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Depuis l'adoption de la stratégie de Lisbonne en 2000, le Conseil européen a consacré ses réunions de printemps à évaluer les progrès réalisés vers une Europe qui soit "l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique au monde". La Commission a publié le 21 janvier 2004 son "Rapport de printemps", qui a servi de base aux discussions du Sommet qui s'est tenu les les 25 et 26 mars à Bruxelles.
En mars 2000 à Lisbonne
, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se sont
mis d'accord pour faire de l'UE l'économie de la connaissance la
plus innovante d'ici 2010. Depuis, le Conseil européen ne s'est pas
contenté de se réunir une fois tous les six mois (à la fin de
chaque présidence de l'UE) et se réunit désormais à mi-présidence.
A partir du travail préparatoire du Conseil Compétitivité, les
Sommets de printemps concernent plus spécifiquement l'évaluation
des progrès de l'UE vers la réalisation des objectifs de
Lisbonne.
Les principaux enjeux relatifs à la réalisation des objectifs de Lisbonne avant 2010 sont :
Terrorisme
Les chefs d'Etat et de gouvernement des 25 Etats de l'UE ont
commencé le Conseil européen de printemps de mars 2004 par l'examen
des mesures anti-terroristes existantes suite aux attentats
terroristes de Madrid pour finalement adopter un plan d'action
renforcé de lutte contre le terrorisme (voir notre LinksDossier sur la politique de l'UE en matière de lutte contre le terrorisme
).
Passage en revue de la stratégie de
Lisbonne
Lors de leur réunion à Bruxelles les 25 et 26 mars 2004, les
dirigeants de l'UE ont adopté des conclusions sur la stratégie pour
atteindre les objectifs de Lisbonne : "le Conseil européen
réaffirme que le processus et les objectifs de Lisbonne restent
d'actualité. Cependant, il convient d'accélérer sensiblement le
rythme des réformes si l'on veut atteindre les objectifs fixés pour
2010." De plus, les gouvernements promettent de "faire preuve de la
volonté politique nécessaire à cet effet."
Tandis que la présidence irlandaise a exprimé son souhait que les Etats membres se saisissent de la dynamique créée par la reprise économique pour faire avancer des réformes économiques douloureuses, les retournements électoraux en France, en Espagne et en Allemagne, pourraient atténuer la volonté politique des gouvernements de maintenir le cap des réformes.
Bien qu'à la veille du sommet la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni aient demandé la création d'un "super commissaire" à la compétitivité, les conclusions finales ne font qu'une vague référence au soutien à "l'ordre du jour de la compétitivité" pour la nouvelle Commission.
La seule initiative concrète du sommet a été la nomination de l'ancien premier ministre néerlandais Wim Kok à la tête d'un groupe d'experts indépendants chargé de passer en revue les cinq premières années de la stratégie de Lisbonne.
Rapport de printemps
En préparation du Sommet de printemps 2004 qui se tiendra à
Bruxelles les 25 et 26 mars, la Commission a présenté le 21 janvier
2004 son Rapport annuel de printemps qui évalue les progrès
réalisés vers la mise en oeuvre des objectifs de Lisbonne. Le
Rapport de printemps est accompagné d'un Rapport sur la mise en
oeuvre des Grandes orientations de politique économique pour
2003-2005, d'un Rapport conjoint sur l'emploi (qui évalue la mise
en oeuvre des Lignes directrices pour l'Emploi), et d'un Rapport
sur la mise en oeuvre de la Stratégie pour le marché intérieur. Ces
rapports dressent un tableau plutôt morose de l'état de la
competitivité dans l'UE.
Tandis que certains progrès peuvent être remarqués en termes de création d'emplois (6 millions de nouveaux emplois créés depuis 1999) et de libéralisation des secteurs des télécommunications et de l'énergie, l'UE est encore loin d'avoir atteint ses objectifs. Les principaux sujets d'inquiétude pour la Commission concernent l'emploi et la productivité, ainsi que le défaut de transposition des directives sur le marché intérieur relatives à la stratégie de Lisbonne : plus de 40% de la législation doit encore être mise en oeuvre. De plus, la situation budgétaire de certains Etats membres tels que la France et l'Allemagne est une source sérieuse d'inquiétude.
La Commission a invité les gouvernements à donner un nouveau souffle à la stratégie de Lisbonne lors du Sommet de printemps de cette année. Elle a notamment distingué trois domaines prioritaires :
Les fédérations industrielles telles que l'UNICE, EuroCommerce, l'UEAPME et Eurochambres, affirment que l'incapacité de l'UE à avancer vers la réalisation des objectifs de Lisbonne est principalement dû à l'insuffisance des réformes économiques dans les Etats membres. Les industriels estiment notamment que les coûts excessifs et la surréglementation sont les principaux facteurs qui empêchent l'Europe de devenir l'économie la plus compétitive du monde. Ces fédérations demandent par conséquent :
La Table ronde européenne des industriels (ERT) a exprimé sa "vive inquiétude quant à l'érosion continue de la compétitivité de l'Europe", attirant l'attention sur le manque persisant de conditions d'investissement compétitives dans les Etats membres de l'UE, qui résulte dans une désindustrialisation croissante. L'ERT estime que l'augmententation de la rapidité et de l'efficacité du processus de décision dans l'UE sera un élément essentiel de succès. Elle identifie trois domaines prioritaires : le cadre pour la compétitivité des entreprises; une stratégie pour l'innovation basée sur l'éducation, la R&D et l'esprit d'entreprise; une prise de décision efficace au niveau de l'UE.
La Plate-forme sociale des ONG européennes a quant à elle avertit que les politiques sociales étaient plus que jamais subordonnées aux politiques économiques, budgétaires et de croissance. Soulignant que la croissance économique ne produit pas en elle-même une société socialement intégrée, la Plate-forme sociale demande aux gouvernements de prendre des actions concrètes pour atteindre leurs objectifs sociaux. L'approche équilibrée qui avait fait l'objet d'un accord en 2000 doit être ravivée et mise en oeuvre, la compétivité et la croissance seules ne pouvant engendrer une société équitable et inclusive.
La Confédération européenne des
syndicats (CES) soutient le principe d'un dialogue sur des
réformes favorables à l'emploi et à la croissance à condition que
ces réformes "bénéficient aux travailleurs, respectent le dialogue
social et fassent émerger la dimension sociale de l'Europe"
(voir l'entretien d'EurActiv avec John Monks
, 24 mars 2004).
Néanmoins, la CES soulignent que les réformes structurelles ne
seront pas suffisantes pour atteindre les objectifs de Lisbonne :
les politiques doivent également veiller à ce que la croissance ait
lieu. La Confédération demande une mise en oeuvre rapide de
l'Initiative européenne de croissance, une interprétation claire du
Pacte de stabilité et de la politique monétaire de poursuite de
stabilité des prix et de soutien de la croissance.
Le groupe Verts/ALE du Parlement européen a décrit le Rapport de printemps de la Commission comme "déséquilibré et sans intérêt". Les Verts critiquent notamment l'absence totale de préoccupations environnementales. Pour eux, la stratégie de l'UE en faveur du développement durable et les conclusions de Göteborg prévoyant d'inclure des objectifs environementaux dans la stratégie de Lisbonne ont été totalement ignorés par la Commission. Le groupe des Verts/Alliance libre européenne a invité à plusieurs reprises la Conseil à considérer les dimensions économique, sociale et environmentale sur un pied d'égalité et à transformer le Conseil de printemps en "Conseil du développement durable".