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L'Allemagne se prépare à relancer l'agenda européen de Lisbonne sans toutefois mettre l'accent sur le rôle prépondérant de l'éducation dans la réalisation des objectifs de Lisbonne.
Lorsque les chefs d'Etats et de gouvernement ont adopté l'agenda et les objectifs de Lisbonne en 2000, ils ont appelé "non seulement à une transformation radicale de l'économie européenne, mais également à un programme ambitieux de modernisation des systèmes de sécurité sociale et d'enseignement". Ils ont également convenu que d'ici 2010, l'Europe devrait devenir le modèle mondial pour la qualité de ses systèmes d'enseignement et de formation.
Toutefois, pour réaliser ces objectifs, tous les Etats membres devront refondre complètement leurs systèmes d'enseignement et de formation. Cette évolution se fera selon une méthode de coordination ouverte entre les Etats membres (définition commune des objectifs, comparaison des méthodes de travail, échange des meilleures pratiques).
Même si l'Allemagne a mis la relance de la stratégie de Lisbonne au rang de ses priorités, aucune initiative concrète n'est envisagée en matière d'éducation d'ici fin juillet 2007.
La 'relance de Lisbonne' se concentrera plutôt sur l'initiative 'Mieux légiférer', l'Allemagne faisant avancer les mesures européennes actuelles, en lien avec la conférence ministérielle de suivi du processus de Bologne en mai 2007 et la consultation sur le dispositif de crédits d’apprentissage européens pour la formation et l’enseignement professionnels (ECVET)
.
Selon la ministre allemande de l'éducation et de la recherche, Annette Schavan, qui a présenté
les priorités de la présidence allemande dans le domaine de l'éducation, "la coopération européenne en matière d'enseignement et de formation est sur la bonne voie. Il faut toutefois faire tomber les derniers obstacles sans secouer les systèmes nationaux".
Elle a déclaré que l'Allemagne mettrait l'accent sur la mobilité des jeunes. A cet égard, le pays s'efforcera de faire adopter la recommandation établissant le cadre européen des certifications pour l’apprentissage tout au long de la
vie (EQF)
et de se pencher sur l'ECVET. Après adoption et mise en oeuvre, ceci pourrait même faciliter la mobilité des étudiants et des adultes allemands alors qu'il est pour le moment quasiment impossible de passer d'un Land à l'autre pour étudier ou travailler dans la mesure où les 16 Länders (qui composent la république d'Allemagne et ont des pouvoirs très larges sur la politique d'éducation) ne reconnaissent pas les diplômes et qualifications des autres Länders.
De plus, la présidence allemande devra travailler sur le rapport intermédiaire concernant la mise en place du programme de travail de la Commission 'Education et Formation 2010
', qui invite les Etats membres à garantir l'accès à l'éducation pour tous et vise à ouvrir les systèmes d'enseignement européens sur le monde. Le rapport intermédiaire définira la direction du processus au-delà de 2010.
La confédération européenne des syndicats (CES) appelle les ministres européens de l'éducation à concevoir des stratégies nationales de formation tout au long de la vie et les entreprises à assumer leurs responsabilités dans ce domaine. Le message principal de la CES, communiqué par Joël Decaillon, secrétaire de la confédération, est simple : "L’UE a besoin d’investir davantage dans l’éducation et la formation au niveau national et européen. Étant donné qu’il y a 72 millions de travailleurs non-qualifiés ou peu qualifiés en Europe et que les nouveaux emplois exigeront des qualifications plus élevées qu’auparavant, investir dans l’enseignement et la formation est une nécessité et non un luxe."
Eurochambres estime qu'il est important de renforcer les partenariats entre les entreprises et les universités afin de contribuer au développement d'un système éducatif adapté aux besoins des entreprises et de la société. "Il faudrait accorder davantage d'attention aux idées et compétences des entrepreneurs, cruciales pour réaliser les objectifs de Lisbonne. Ce n'est pas seulement nécessaire pour ceux qui souhaitent créer leur entreprise, mais pour chaque personne vivant dans une société de marché performante."
Selon le rapport 'Leitch
' financé par le gouvernement britannique, un niveau de qualifications trop bas peut freiner la productivité et la croissance et, sans intervention, peut accentuer les inégalités et la marginalisation de certains groupes sur le marché du travail. Selon Lord Leitch : "Au 21ème siècle, notre ressource naturelle est l'homme et son potentiel est encore vaste et inexploité. Les compétences sont déterminantes pour libérer ce potentiel. Les retombées pour notre pays seront énormes - hausse de la productivité, création de richesses et justice sociale. L'alternative? Sans amélioration, nous nous condamnerions à un lent déclin de la compétitivité, à une baisse de la croissance économique et à un avenir plus sombre pour tous".