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Les principaux résultats de la conférence de l'ONU sur les changements climatiques sont la décision de négocier un prolongement du protocole de Kyoto au-delà de 2012 et le lancement de négociations "ouvertes et non contraignantes" avec d'autres pays.
La onzième réunion des parties à la convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques (COP-11) s'est tenue du 28 novembre au 9 décembre 2005 à Montréal. Montréal a également accueilli la première réunion des parties au protocole de Kyoto (MOP-1) depuis l'entrée en vigueur de l'accord international en février 2005.
Une quarantaine de décisions
ont été adoptées lors de la conférence.
La décision de négocier un prolongement du protocole de Kyoto au-delà de 2012
a été prise officiellement le dernier jour de la conférence de l'ONU sur le climat à Montréal, le 10 décembre. Ces négociations, qui doivent commencer en mai 2006, porteront sur les engagements futurs des 157 nations développées ayant ratifié l'accord international de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Le principal résultat de la première semaine a été l'adoption des accords de Marrakech, qui établissent les règles de mise en oeuvre du protocole de Kyoto. Ces accords ont permis au protocole de Kyoto d'être entièrement opérationnel depuis son entrée en vigueur en février 2005.
Les participants à la conférence ont également décidé de rationnaliser le mécanisme de développement propre du protocole, qui permet aux pays développés d'accumuler des crédits en investissant dans des projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Un autre mécanisme de Kyoto (la mise en oeuvre commune) a été lancé. Il sera particulièrement intéressant pour les pays de l'UE des 15 car il permet aux pays développés de gagner des crédits grâce à des projets dans d'autres pays développés, "notamment dans les économies de transition d'Europe centrale et orientale."
Un accord
de dernière minute a été conclu pour lancer des négociations dans le cadre plus large de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), à laquelle les pays non signataires de Kyoto, à savoir l'Australie et les Etats-Unis, sont également parties. La délégation américaine ayant insisté sur ce point, l'accord établit que les négociations "prendront la forme d'un échange de vues, d'informations et d'idées ouvert et non contraignant [...] et ne lanceront aucune négociation entraînant de nouveaux engagements."
Un programme de travail sur cinq ans
a également été établi dans le cadre de la CCNUCC pour conseiller les pays vulnérables sur la meilleure façon de s'adapter aux conséquences du réchauffement climatique qui ne peuvent être évitées.
"Il s'agit de l'une des conférences de l'ONU sur les changements climatiques les plus productives. Ce programme définit les futures mesures sur le réchauffement climatique", a déclaré Richard Kinley, chef du secrétariat de la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques.
Le Commissaire à l'environnement, Stavros Dimas, a considéré que le résultat de la conférence était "un grand tournant dans la lutte contre le réchauffement climatique". M. Dimas a déclaré que la décision de prolonger le protocole de Kyoto au-delà de 2012 rassurerait les entreprises sur le fait qu'il est toujours utile d'investir dans des technologies propres et donnerait aux chercheurs le sentiment que la demande de nouvelles technologies faibles en carbone continue d'augmenter. Il a cependant ajouté que "la route devant nous est encore difficile et que les réalités concernant la lutte contre le réchauffement climatique sont toujours dures".
Le dernier jour de la conférence a marqué un tournant grâce à l'ancien président américain Bill Clinton, qui a déclaré que l'opinion de l'administration Bush selon laquelle la lutte contre le réchauffement climatique pouvait nuire à l'économie était "totalement fausse". Selon M. Clinton, il est possible, en faisant des efforts sérieux, d'atteindre et de surpasser les objectifs de Kyoto, ce qui permettrait de renforcer les économies, et non de les affaiblir. Il a ensuite déclaré dans une conférence de presse que les Européens ne doivent pas essayer d'imposer les objectifs de Kyoto à Washington mais doivent plutôt envisager de promouvoir des projets spécifiques de réduction des émissions avec un effet similaire.
L'organisation de protection de la nature WWF a salué les "véritables progrès" qui ont été faits lors de la conférence. Selon elle, la décision de lancer des négociations dans le cadre de la CCNUCC "a ouvert la porte à une plus large participation à l'avenir des pays en développement". "Les parties au protocole de Kyoto doivent désormais redoubler d'efforts pour atteindre leurs objectifs, car maintenant que 157 pays ont adhéré au protocole, les marchés du carbone sont une réalité".
"L'Australie et les Etats-Unis sont plus isolés que jamais, et l'immense participation des gouvernements des états américains, des villes, des syndicats, des entreprises, des églises, des jeunes et de beaucoup d'autres parties de la société civile américaine ont permis au reste du monde de réaliser que les Américains se préoccupent du réchauffement climatique", a déclaré Greenpeace.