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Le Processus de Bologne[en][de

Publié: mercredi 3 mars 2004   

Le processus de Bologne vise à mettre en place un espace européen de l'enseignement supérieur à l'horizon 2010 à travers trois objectifs principaux : l'introduction d'un diplôme de premier cycle et d'un diplôme de second cycle dans tous les pays - avec un premier cycle d'une durée minimale de 3 ans, l'introduction d'un système de transfert des crédits (ECTS), et enfin l'élimination des derniers obstacles à la mobilité des étudiants et des professeurs.

A lire aussi:

Prochaines étapes:

  • Le prochain sommet sur l'enseignement supérieur se tiendra dans la ville de Bergen (Norvège) en mai 2005. 

 

Sommaire Liens

Le 25 mai 1998, les ministres en charge de l'enseignement supérieur en France, en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni signaient la déclaration de la Sorbonne sur l'harmonisation de l'architecture du système d'enseignement supérieur européen, un document qui jetait les bases de la déclaration de Bologne.

Le processus de Bologne a été lancé après que 29 ministres de l'Education eurent signé à Bologne, en juin 1999, une déclarationPdf external   visant à réformer les structures des systèmes d'enseignement supérieur nationaux. Chaque pays signataire s'engageait à réformer son propre système d'enseignement supérieur pour créer une convergence globale au niveau européen.

Le processus trouve ses racines dans la prise de conscience qu'en dépit de leurs différences (d'ailleurs précieuses), les systèmes d'enseignement supérieur européens font face à des défis internes et externes communs relatifs à la croissance et à la diversification de l'enseignement supérieur, à l'employabilité des jeunes diplômés, à la pénurie de compétences dans plusieurs secteurs clés et à l'expansion de l'enseignement privé et transnational.

Les 29 pays signataires (Autriche, Belgique, Bulgarie, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, République slovaque, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, Royaume-Uni) se déclaraient déterminés, pour atteindre les objectifs de la déclaration, à poursuivre sur "la voie de la coopération intergouvernementale" et à collaborer avec les institutions d'enseignement supérieur et les associations. 

Enjeux:

Selon la déclaration de Bologne, les objectifs suivants doivent être atteints d'ici à 2010 pour garantir la mise en place d'un espace européen de l'enseignement supérieur et pour promouvoir l'enseignement supérieur européen dans le monde entier :

  • l'adoption d'un système de diplômes facilement "lisibles" et comparables, y compris l'adoption d'un supplément au diplôme ;
  • l'adoption d'un système essentiellement fondé sur deux grands cycles, avec un premier cycle permettant l'accès au marché du travail et un second cycle sanctionné par l'obtention d'une maîtrise, puis éventuellement celle d'un doctorat ;
  • la mise en place d'un système d'accumulation et de transfert des crédits (système ECTS) comme moyen de promouvoir une plus grande mobilité des étudiants (les crédits pourraient également être acquis dans un contexte différent de l'enseignement supérieur, par exemple à travers la formation permanente, à condition que ces formations soient reconnues par les universités recevant les étudiants concernés) ;
  • la promotion de la mobilité des étudiants, des enseignants et des chercheurs par l'effacement des obstacles à l'exercice effectif de la libre circulation (les étudiants devraient obtenir un accès plus facile aux études à l'étranger et aux possibilités de formation en dehors de leur pays d'origine ; les enseignants, les chercheurs et le personnel administratif devraient obtenir la reconnaissance et la valorisation des périodes passées à exercer leur activité dans un autre pays de l'Union, sans compromettre leurs droits statutaires) ;
  • la coopération en matière d'assurance qualité avec pour objectif de développer des critères et des méthodologies comparables ;
  • la promotion de la dimension européenne de l'enseignement supérieur, plus particulièrement en relation avec la coopération interinstitutionnelle, les programmes en faveur de la mobilité et les programmes d'études intégrés, la formation et la recherche. 

En mai 2001, 32 ministres de l'éducation se réunissaient à Prague pour signer la déclaration de PraguePdf external , qui rajoutait trois thèmes clés au processus de Bologne : 

  • la formation permanente ;
  • la participation des étudiants ;
  • l'attractivité et la compétitivité de l'espace européen d'enseignement supérieur par rapport à d'autres régions du monde (comprenant l'aspect de l'enseignement transnational).  

Au cours de leur réunion au sommet de Berlin, le 19 septembre 2003, les ministres de l'éducation se sont mis d'accord pour :

  • promouvoir un système efficace d'assurance qualité avant 2005, par l'adoption d'un système essentiellement basé sur deux cycles principaux (Bachelor-Master) et l'amélioration du système de reconnaissance des diplômes et des périodes d'études ;
  • tisser des liens plus étroits entre l'espace européen de l'enseignement supérieur et l'espace européen de la recherche à travers l'inclusion du niveau doctoral et du troisième cycle dans le processus de Bologne ;
  • réaffirmer que l'enseignement supérieur est à la fois une question d'intérêt public et de responsabilité publique et que la dimension sociale du processus de Bologne est importante ;
  • prendre les mesures nécessaires pour permettre la portabilité des prêts et des bourses accordés au niveau national tout en accentuant la participation des organisations universitaires et étudiantes.  

En sus des 33 pays actuellement parties au processus de Bologne, sept pays ont décidé de se rajouter à la liste : l'Albanie, Andorre, la Bosnie-Herzégovine, le Vatican, la Fédération de Serbie-Monténégro, l'ancienne République yougoslave de Macédoine et enfin la Russie. Avec l'entrée de la Russie, l'espace européen de l'enseignement supérieur verra sa taille doubler. 

Les principaux enjeux sont les suivants : comment ce processus promouvra-t-il l'excellence (et pas seulement la "qualité") dans le domaine de l'enseignement supérieur et de la recherche ? Les réformes introduites dans le cadre du processus de Bologne rendront-elles les universités européennes plus attractives au niveau mondial ? 

Positions:

Lewis Purser, le rapporteur général du séminaire organisé par le Conseil de l'Europe sur le processus de Bologne en avril 2002, souhaite plus d'actions aux niveaux nationaux et européen sur la question des résultats de l'enseignement, ainsi que sur le développement d'une plus forte sensibilisation européenne à la reconnaissance des diplômes à travers le renforcement des réseaux existants et un accès plus ouvert aux informations nécessaires.

Les fédérations professionnelles considèrent qu'une stratégie cohérente est essentielle pour garantir que les mesures prises par les Etats membres aient un impact réel sur la situation générale de l'emploi et répondent aux besoins des entreprises, notamment en créant des conditions favorisant un meilleur développement des compétences au sein de celles-ci.

Dans son troisième rapport sur la mise en oeuvre du processus de Bologne, l'Association universitaire européenne (AUE) relève qu'une très grande majorité des dirigeants d'institutions d'enseignement supérieur européens soutiennent le processus de Bologne. Selon l'AUE, les priorités pour la prochaine phase du processus de Bologne devraient être :

  • de maintenir les universités dans le champ du secteur public ;
  • de consolider la recherche et d'en faire une partie intégrante de l'enseignement supérieur ;
  • d'améliorer la qualité des enseignements en construisant des institutions fortes ;
  • de promouvoir la mobilité et la dimension sociale ;
  • de soutenir le développement d'un cadre européen d'assurance-qualité. 

Concernant la création d'une espace européen d'enseignement supérieur, EURASHE, l'association européenne des institutions de l'enseignement supérieur voit comme priorités immédiates :

  • la création de structures et de mécanismes de mise en réseau entre les institutions professionnelles d'enseignement supérieur, les universités et d'autres institutions de l'enseignement supérieur ; 
  • l'amélioration et l'extension de la coopération avec les parties concernées, en particulier les étudiants et les entreprises. 

ESIB, qui représente les syndicats nationaux d'étudiants, croit fortement au potentiel de changement introduit par le processus de Bologne. L'organisation considère que la dimension sociale devrait être au coeur du processus, lequel pose des questions liées notamment à l'équité en termes d'accès aux études (et de réussite dans le courant de celles-ci). Elle souligne que nombre de pays semblent utiliser le processus de Bologne pour promouvoir d'autres réformes, et condamne fortement ces tentatives des gouvernements visant à détourner le processus. 

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