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Le processus de Bologne vise à mettre en place un espace européen de l'enseignement supérieur à l'horizon 2010 à travers trois objectifs principaux : l'introduction d'un diplôme de premier cycle et d'un diplôme de second cycle dans tous les pays - avec un premier cycle d'une durée minimale de 3 ans, l'introduction d'un système de transfert des crédits (ECTS), et enfin l'élimination des derniers obstacles à la mobilité des étudiants et des professeurs.
Le prochain sommet sur l'enseignement supérieur se tiendra dans la ville de Bergen (Norvège) en mai 2005.
Le 25 mai 1998, les ministres en charge de l'enseignement supérieur en France, en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni signaient la déclaration de la Sorbonne sur l'harmonisation de l'architecture du système d'enseignement supérieur européen, un document qui jetait les bases de la déclaration de Bologne.
Le processus de Bologne a été lancé après que 29
ministres de l'Education eurent signé à Bologne, en juin 1999, une
déclaration
visant à réformer les structures des systèmes
d'enseignement supérieur nationaux. Chaque pays signataire
s'engageait à réformer son propre système d'enseignement supérieur
pour créer une convergence globale au niveau européen.
Le processus trouve ses racines dans la prise de conscience qu'en dépit de leurs différences (d'ailleurs précieuses), les systèmes d'enseignement supérieur européens font face à des défis internes et externes communs relatifs à la croissance et à la diversification de l'enseignement supérieur, à l'employabilité des jeunes diplômés, à la pénurie de compétences dans plusieurs secteurs clés et à l'expansion de l'enseignement privé et transnational.
Les 29 pays signataires (Autriche, Belgique, Bulgarie, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, République slovaque, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, Royaume-Uni) se déclaraient déterminés, pour atteindre les objectifs de la déclaration, à poursuivre sur "la voie de la coopération intergouvernementale" et à collaborer avec les institutions d'enseignement supérieur et les associations.
Selon la déclaration de Bologne, les objectifs suivants doivent être atteints d'ici à 2010 pour garantir la mise en place d'un espace européen de l'enseignement supérieur et pour promouvoir l'enseignement supérieur européen dans le monde entier :
En mai 2001, 32 ministres de l'éducation se
réunissaient à Prague pour signer la déclaration de Prague
, qui rajoutait trois thèmes clés au processus de
Bologne :
Au cours de leur réunion au sommet de Berlin, le 19 septembre 2003, les ministres de l'éducation se sont mis d'accord pour :
En sus des 33 pays actuellement parties au processus de Bologne, sept pays ont décidé de se rajouter à la liste : l'Albanie, Andorre, la Bosnie-Herzégovine, le Vatican, la Fédération de Serbie-Monténégro, l'ancienne République yougoslave de Macédoine et enfin la Russie. Avec l'entrée de la Russie, l'espace européen de l'enseignement supérieur verra sa taille doubler.
Les principaux enjeux sont les suivants : comment ce processus promouvra-t-il l'excellence (et pas seulement la "qualité") dans le domaine de l'enseignement supérieur et de la recherche ? Les réformes introduites dans le cadre du processus de Bologne rendront-elles les universités européennes plus attractives au niveau mondial ?
Lewis Purser, le rapporteur général du séminaire organisé par le Conseil de l'Europe sur le processus de Bologne en avril 2002, souhaite plus d'actions aux niveaux nationaux et européen sur la question des résultats de l'enseignement, ainsi que sur le développement d'une plus forte sensibilisation européenne à la reconnaissance des diplômes à travers le renforcement des réseaux existants et un accès plus ouvert aux informations nécessaires.
Les fédérations professionnelles considèrent qu'une stratégie cohérente est essentielle pour garantir que les mesures prises par les Etats membres aient un impact réel sur la situation générale de l'emploi et répondent aux besoins des entreprises, notamment en créant des conditions favorisant un meilleur développement des compétences au sein de celles-ci.
Dans son troisième rapport sur la mise en oeuvre du processus de Bologne, l'Association universitaire européenne (AUE) relève qu'une très grande majorité des dirigeants d'institutions d'enseignement supérieur européens soutiennent le processus de Bologne. Selon l'AUE, les priorités pour la prochaine phase du processus de Bologne devraient être :
Concernant la création d'une espace européen d'enseignement supérieur, EURASHE, l'association européenne des institutions de l'enseignement supérieur voit comme priorités immédiates :
ESIB, qui représente les syndicats nationaux d'étudiants, croit fortement au potentiel de changement introduit par le processus de Bologne. L'organisation considère que la dimension sociale devrait être au coeur du processus, lequel pose des questions liées notamment à l'équité en termes d'accès aux études (et de réussite dans le courant de celles-ci). Elle souligne que nombre de pays semblent utiliser le processus de Bologne pour promouvoir d'autres réformes, et condamne fortement ces tentatives des gouvernements visant à détourner le processus.