Le nouveau président croate Ivo Josipovic peut promouvoir l’ouverture d’esprit de la population concernant l’adhésion à l’UE, a-t-il affirmé, ajoutant que ses paroles et son statut lui donneront l’autorité pour agir ainsi.
M. Josipovic, social démocrate issu des rangs de l’opposition, a remporté les élections présidentielles le 10 janvier, promettant d’aider les efforts du gouvernements pour achever les discussions d’adhésion à l’UE et rejoindre l’Union en 2012 (EurActiv 11/01/10).
La Croatie est sur le point de devenir le premier pays à rejoindre l’UE depuis l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007. Le pays devrait avoir terminé les négociations d’adhésion en 2010 et rejoindre l’UE en 2012 (voir le LinksDossier d’EurActiv).
Le fait que M. Josipovic mette l’Europe au cœur de ses discours est très important, a dit M. Rupnik.
Même si le rôle politique du président est devenu largement symbolique depuis les années 1990, lorsque le régime est devenu plus parlementaire, le nouveau président a également un certain nombre de pouvoirs en matière de politique étrangère, a-t-il expliqué.
Sur toutes les questions liées à l’Europe, le prédécesseur de M. Josipovic, Stjepan Mesic, a clairement rompu avec la stratégie de son pays depuis les années 1990, a dit M. Rupnik. Il a promu la coopération avec le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à la Hague, mais a également défini la position de la Croatie vis-à-vis de la Bosnie, ce qui veut dire qu’il a choisi de ne plus jouer la carte séparatiste, a-t-il ajouté. Enfin, il a encouragé le retour de la minorité serbe expulsée en 1995, a fait remarquer l’analyste.
Le nouveau président souhaite suivre la même voie, a-t-il dit. Mais la situation de la Croatie a changé entre temps : les gens ne se demandent plus si l’adhésion à l’UE serait une bonne chose ou plutôt une menace à leur souveraineté récemment acquise. La question est désormais de savoir quand ils rejoindront l’UE et comment assurer le maintien de la dynamique interne.
Concernant le problème du Kosovo, M. Rupnik a souligné que la pédagogie européenne consistait à réconcilier. En effet, les Balkans occidentaux n’ont pas encore trouvé de modus vivendi sur la manière de traiter le Kosovo et son statut hybride (EurActiv 20/01/10).
Selon M. Josipovic, aller devant les tribunaux internationaux peut satisfaire les victimes. Cependant, une telle approche n’aide pas politiquement à la réconciliation dans la région ou à l’objectif d’intégration à l’UE, a-t-il constaté.
2012 semble être une date limite plutôt réaliste pour l’adhésion de la Croatie à l’UE, a-t-il affirmé. Même si le pays est prêt en 2011, 2012 semble plus raisonnable en raison de la plus grande importance pour les Etats membres de ne pas répéter les erreurs présumées de 2007, a déclaré M. Rupnik, qualifiant l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie d’un peu hâtive.
Néanmoins, nous ne devrions pas repousser la date limite trop loin, car la Croatie constitue le signal le plus positif que peut envoyer l’UE aux Balkans de l’ouest, a conclu M. Rupnik.


