industries du papier et de la pâte à papier, qui utilisent des fibres de bois pour la production de papier et des résidus de bois comme source d'énergie. Avec la volonté du gouvernement finlandais de doubler l'utilisation de la bioénergie, ils craignent une hausse de la concurrence pour les produits forestiers, donnant lieu à des prix plus élevés.
"La hausse des prix de la biomasse fera de cette dernière une concurrente des fibres de bois' utilisées dans la production de papier," explique Harri Karjalainen. [...] "Au lieu d'apporter le bois coupé à la papeterie, le bois ira à l'usine produisant de l'énergie où les arbres sont brûlés".
Anu Islander, de la Fédération finlandaise de l'industrie forestière, considère que "si le bois peut être utilisé de préférence pour la production de papier ou de produits en bois, il ne faut pas l'utiliser pour la bioénergie. [...] Lorsqu'il n'est pas possible de l'utiliser pour autre chose, alors on peut le brûler. [...] La bioénergie est une bonne chose pour tout le monde si on se souvient que le bois doit être utilisé pour la production en premier".
Au sein de papeteries de StoraEnso, la liqueur noire et l'écorce couvrent ensemble 90% des besoins en essence, les 10% restants étant couverts par le gaz naturel. En termes d'électricité, les papeteries sont autosuffisantes pour 55% de leur besoins grâce aux générateurs de petite capacité qui fonctionnent en utilisant la biomasse. Les autres 45% viennent du réseau national d'électricité.
Selon Anu Islander, "les papeteries utilisent depuis longtemps leur propre énergie" mais ce domaine est actuellement peu développé. Toujours selon elle, l'innovation se fera grâce à la biomasse utilisée pour la production de biocarburants. Elle conclut : "Il s'agit d'un élément nouveau qui peut devenir très important".



